SUR LES VA RTIES
DU CORPS ANIMAL;
: a>:t les Réponses faites.
A DIFFERENTES OBJECTIONS,
par Monsieur
^P^O?^
'réfiiefitie la Société Royale des Scietev JeéôTTlNGUE? Membre de l'A.- cademiëgoyale des Sciences de P a* i i ,
7SITY OF *$
Chez S i g i s M o n d D'A
ïï~LrWj
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CYXt^O'Cd^
A L'ACADEMIE ES SCIENCES DE PARIS.
/E vous offre , Meilleurs 9 un recueil d'expériences , dénué des agrérnens de la diclion , & des ornemens de la leclure. Cîelï un expofé [impie & fidèle de ce que j'ai vïî. Si quelques fins fm trouvé des refultats oppofés aux opinions reçues 5 ce ri ejl [urcmcnt pas Tarn* hition qui les a defirés 5 c\fi la na- ture elle mdne« qui me les a dic- tés. Votre examen me tiendra lieu de pojlérité. Vous pe[erez mes ex* * 2 péri-
)( o )(
périences , en oubliant & l'homme qui les a faites , & ceux, dont el- les peuvent choquer les fentimens La vérité , feul objet de mes tra- vaux , vous décidera , comme elle via décidé : fai tâché de ne pas la manquer y en multipliant les expé- riences , en prenant toutes les -pré- cautions imaginables dans la ma- nœuvre , en me livrant fans fifteme & fans referve au témoignage de mes fens , & en ne portant jamais mes pas au delà des corollaires les plus funples des faits, Si, malgré mes foins , je ri! ai pu éviter l'erreur , vous me -plaindrez en me condan- nant ; appuyée de tant de prêtre couverte des armes de la vérité , ai -je pu la reconnaître & m'en défendre ?
Roche le 10 Janvier 17^
XXVIII.
EXPERIENCES
NOUVELLES
SUR
DIFFERENS ANIMAUX V I V A N S.
Tom. IV.
( 3 )
E x p. I. *
Sur un jeune chat le 2$ d'Avril 1755.
LEs yeux s'ouvrirent dans la mort de l'animal , & refterent exceffive- ment ouverts , l'iris n'ayant guère qu'u- ne ligne de large : elle n'avoit pas en- core le luifant* qu'elle a dans l'ani- mai formé.
J'arrachai le cœur de ce petit anima!* il battit. Mais l'ayant jette dans de l'eau froide , il cefla tout d'un coup de batre ? '•& perdit une partie de fon irritabilité , que le feufle même ne ramena pac. L'irritation mécanique, faite avec le fc pel , conferva pourtant fes droits , & •le cœur fe contrada une demie heure après. A la même époque les mufcles du fémur, qui n'a voient pas éprouvé la force du froid , étoient entièrement morts & immobiles, qnelque irritation que j'y fiiTe.
Les inteftins des deux clafles confer- voient , alors même 5 & leur mouve- ment périftaltique , & leur promptitu- A 2 de
4 EXP. NOUV. SUR DIFFERENS
de à fe contracter: ils enfermoient en- tre deux points reflerrés Pair , qui les gonfloit 0 & ils le faifoient avancer ou contre l'eftomac 9 ou contre le re&um : quand ils étoient dans leur état de con* tradtion , ils étoient blancs , & fort é- pais.
Le ventricule n'étoit que bien peu irritable.
Exp. I I.
Sur un autre chat encore aveugle , 4 Mai.
Son aveuglement venoit d'une glu<i qui fermoit fes paupières. La veflie fe vuida, après que les mufcles du bas ventre furent divifés, elle devint du- re & comme charnue , en fe reflerrant par une contraction lente & conti* nuelle.
Après HO minutes, l'oreillette bat- toit encore , mais le diaphragme avoit perdu fon irritabilité ; les inteftins grêles étoient froids, & n'en avoient pref- que plus : divifés , ils ne formèrent plus les lèvres accoutumées. Après 130 minutes l'animal étant entièrement
refroi-
Animaux yivans. y refroidi, ils n'avoient pas entièrement perdu leur irritabilité.
Mon attention étoit fixée fur le mou- vement du cœur, & furtout de fon oreil- lette gauche. Cette oreillette battit pen- dant 45 minutes , & quand fon mou- vement eut ceffé , le finus du même coté continua de battre dans la poitri- ne, que j'avois ouverte.. Je diftingjuai fort bien le battement de la veine pul- monaire gauche , & celui de la bran- che, qu'elle envoyé au lobe particulier aux quadrupèdes , qui eft placé derrière la veine cave.Cette veine du poumon fe cou- tradtoit, elle poufibit le fang dans le finus : mais bientôt après ce finus fe contrac- toit à fon tour, & repouflbit le fang dans la veine.
L'oreillette ayant cefle de battre , la veine que je viens de nommer , conti- nua fes mouvemens pendant quinze mi- nutes. Il y avoit un mouvement à peu près femblable dans la veine cave, fon fang defcendoît dans fon tronc, & re- montoit alternativement fur le cœur.
Le battement de la veine pulmo- naire eft fuivi de près de celui du fi- nus gauche. Dans la première a&ion le fang avance un peu dans le finus , A 3 &
6 Ex?. NOUV. SUR DIFFEREES
& dans la féconde il retourne dans la veineJ
Après 90 minutes la veine cave infé- rieure battoit encore î je Pavois foufléer h veine pulmonaire fbuflée avec elle kattoit de même. Cette dernière veine fè contra&oit feule quelques fois , & cr autres la pointe de l'oreillette gauche ddeendoit un peu avec elle. Quand le linus gauche agit , il eft comme ap- pliqué contre la partie antérieure du
ar.
Les mouvemens de la veine cave & de la pulmonaire font fynchroniques,, Le fang ou l'air , qu'elles contiennent * defeend & remonte dans le même in- ftant.
Après 100 minutes le cœur battoit encore lentement r l'oreillette gauche & f m finus étoient fans mouvement, mais l'oreillette droite en avoit confervé en* core. Pour les grandes veines la cave & la pulmonaire, elles fe contra&oient avec vivacité, elles chafToient l'air con- tre le cœur , mais il rentroit dans la veine le moment après.
Dans la grande veine coronaire Pair s'étoit feparé du fang , il fe tenoit dans» la. partie, de la veine la plus éloig- née
Animaux vivans. 7 née de fon embouchure. Je vis fort bien le mouvement alternatif de l'air dans cette veine, & dans le même tems* que la veine cave fe cpntra&oit , le fang rentroit dans la veine coronaire, en y parcourant l'efpace d'une ligne , & en avançant depuis l'oreillette contre l'embouchure de la veine. Je vis bien furement , & bien long tems ces deux mouvemens,
Après 110 minutes les ventricules , l'oreillette gauche , & le finus de ce co- té avoient perdu le mouvement. Celui de l'oreillette droite éroit fort vif, & l'un & l'autre tronc veineux, aufîl bien que la veine coronaire , pouflbient le fang contre l'embouchure. Il n'y a- voit plus de chaleur dans l'animal.
Après 130 minutes écoulées, depuis que j'avois ouvert la poitrine 5 ce qui avoit précédé de peu la mort apparen- te, le cœur avec toutes fes parties étoit froid & tranquille, l'air que j'y avois fouflé, ne caufoit plus de mouvement. J'avois difpofé le cœur de manière , que le finus gauche étoit un peu anté- rieur, & que je découvrois l'oreillette de ce coté, avec deux veines pulmonaires, dont l'une alloit joindre la branche gau- A4 che f
8 EXP. NOUV. SUR DIFFERENS. che , & l'autre le lobe du poumon , qui étoit placé derrière la veine cave. Je m'aflurai , que les veines , qui fe ren- dent au finus gauche 9 ont leur mou- vement de contraction comme les deux troncs de la veine cave»
Exp. I I I.
Sur un autre chat y 8 Mai.
Cette obfervation eft bonne r & je mis beaucoup de tems à obferver. L'oreil- lette gauche battit long tems & avec force, elle abaiffoit fa pointe: je Pavois fouflée, les crenelures de fon bord é- toient Taillantes & aiguës; mais fa con- traction, les. rendoit obtufes &. les e& facoit.
Le cœur fe contractait de fon coté,, fa pointe fe recourboit contre fa bafe & contre la droite, & fa bafe defeen- doit un peu. Le mouvement; de la veine cave n'étoit pas conficierabie.
Le mouvement du cœur étoit afFoibli, quand je fouflai la veine cave du coté du foie : comme le trou ovale étoit en- core ouvert , l'oreillette gauche s'enfla considérablement. Elle fe contradoit.
&.
AN I MAUX V I VANS. 9
& le fînus du même coté avec elle : le fang étoit refoulé avec de l'air , qui s'y étoic mêlé , il revenoit plus d'un pou- ce dans la veine pulmonaire : & re- tournoit bientôt après dans l'oreillette & dans le finus * ce mouvement étoic plus fort* que celui de la veine cave. Il y a donc dans la veine pulmonaire , un flux & un reflux, comme dans la veine cave.
En moins d'une heure le ventricule perdit fon mouvement , & ne le reprit plus, quand je l'irritai. Je vis beau- coup de chyle mêlé avec du fang dans le. ventricule,
L'oreillette gauche s'aflfoiblit peu à peu , & après 90 minutes , elle cefla de battre, le finus continua feul. Dans cet état l'air & le fang rentroient en- core l'efpace d'un pouce dans la veine du poumon & cette veine fe contrac- toit peu après dans toute cette Ion* gueur , en même tems , que la veine cave fe refTerroit : le commencement de cette dernière veine battoit encore dans, la longueur de quelques lignes.
Le mouvement du finus gauche & de la veine pulmonaire s'affoiblitr pen- dant que celui de la veine cave fubfif-- A s toit5>
10 EXP. XOUV, SUR DIFFEHENS
toit, & que cette veine faifoit deux* ou trois battemens contre un feul bat- tement de la veine pulmonaire ou du finus gauche. Ces contractions étoient fynchroniques. Le mouvement de la veine pulmonaire & du finus gauche, cefla à la fin tout à fait , & la veine cave continua feule de battre après HO minutes.
Je revis fort bien le flux & le reflux du fang 5 qui alloit du finus droit dans la veine coronaire , & qui en revenoit.
Je preflai le cœur, & l'air, dont il étolt gonflée rentroit dans le finus gau- che fans difficulté.
L'oreillette droite ne conferva pas trop bien fon mouvement 5 il dura même moins que celui de la veine cave.
Four la veine pulmonaire, fa contras» - i fe fit conftamment jufqu'à Pexftino lion entière de fon mouvement» &fon étendus étoit de dix-huit lignes.
Ge mouvement n?eft pas ce reflux du fang, qui vient du finus gauche, con>- tradé , & reflué dans la veine pulmonai- re y reflux analogue à celui de la veine cave: c'eft plutôt une contraction de la veine pulmonaire , femblabls àcelle;dela veine, cave.
Après
A N I M A U X V I V AN fc Iï
Après deux heures entières le mouve- ment de la veine cave fubfifroit encore : & je voyois de diftance en diflance * des contractions interrompues, mais- bien certaines 5 de la veine pulmonaire. Ces contractions étoient fynchroniques au commencement dans l'une & dans l'autre veine,
Mais dans la fuite la veine cave fit plufieurs battemens , avant que la vei- ne pulmonaire y repondit par un feul. Elle battoit feule, & le finus gauche a- voit confervé fon mouvement.
Trois heures après le commencement' de l'expérience je fouflai la veine cave' abdominale, le mouvement lui revint, > elle fe cont radia jufqu'à fept lignes de fon embouchure dans le finus droit,* fes pulfations étoient lentes, mais re-' gulieres, leurs intervalles étoient affez longs, Les deux oreillettes & le ven«~ tricule étoient fans mouvement.
A dix ou douze contractions de la- veine cave, la pulmonaire y repondoit • par une feule , mais qui écoit confidera- ble dans la partie de la veine la1 plus voifine du finus. L'un & l'autre' finus étoit immobile, & tout ranimai' étoit froicL L'intervalle de deux pulfa-- A- 6> tk>a$s
iz Exp. NOUV. SUR DIFEERENS tions de la veine pulmonaire pouvoit; être d'une minute.
La veine cave redoubloit fes contrac- tions , quand je l'irritois avec une ai- guille , ou avec la pointe du. fcalpel : mais l'acide chymique le plus violent ne produifoit aucune contraction ni. dans l'artère pulmonaires, ni dans l'aorte.
Le mouvement périftaltique des intef- tins fe foutint avec beaucoup d'opiniâ- treté. Deux heures après l'ouverture du; thorax je fis une incifion à l'inteftin, il fe fit deux éminences de la tunique ve- loutée, qui fe retourna fur elle même , & qui embrafla la membrane externe,,. Le bourlet fupérieur étoit long de trois Kg îes 5 & l'inférieur prefque de deux.. Je retranchai du refte des inteftins une. portion longue de fix pouces : feparée de tout le refte du corps de l'animal 9 elle refta irritable pendant quinze mi- limes r & elle fe contracfta 3 quand je la piquai & raclai avec un fcalpel. Dans cette portion même d'intefnns , il le forma deux bourlets , de deux & de trois lignes. Le retournement de ces bourlets continua., quoique lentement,. & cinq heures après la mort apparente il ne refta. qu'un anneau 5 les 4eux bouts re- tournés.
Animaux vivans. 13
tournés fe touchoient, Quelques froids d'ailleurs que fuiTent lesinteftins, le mou- vement: périftaltique s'y conferva.
Plus de trois heures après l'ouvertu- re de la poitrine, les inteftins fe con- tractèrent, quand on les irritoit.
L'œil de l'animal n'avoit eu pour pru- nelle, qu'une fente élargie dans le milieu & l'iris n'avoit guère une ligne de lar- geur , au lieu que la prunelle étoit ex* trêmement ample. L'un & l'autre refta dans cet état pendant toutes les cinq heures que dure. l'obfervation,
E x p. 1 v;.
Sur wï gros lézard 1 2 y- Juillet*
Cet animal efr fort beau, fes écailles font vertes & noires fur le dos, celles du ventre font au nombre de 33 dans un rang 5 & fix. autres rangs font faits d'écaillés plus larges ; elles font jaunâ- tres tirant fur le vercL. Une grande é- caille protège le cœur , une autre recou- vre le commencement de la queue. Cel- les de la queue font couchées les unes fur les autres. Il étoit long de 14 pou- trois ligues,
La
l/r EXP. NOUV. SUR DIFFEKENS
La queue retranchée fit quelques mou- vemens moins durables que ceux du cœur. Cet; organe a la bafe comme celle d'un cœur de carte , & la pointe (im- pie : l'oreillette fort grande avec deux cornes latérales & une au milieu. -\
Le cœur & l'oreillette fe contra&e- rent alternativement & fe relâchèrent régulièrement pendant deux heures, & le fang chafle lortcit par l'ouverture du ventricule coupé par ia pointe. Je ne donne pas fou anatomie que je referve-- pour un autre ôuvra§
E x p. \r.
Sur un chat, io« Août- i 7 5 &
J'avois reçu de M. Caldani unV- vis fur ia nouvelle expérience, qui pa-- roiflbit rendre à la dure mère une par- tie de fon fentiment. J'eus le malheur en enlevant urte portion du crâne de blefTer le fînus longitudinal, il en coula aïfez de fang , mais il ne fit point de faut. Il vaudroit mieux je penfe ouvrir Dos temporal,
J'irritai la dure mère, dans fa furfacc'
Animaux vivans. if extérieure , je n'y découvris point de fentiment : dans le tems que la peau étoit fenilble.
Je gliflai une fonde entre la pie mè- re & la dure , j'en chatouillai la fur- face intérieure, je l'irritai, & je la pi- quai, elle ne donna aucune marque de fentiment.
J'obfervai le mouvement, que la re- fpiration produit dans le cerveau. Il monta pendant plus d'une heure dans Pexfpiration , il redefcendit dans l'infpi- ration : mais je découvris une nouvel- le circonftance dans le mouvement. Le cerveau ne fe hauffe & baifle pas, il devient pour parler plus jufte, alterna- tivement plus grand & plus petit. Dans rinfpiration la face latérale de fes hé- milpheres fe defenfle , & abandonne la feux , il nait entr'elle & le cerveau u- ne cavité. Dans Pexfpiration cet inter- valle s'efface, & le cerveau touche la. faux.
Je plongai une fonde à travers le cerveau , cette blefliire n'eut aucune fuite. Je dirigeai enfuite. la fonde en arrière , comme Ç\ je voulois percer le cervelet , & les convuîfions parurent
;ord ? ranimai ne put plus fe fou-
tenir,
l6 EXP. NOUV. SUR DIFFEREES tenir, il tomba à terre, fans avoir per- du le fentiment car il parut fenfible à Pirritatibn de la peau & cria même. L'animai vécut quatre heures dans cet état y mais fa refpiration devint toujours plus lente : je pouvois pourtant rappeU 1er les fens de l'animal.
Je fuivis la bleflurev le cervelet n'a- voit point fouffert , étant défendu par une parois offeufe. La bleffure étoit res- tée dans le cerveau.
E x p. V El
Sur un lapin 5 12 Août,.
Je voulus encore un fois vérifier l'ex- périence de M. Caldani. J'ouvris le crâne, il me vint du fang de la fuK- ftance ofleufe même. La dure mère eft fort tendre & vafculeufe dans cet animal.
Je l'irritai extérieurement fans qu'il donnât de fïgne de douleur, dans le tems qu'il crioit, quand je bleffois la. peau.
La dure mère étant placée immédia- tement fur la pie mère j je l'ouvris, & je gliffai une fonde entre les deux mé- ninges , je chatouillai comme on a fait
Animaux vivant 17
à Boulogne la furface intérieure de la du- re mère r fans produire aucune marque de fentiment. Dans cet état l'animal lapoit du lait, il vécut fans aucun fym- ptome pendant vingt -quatre heures.
Quoique ce petit animal fut prefque tout blanc* la prunelle ne laifla pas que d'être brune,
E x p. VI L
Sur un lapin , 2rj Odlobre.
Je découvris dans le pariétal un vaif- feau confiderable , qui avanqoit tranf- verfalement contre la peau , entre les lames ofleufes , fa marche alloit en fer- pentanto C'eft ce vaiffeau qui donne cette abondance de fang* quand on ou- vre le crâne.
Je découvris la dure mère , j'en irri- tai la furface extérieure 5 il ne parut pas fentir ces injures.
Je déchiquetai- cette méninge * & je h coupai, l'infenfibilité parut la même.
Je fis paffer une fonde au travers de la partie latérale du cerveau droit, juf- qu'à la bafe du crâne , l'animal ne pa* tut pas fouffrir.
j8 Exp. nouv. sur differens
Je fis pafler une autre fonde par le cerveau elle bleffa la partie latérale ex- terne du pédicule du cerveau.
L'animal cria , il fouffrit des convul- fions, il fe courba en arcade.
Je fis une autre bldfure, qui péné- tra dans le ventricule , l'animal n'en pa- rut pas fouffrir beaucoup. Il périt quand je plongeai la fonde bien avant dans la moelle de l'épine*
A. <\:IA
XXIX.
REPONSE
GENERALE
AUX
OBJECTIONS,
qu'on a faites contre linfev.fibilitè ie plu* fieurs parties du corps animé..
X 21 X Section I.
Sur ta [enfibilitê.
Je viens de donner le recueil le plus nombreux d'expériences, qui ayent peut-être jamais paru, pour prouver u- ne vérité phyfique. Mais on y oppo- fera fans doute le nombre inférieur, mais pourtant confiderable d'obferva- tions oppofées , dont l'événement a été contraire au refultat des miennes ( a ). On eft allé plus loin, on eft difcon ve- nu , qu'on put tirer de mes expérien- ces , fuppofées exactes , les conclufions que j'en ai tirées D'autres critiques en- core n'ont pas balancé à prononcer , quel que fut l'événement de mes expé- riences , que le refultat leur en paroif- foit aflez inutile, & qu'on n'en tireroit
égale-
C a ) M. FAbbri en a fait imprimer un recueil à Boulogne en 1757. M e^ lui-mê- me du nombre de ceux, qui fe font pp- pofes k mes relultats.
22 Réponse générale
également aucun parti pour l'art de gué- rir (&).
Je vais travailler à me détacher en- tièrement, de ce que je pourrois regar- der comme ma caufe. Je n'en ai jamais eu à moi , & je n'en aurai jamais, que celie de la vérité pour les opinions, & celle de la patrie pour le but général de mes adbons. Engagé dans un ouvrage immenfe, il m'importe de conftater, ce que je devrai enfeigner fur la fenfibili- té de la plus grande partie du corps a- nimé. 11 n'y a que l'erreur, qui doive me faire de la peine , & fi j'y ai demeuré de- puis fept ou huit ans, il n'eft pas trop tard d'en fortir encore, & de rejoindre le parti de la vérité dans un ouvrage, qui eft celui de ma vie entière , & qui doit faire paffer à la poftérité les fenti- mens réfléchis de ma vieillelfe. Si la vanité me dominoit , je trouverois af- furement plus d'honneur à facrifier les opinions de quelques années , qu'à me
regar- v
(b) Journal des favans 1757. Mai. C'eft aux critiques de cette claffe , que le P. Pethini a repondu dans la préface , qu'on trouve dajis te II. Tome 3e ce re- cueil.
aux Objections. 23 regarder comme l'avocat de l'erreur , & pour le refte de ma vie , & pour tout le tems encore , que mon ouvrage pourra trouver des ledleurs.
J'ai encore à m'armer contre un en- nemi bien dangereux de la vérité , mais qui perd de fon pouvoir, quand il eil reconnu. Mes expériences expofées fans la moindre apparence de critique 9 ont trouvé des adverfaires violens (c), qui n'ont épargné ni ma probité , ni aucu- ne des qualités , qui pourraient m'at- tirer la bonne opinion de mon fîecle. Il n'eft que trop commun , de fe roi- dir contre ceux9 qui veulent nous dé- primer , & d'en foutenir avec plus de paflion des opinions, qui auront com- promis notre réputation. Je reconnois cette tentation 5 je vais tacher d'y re- fifter.
Après ces réflexions , je vais pofei: fans prévention les raifons , qui peuvent ou me déterminer contre l'opinion com- mune , que j'ai combattue 5 ou m'y ra- mener.
Je
( c ) M. B 1 a n c h 1 de Turin , MM. Van- delli , Girard 5 Radnizki 5 Fe, quelques anonymes, &iurtout celui 5 contre lequel M.Cigxa s'eft défendu.
24 Réponse générale
Je commencerai par celles, qui peu- vent établir la vérité de mes faits , & je rappellerai fous mes yeux les expé- riences , qui m'ont porté à rayer de la lifte des parties fenfîbles tant d'organes , auxquels on s'eft accoutumé à attribuer le fentiment le plus exquis. Je vais donner mes raifons les premières , & je ne me prévaudrai pas du petit artifice, fi commun dans les difputes. On y fait précéder les raifons de fes adverfai- res , & on croit trouver le double avan- tage de les réfuter , & de conferver à fes propres raifons la place la plus fraî- che dans la mémoire du ledeur.
J'ai tiré mes preuves de l'évidence même. Une bete* dont on irrite la peau, retire la pâte qu'on blelîe 9 ellefe défend à fa manière, elle oppofe à la violen- ce, qu'on lui fait* ou fes forces, ou du moins fes plaintes. Je n'ai jamais vu d'animal infenfible aux bleffures des nerfs, je ne crois pas en avoir vu d'indïffe- rens à celles de la peau. Cent & cent fois j'ai oppofé la fenfibilité des tégu- mens à la parfaite infenfibilité des ten- dons , de la dure mère , du période , jamais l'animal n'a diflimulé l'injure, qus je faifois à la peau , pendant qu'il fouf-
froit
aux Objections. 2> froit fans la moindre marque de fentU ment > l'irritation la plus deftruciivc des parties , que je viens de nommer.
J'ai vu exa&ement les mêmes phéno- mènes , & dans les betes les plus féro- ces , & dans les animaux les plus crain- tifs. Le chien , le cochon , & le chat ne font pas plus fenfibles à ces playes des tendons , que ne l'eft le lapin ou le chevreau. Quiconque s'eft exercé aux expériences faites fur des animaux en vie, doit connoitre la férocité du chat, & fa fureur quand il fouffre : fa tran- quillité ne peut jamais être l'effet de la peur , ou du phlegme.
Les expériences? que j'ai faites, & que mes amis ont ajourées aux miennes, font extrêmement nombreufes * & ce nombre n'eft pas indiffèrent. Des eau- fes étrangères peuvent introduire d? l'er- reur dans des expériences 9 qu'on ne vé- rifie pas , mais ces caufes fe feparent à mefure , qu'on réitère le même fait, par là même, qu'elles font étrangères; après un certain nombre de vérifications il ne refte que les refultats , qui naif- fent néceflâircment de la nature des chufes. Je vais tirer d« la table, qui fuit ce mémoire? le nombre de Tant. IV. B expc-
26 Réponse générale expériences. II y en a 19 fur les ten- dons de l'homme , fans compter celles de M. MUH LMANN, qu'il ne fpécifie point. Ii y en 2 200 faites fur les ani- maux , 3 ns compter celles de MM. Pa-
LJANI, HtULMVIANN , MORETTI & MO-
K A n d 1 9 qui n'ont pas ajouté le nom- bre des leurs. Sur la dure mère ^ il y en a 1 1 dans l'homme , & 79 dans dif. ferens animaux. Il y en a 12 ou plus fur la pie mère : fept & celle de M. Molinelli, pour le péricrane de l'homme, & 64 dans les animaux. Sur le périofte de l'homme j'en rapporte trois, & 23 fur celui des animaux , fans par- ler des nombreufes obfervations de M. Muhlmann. Sur les capfules des articulations il y en a 28 dans les a- nimaux , & une dans l'homme. Sur la pleure il y en a 42 dans les brutes, & une obfervation dans l'homme. Sur le péritoine il y en a 47, & celles de M. Heuermann ne font pas comptées. Il y en a plufieurs fur l'homme. Sur le péricarde il y en a un plus petit nombre, mais de nombreufes fur la cornée , faites par M. Daviel (d). '
Ces
( d ) Voyez la table qui précède celle des m a- tieres.
aux Objections. 27
Ces expériences ont eu un fuccès par- faitement uniforme. Je ne fâche pas , ni dans mes propres recherches, ni dans celles des habiles gens, que je viens de nommer 5 qu'il y ait eu des doutes fur les tendons * le période , la pie mère > la pleure, la péritoine, & la plus gran- de partie de la dure mère. On a fait: fur la face interne de cette membrane une expérience particulière (O, Qui ne mîa jamais réufîî , & qui prouveroit , fi el- le eft conftatée , qu'il y a en effet dans la dure mère une partie , qui ell fcnfi- ble au chatouillement , fans l'être a la douleur. Elle pourroit venir encore d'u- ne compreflîon des nerfs ( e *) , qui paf- fent par les trous de la dure mère : car je ne me prefferois pas d'admettre cette exception , qui feroit un privilège fin- gulier en faveur d'un petit efpace de la lame interne de la membrane , que je viens de nommer. Elle paroit contraire à fa nature uniforme, elle eft contraire en même tems à une obfervation d'ana- tomie , qui ne paroit pas fufceptible de doute.
B 2 L'in-
( O Cat.dani, p. xç ad2>6\ T. i. de UVoco/-
ia de M. F a B b ri, Laghi T. IL p. icj;.
(e* ) Caldaki epift. II. p. 560, 373. 574.
F O N T A N A p. I7S.
2 S Réponse générale
L'infenfibilité de la dure mère repond a rabfence des nerfs, qui manquent en- tièrement à cette envelopc du cerveau; comme la fenfibilité de la peau. repond au nombre des nerfs , qui vont le ré- pandre dans ce tégument. Il n'eft pas douteux , que les nerfs ne foient l'inftru- ment , qui tranfmet à l'ame le refultat de rimpreflîon des corps extérieurs fur les organes du fentiment. 11 n'eft pas dou- teux non plus , que la fenfibilité , tou- tes chofes égales > ne foit en raifon di- recte du nombre des nerfs , car je les fuppofe également nus & dépouillés de leurs envelopes. La fenfibilité de la langue , des yeux , & de l'organe de la génération confirment la règle, que je viens de propofer , comme la cruelle douleur du nerf d'une dent , que la ca- lie a découvert 5 prouve l'augmentation de la fenfibilité, qui dépend de la nu- dité de la moelle nerveufe. Comme la fenfibilité croit avec les nerfs , elle s'é- vanouit avec leur abfence, & aucune par- tie n'eft fenfible , lorfque l'organe uni- que du fentiment ne s'y trouve pas. Cela pofé (/), on n'a ,'qu'à examiner
fi
(/) On a dit, que les nerfs font plus ten- dus dans les organes les plus fins. S'ils
aux Objections. 29
fi la dure mère, ou fi les tendons ont des nerfs. C'eft un fait , conftaté par Fanatomie la plus exadle , que la dure mère n'a aucun nerf, qui fe ren- de dans h fubftance : j'en appelle là defliis à mon expéiience, & à celle de l'admirable hiftorien des nerfs, M. Me- KEL (g ). Les nerfs de la cinquième paire , & de la feptieme 5 que des au- teurs eftimables lui ont attribués 9 ne font que les branches de communica- tion , que la féconde branche de la cin- quième paire envoyé au nerf intercoftal ( h ) 5 & à la portion dure des nerfs B 3 audi-
Tctoient, leur e'tat de tenfion pourroit être regardé comme une caufe , qui ajou- teroit à la fenfibilité. Mais ce fait eft contredit par ranatomie. L'œil & l'oreil- le interne ont les nerfs les plus mous , qif il y ait dans le corps huma m , & ce- pendant ce font les pins fenfibles de nos organes. Ils f entent Pimpreffion de la lu- mière & du fon, que les autres organes n'appercoftent point, ou ne fentent qu'ircr parfaitement. L'idée eft de M. Vaxdfr- monde fur l'art de perfectionner l'efpefe humaine 'T. II. p. 26. 27. »
(# ) De nervo quinti farts,
(/-0 Ibid. p> 54. S*.
30 RKFONSE GENERALE
auditifs (/)• Ces branches, que les au- teurs de plusieurs traités iur l'oreille (^) & les os n'ont pas fuivies jufqu'à leur extrémité , leur ont paru appartenir à la méninge , qui ne fait que les recou- vrir. Un coup d'œil donné fur la plan- che, que M. MtKEL a donné du nerf de la cinquième paire , convaincra le lec- teur intelligent 9 que jamais on n'a fur- rromé avec plus d'exa&itude la difficul- té delà préparation. En traçant les bran- ches les plus fines des nerfs jufqu'à leurs filets prefque imperceptibles , cet ex- cellent auteur n'en, a point trouvé, qui. allât fe perdre dans la dure mère (/). Il eft impoflible , que la dixième paire fournifle des nerfs à la dure mère , elle; fort fous les limites du crâne 9 avec l'artère vertébrale & la rainure de l'atlas,. & ne revient par aucune de ks bran- ches dans la capacité du crâne Cm). Le nerf acceflbire donne des branches à la moelle allongée , mais il n'en four- nit pas à la dure mère : ce qu'on a pu
# lui
(i) Ibid. p. ç2 w.Mem* de lrAcad. de Ber- lin T. VIL p. 71. ann. 17* ^ £ ) Valsalva, Simongelli , Bertin 3 tr. des os T. II. p. 6$. 382.
C O.P. «t.
( w ) Asche de nervis primi paris.
aux Objections. 3t
[lui attribuer, doit être rapporté aux fi, 'lamens* qui Torrent de l'arachnoïde de la moelle épiniere , & qui s'attachent à la dure mère , le long du grand en- tonnoir du crâne ( n ). Le microfcope a été employé, auffi inutilement que le fcalpel , pour découvrir des nerfs fur la méninge (o), & il tie refte plus àe moyens pour une recherche plus exadie.
Je pourrois ajouter à ces témoigna- ges le mien , & la recherche de ces nerfs n'eft pas aflez difficile, pour que je doive craindre de paroitre comme té- moin, dans cette querelle. Il eft aifé d'en- lever avec précaution la dure mère , qui couvre le nerf de la cinquième pai. re & très aifé de reconnoitre , qu'il eft entier , & que fes filets forment un pa- quet complet , dont aucun filament ne s'eft détache.
Il eft aifé encore de fuivre les nerfs
des mufcles dans leurs chairs , & de fe
futisfaire fur la queltion , fi leurs bran-
B 4 ches
(«) H ub er de medu/la fpinali p. iz. le.
n. j. j.
(o) Tosetti Lettera IV. p. 2?. 24. ic« edit. Caldani p. 297. 29g. 299. V e bt n a Epift. adHAiuRUMab init
32, Réponse générale
ches s'enfoncent dans le tendon. Le l microfcope a été employé (/?) inutile* \ nviit, pour en découvrir, & l'anato- •! mie c mparée démontre, que le fend- I ment n'eft pas du domaine des tendons.. Les volatiles (g) ont en général les, tendons de leurs pies ofleux , & on ne. voudroit pas attribuer du fentiment à une partie olfifiée.
Mais Ci une. main , plus habile que la mienne 5 pouvoit découvrir quelque branche de nerf? qui fe rendit en effet dans la fubftance des tendons , & de la dure mère , il efl indubitable , que ces branches feront petites , puifqu'elles ont échapé au microlcope s elles feront peu proportionnées par confequent à Pétendue. de la dure mère , dont la fur- face efl égale à celle de la cavité du
crâne, y
(p) Leeuwekhosck Epift. phyjîolog.. p. 443.. Tositti letteTs IV. p. 8. Calx>ani p. z%t, 282.
( q ) Birch bifl. of the: Royal $ocieiy T. 111^ p. 476. Duverkey Journal des fava?ir i^8v. n. 19. Rulmus tendo achlllvs rupt, Cec auteur a vu le même changement dans l'homme, auiïi bien que. IVL Heu^manit p. i6z*
aux Objections. 33 crâne, & qui eft encore plus ample à caufe de fes détachemens.
La même raifon fe préfente pour les ten- dons, s'ils ont des nerfs, ils les ont imper- ceptibles , &leur fentiment, comme celui de la dure mère, ne pourra être que bien obrus , & foible eu raifon inverfe de la grandeur du nerf, moins vif par con- fequent , que le fentiment des vifce- res (r) qui ont des nerfs bien vifi- bles , mais dont le fentiment eft pref- que imperceptible, parceque leurs nerfs font fort petits. En effet les vifceres peuvent être irr'tés , & prefque détruits,- fans que l'animal donne des marques de fa fenfibilité , & j'ai vu le rein d'un homme fe confumer par une fuppura-" tion abondante, qui paflbit par les uri- nes, fans qu'il fe foit plaint d'aucune douleur.
Je reviens aux raifons , qui me réfu- tent à dire en faveur de mes expérien- ces. Je n'ai eu aucune vue enlesfai- fànt , aucun préjugé d'autorité , aucun fyfteme^ qv.i exigeât l'infenfibilité de' la dure mère, ni celle des tendons. Je' B 5 ■ les>
(r) Sciïion VIII. du fecend Memoir. fur W parties faijibles &c.
34 Réponse générale les ai cru fenfibles de très bonne foi fc- vec le refte 'des Médecins , & furtout avec mon illuftre maitre, je les ai dé- crits comme tels dans mes ouvrages. Si j'ai changé de fentiment» c'eft l'expé^ rience qui m'a fait fortir du chemin le plus ba tu* & ce n'eft pas l'amour d'une hypothefe* qui m'ait foie préférer un nouveau fentier. Je dis plus , j'ai tourné contre moi même , & contre mes propres découvertes * les armes de la vérité, que l'expérience m'a fournies, j'avois beaucoup travaillé fur l'irritabili- té, & furtout fur celle du cœur, j'é- lois tenté vivement d'en étendre l'em- pire, à d'en faire dépendre le mouve- ment des artères , celui des glandes ? Ijs fecretions & les fièvres , j'étois prêt d'en faire le refïbrt unique de la ma- chine animée. On fait affez , combien l'homme aime donner de l'importance à ce qu'il a découvert , il voudroit na- turellement conquérir l'univers pour fes opinions , & établir la monarchie uni- \erfelle pour Phypothefe, dont il fe croit le créateur. Dsscartes re- giiîbit le monde par l'éther * & par les tourbillons , & bientôt on a voulu le gouverner par l'attraftion. J'avois
bfeau
aux Objections. jç
beau jeu, j'aurois eu pour moi tous ceux, qui fe plaignent des limites, que je donne à l'irritabilité. Les Whytt * les Delius, les Krause, tant d'au- tres de mes adverfaires , feroient de- venus mes alliés.
Mais la nature s'oppofoit au Cfteme,' qui commencoit à me gagner. Cette irritabilité fi agifTante dans les mufcles, fi toute puiflance dans le cœur , ne réuiîiiToit pas à étendre fes droits fur les artères. La contraction , que leur procuroit le poifon chymique , refufoit de nûtrc fous le fcalpel, & refiftoit à l'acide même le plus deftrudleur dans les animaux à fang froid. Repoufle par la province, que je voulois conquérir, je fus obligé de me replier , & de me contenter de l'empire des mufctes , aP- furé à cette irritabilité , dont on m'at- tribuoit les progrés.
Bientôt il fel'ut reculer encore d'avan- tage : j'avois cru voir dans les laqs y que les nerfs forment prefque partout 'autour des artères , une force bien pro^ pre à gouverner la circulation du fang* à la précipiter dans la colère, à la re- tarder dans la méditation * a l'afFoibliE: dans la triftefle * & à la fupprimer A ms- B 6 b
36 Réponse générale
la crainte. Cette mé anique des nerfs* expolée dans mes écrits (/), avoit plu, car c'eft plaire , que d'are mife en œuvre par un anatomifte du mé- rite de M. Mbkel (/), & par un Médecin , tel que M. Tronchin (h). Mais l'expérience me refufa en- core une. fois fon fuffrage. Le nerf placé fur mie règle (x), fut irriter & ne fe racourcit point. Dès lors il ne pouvoit plus rétrécir Partere corn- prife dans fbn anfe : je n'ai pas ba!an- ce à me refigner fur la chute de mon fifteme % & ie l'ai publiée le premier
G').
Avec cette dîfpofîtion d'efprit , je conviens , qu'on peut fe tromper , mais on ne doit plus être foupeonné de cher- cher à feduire. Si j'oppofe les expérien- ces à mes préjugés-, à mes fiftemes$, k mes efpérances. , quelle autre idole
peut-
(/) De imper îq neYvvrwn în arteriis Got*
tins 174-4- {ty^Memoir.àeVAcaààc Berlin. T. VU. («) De colica Pifion. p. 41. ( x). Zecomi Memoir. exp. 203, 204. 20 f, 206V
2.C7- XOg. 209.
C») Ibid. p. z$\\
aux Objections. 37
peut-il me refter , à laquelle je vouluiTe immoler la vérité?
Les défenfeurs de mes expériences, ont également préféré la vérité nou- velle aux anciens préjugés , fans y être amenés par aucune liaifon avec moi , & fans trouver dans ma fortune, de- quoi efperer ou dequoi craindre. Je n'avois jamais eu de liaifon avec MM. Calda-
NI, TOSETTI, MlHLMANN, HUNTER (z), FONTANA , EMETT, BROKLES- BY 5 BOUR-DEKAVE , CiGNA , VtRNA,
MoRtTTi, Far ion, Holsset, Piazza5
Mieg, Graziani, Moran-
D I , AUDRICH , P E T R l K I f
Vivienzi (a), Paliani , Bassani* Larber, C^)> Fracassini (<:)>
Anbrejl
C») Cet excellent anatomifte a fait, il y a quel- ques années , des expériences fur Fi n'en- fibilité des tendons conformes aux mien- nes , fans en avoir de conroiflance.
( a ) Médecin de Naples , qui a vérifié mes expériences.
Dans récit. Italienne de TAnaU cbir> de P a t t y m L. I. p. 2 çt.
Ce ) De afeii. b^oeb* p. 9.
38 Réponse générale. Andreae ( d ) , ni avec plufieurs au- tres favans , qui ont adopté la vérité d'après moi \ je n'ai appris à les con- noitrc , que par ce qu'ils ont fait pour moi , fans y être préparé ni par un com- merce de lettres , ni par quelque liai- fon perfonnelle. Il y a plu?, je trouve tous les jours des témoins des mêmes vérités , qui les ont vues avant moi , & que le préjugé, ou le défaut de pu- blicité, m'a empêché de connoitre. M. Molinklli digne Profelfeur de Boulo- gne , m'a devancé fur les expériences de la dure mère (O» & fur le peri- crane (/) , il n'a pas vu de fimpto- me furvenir aux bîeffures du tendon du biceps (*)* fans que j'aye pu être informé de ce qu'il avoit vu. M. La- p i a percé des tendons dans l'homme ,. fans y trouver du fentiment ( h ). L'i'- luftre M. de Sbnac a pafTé les doigt?,
&
(d ) De irritcibilHate. 11 eft d'accord avec moi po.r Pinicniibilité des tendons p. \ 7. & des autres partie s5 auxquelles je n'ai pas reconnu de fenriment.
(O Faites dis 171s* Cal dan. p. !$%<>.
(/) Ibid. p. 28s.
(g) p. 13. 184.
(b) Tosstti Lett. IV. p. 17.
aux Objections. 39
5c preflfé les tendons d'un homme (O* fans qu'il ait donné des marques de un- timent. Il a trouvé des portions du période infenfibles. M. Bagieu a coupé les tendons fléchiifeurs de la main (^)> &ns canfer de douleur,* il pofe en fait en général (/), que l'incifion du tendon fe fait fans fentiment dtfa- greabîe. M- Acrell convient du même fait ( m ) ; on lit dans un jour* nal , qui furement n'a pas de partiul.té pour moi , l'hiftoire d'un tendon fléchif» feur d'un doigt arraché de force, fans douleur & fans accident ( m * ) , & je le vois confirmé pour le déchirement même du tendon , dans les mémoires d'une focieté refpectable ( n ). AL MiL- LER de GiciTe attefte Pinfenfibilité (n du foie. M. Kaavw, que la Republique des lettres vient de perdre, a bleiîc la
dure
(i) Dans une lettre du 2. avril 17 $2.
(k) Traité des amputations p. 584.
(/) p. î9o.
0« ) Swensxa IYîercur. i7<?6. p. 29 c.
( m * ) Journal de Med. 1758- May.
('*) EJJuis of a Society at Edhàbmgb. T. L
P. 4*4. (7/*) Dans l'homme dans fa theie Big* ib- fervat. JvUA% Cbir. p. 19.
40 Réponse général s dure mcre ( o ) , fans caufer des con~ vulfions, autorité qu'on a voulu tourner contre moi , aulfi bien que celle de M. Douglas, qui reconnoit PinfenfibU lité du période (/>). M. Stampim a vu la dure mère, & le pericrane infenfibles dans l'homme (/>*). L'infenllbilité de la cornée fe trouve confirmée dans Ma- yerne (9)1 & dans les mémoires de deux ( r ) Académies eftimables , dont j'ai l'honneur d'être membre , elle elt étab'ie de plus par les expériences nom- breufes de M. Daviel (/). J'ai cité ailleurs les expériences de Schlich- t in g v de Thomson, & de Bryan Robin s on, & les obfervations de Job van Mekern ( t ) , autorités qui concourent à faire douter de la fen- iîbilité des tendons. Nu CMC ( u ) en a fait la -future dans un chiens fans y caufer de convulfion , & Pare5
Çx ) (0) De impet. fae. fflppocr. n, 525, (-/>•) lîydrocele p. 154. (p*) Caldani Epijl. It. p. 401. (q) Prax. p. nz. (r) Menu de fjead. de Chir. T. Iï. p. J7çi
Med. de fAcad. Roy de Suéde i7S7« ****
mcjire ir. df) Voyez la table.
( t ) Premier. Menu fur les part feiipbL p. ï4> («) Stalpaut valider ^iel Centur IL
obs, 7$,
aux Objections, 41 (#) & toute l'antiquité avant lui , ap- pliquent les. remèdes, les plus violens à la dure mère. Méthode, qui feroit bien- tôt tombée , Ci la dure mère avoit fouf- fert par l'irritation les douleurs 5 qu'on lui attribue.
Je vois, depuis que fai écrit cerné- moire , Herman vander Heyden pro- noncer avani moi , que le ligament & le cartilage ont peu ou point de feu- timent ( % * ) , & que le tendon ne fent que fort obtufernent (x**).
La même évidence, qui m'a ftit adop- ter rinfenfibilité de tant de parties ani- males a iait changer de crème de fett- timent aux favans ,- qui prévenus des préjugés établis , avoient le fcalpel en main pour me réfuter. M, Paliani, célèbre Chirurgien de Rome, a fenti la force de la vérité, il a été convaincu & par les expériences, dans lefquelles les tendons paroiflent infenfibles , & par l'a- natomic, qui leur refufe des nerfs C y). Le célèbre Algarotti, mon illuf- ire confrère dans plus d'une académie a cédé à l'évidence, que M. Caldani
lui ( x ) L. IX. c. 20. oper. omn. (x*) Jjifcoiirf. V. p. 77. C** * ) Ibid. p. 78. Cï) Tosetti LttU IV. p. zi%.
4Z Réponse générale
lui préfentoic ( z ). M. Caldani lui même a commencé Fes expériences dans des idées oppofées aux miennes, & il n'a été convaincu que par leur fuccès même. M. Moretti fait le même aveu.
Je viens de citer des témoins refpec- tables , j'en vais nommer , donc la dé- position fait encore plus en ma faveur , ce font mes ennemis. Quelqu'animés qu'ils fuiTent contre l'innocent auteur d'une opinion nouvelle , il n'y en au- cun * fur qui la vérité ait entièrement perdu fes droits, & qui n'ait reconnu une partie de mes faits , dans le tems même * qu'il travailloit à m'oter toute cré- ance avec le genre humain. Je com- mence par M. Lagh i , le plus anato- mifte de mes adverfàires, & prefque le feuU qui ait voulu s'honorer en con- fervant les bienfeances. ïï a vu les ten- dons infenfibles, dans un beaucoup plus grand nombre d'expériences , que celles qu'il m'oppofe. Vingt fois ils ont été déchirés fans caufer de douleur, & fix fois feulement M. L A g h i a cru voir, que leur deftru&von etoit fuivie d'un fentiment (a). Il avoue ailleurs, qu'il
eit
( Z ) CiLDAN Epift. p. 177.
(a) Fpifî. IJ. p. 9. Tos£TTi Lett. IV.
aux Objections. 43
cft rare, que les animaux paroiflent fouf- frir ( b ) des blelïures des tendons. Il a trouvé les artères ( c ) & la dure me- re (<i) infenfibles dans une partie de fes expériences ; & la pleure & le péri- toine l'ont été aiïez fouvent , pour qu'il foit refté indécis fur leur fenfibili- té ( e ). Il a vu les animaux courir fansê- tre boiteux , après avoir brûlé leurs ten, dons avec le fer chaud (/).
M. LAMBERTi,bien moins amateur des extérieurs de la politelfe, que M. Laghi f a trouvé le tendon peu fenfible (g)* & le même aveu lui échaoe pour le péricra-
ne
t & ) Ibid. p. 1. z. & chez Fo.vtana p, i6z. Dans fes propres expériences les ten- dons fe font trouvés fans fentiment, quand ils étoient bien découverts Caldani Ep. 2. p. }S7.
(O Ibid. p.
(i) p. 2. & chez Caldaki Ep. IL p. 176. Fon tan a p. 161. Il a été pré- fent à l'expérience faite fur la dure mère dans un homme. Elle s'y eft trouvée infenfr- ble & M. Laghi eft convenu > quelle Peft toujours Fontanap. 17$. Cal- dan 1 p. 400.
(O p. 6. Font an a p. i^S»
( /) Epift. I.
(g) p. Z2i. de la racolta. Il fe retranche fur la fenfibilité des bouts coupés du fcea-
^4 Réponse générale ne dans fon état natuiel ( h ). M. SEvERiNia trouvé de bonne foi, la dure mère infaillible (*)• M. Whytt, mon adverfaire depuis plu- Heurs années , & dont j'ai appris dans le même ouvrage & le nom & l'inimitié» compte les tendons , les os & la dure mè- re 5 entre les parties dont le fentiment eft obfcur , pendant qu'elles font dans leur état naturel (^), il fait le même aveu par rapport à la cornée (/). M. Lorry 5 eft convenu, que le ten- don relâché ne fent pas ( m ) 9 il fent , dit - il , quand on a étendu le membre dans lequel il fe rend : apparemment parce qu'on étend en même tems la peau, qui a été bleflee. Les acides, ajoute-t-il* y font peu d'impreffion. Le même auteur reconnoic l'infenfibilité du médiat
tin 9
don, fa longueur n'étant pas fort fenfi- ble, apparemment parceqifil tourmentoit le nerf compagnon du tendon & coupé- avec lui,
C h ) Obs. f.
( i ) Duns le même recueil p. ?o.
(&) Fbyfioogcal cjjays p. m. 119»
(/) p. i:r.
(m) Jourtt. de Med. 1756. Dex
aux Objections. 4f
tin > du péricarde (tf), du péritoine (o)5 de- la membrane des vifceres & du tiflu cellubire , & le fentimen: ob- < fcur des vifceres & du cœur. Il admet le petit volume des nerfs de la dure mère (p). Telle eft encore l'expérien- ce de M. Douglas, qu'on cite con- tre moi. Ce Chiiurgien a piqué les li- gamens, & les tendons des chiens, fans qu'ils ayent paru fort fenfibles ( # ). M. VandeRmonde, furement peu prévenu pour mes expériences, a recon- nu les tendons pour à peu près infen- fibles ( q * ). M. Reimarus, re- tenu encore par l'opinion commune , & par l'autorité de M. MonRoo fon maitre, fe réduit à convenir, que les parties , que j'ai trouvées ne pas être fenfibles, le font obfcurement (r). M. P E T R 1 O L 1 rapporte une expérience en faveur de l'infenfibilité du péricrane (/). M. TaccuNi, auteur eftima-
ble
( w) Ibid Novemb.
( 0 ) lbid.
(.p ) lbid. Janvier 17^7
(q) Reimarus de tamorib. ligament.
p. 17. ( q * ) Moyens de ferJeSionner Teftice humaine
T. I. p. 575. dr) l. c. (/) RAcolta &c. y. ^*^ .
46 Réponse générale
ble , mais dont l'ouvrage paroic dans le recueil , qu'on m'a oppofé , n'allègue que des doutes fur la lenfibilité des par- ties, que je regarde comme infenfibles (0-
M. FabbrI) autre adverfaire* a vu pourtant fur la dure mère brûlée des animaux des faits pareils aux miens {u). M. Jenty, tout attaché qu'il eft au fentiment le plus commun, ren- voyé aux nerfs les fymptomes , qu'on attribue, au tendon du biceps (x).
Il eft plus étonnant encore de voir MM. Bianchi, Radniczki & Girard fe réunir avec moi pour les faits , mal- gré un deffein fî marqué de me nuire , qui ne leur a pas permis de confer- ver, au moins dans les exprefîions, les égards , que fe doivent les citoyens , & qui ne fe refufent pas aux ennemis de la patrie. M. Bhnchi lui même a vu des bleflures de tendons , qu'aucune apparence de douleur n'accompagnoit {y)j il a vu la même infenfîbilité fur la du- re
(Op. 81.
(*0 p. 205. 304. Tout ce mémoire 5 quoi- que place' avec ceux de mes défenfeurs, eit deftiné vifiblement à me combattre.
( x ) Cowje of auat. Leit. III. p. 364.
(y) E&tre i.„p. 48,
aux Objections. ^7 rc mère inondée d'eau force (z)9 on n'a qu'à lire d'un efprit déprévenu les expériences qu'il m'oppofe ( a ) ? pour y reconnoitre , qu'elles font à peu près tou- tes pour moi. M. Radniczky n'a pu difconvenir , d'avoir vu les incitions, & les blelïures des tendons? qu'aucune douleur n'accompagnoit (b), il a re- connu pour douteux le fentiment du péritoine, & de la pleure (c), & la dure mère a été outragée, dans les faits qu'il allègue, fans qu'il y ait paru de douleur (d). M. Girard s'eft vu réduit à avouer, en faveur d'une thé- orie qu'il appelle empoifonnée, que fou- vent l'irritation des tendons ( e ) ne produit pas de douleur , & qu'on a bien de la peine à démontrer les nerfs de la dure mère (/).
Attaqué , outragé , prefque démenti par des auteurs, qui ont vu cependant une partie des mêmes faits , dont ils difconviennent , pourrai-je efperer l'in- dulgence
(*) P. Çf-
(a) Je parle de cette Ep:tre.'
(b) Obs ad. S. 1. & exp. 1. ( e) .Sedt. IV. exp. 4. $. (<<) Exp 3.
(e) Dans fa thefe ergo irritabilité a nervi*. (/) lbid.
Réponse générale
dulgence du le&eur pour une raifon, que je préférerois d'entendre de la bouche du public. J'ai manié le fcalpef depuis ma pre- mière jeunelle, & le nombre de mes diffec- dions a été aflez grand, pour donner quel- que crédit à mes expériences. Il ne s'agif- foie pour moi , que de diftinguer le nerf du tendon qu'il accompagne , de lier u- ne artère tans intérefler les nerfs : de découvrir la dure mère fans la blefTer; de diltinguer les parties du périofte , de la pleure, & du péritoine, que parcou- rent des nerfs confiderables , d'avec les efpaces , que les nerfs ne fréquentent pas. L'exactitude néceflaire pour ces tra- vaux n'clt pas de la plus grande difficul- té, mais elle eft néceffaire , & je crois n'en pas être incapable. Les compagnons de mes expériences, MM. Mekel, Zinn, (/*) Detlef, NorelN, Trendlllnbourg* & tant d'autres médecins encore * ont manié le fcalpel avec délicateffe , & à leur honneur , & ceux d'entr'eux , dont je mets les noms à la tète , feront com- ptés par la poftérite entre les p'us grands Anatomiftes du fiecle. Ifs fe font refer-
vés
( /* ) Nous venons de perdre cet excellent anatomiile.
aux Objections. 49 vés les parties de l'art les plus difficiles* les nerfs , l'oeil , l'organe de l'ouïe » & ils ont lutté avec gloire contre les obltacles , que leur oppofoit la finefle des parties les plus petites , que le fcaU pel puiffe ft vre. 11 nie paroit , qu'eu matière de faits, quand les expofés Te trouvent en contradiction l'expérience des témoins peut mériter de la confi- deration.
• J'ai fait, devant ces illuftres & habi- les élevés, mes expériences avec tou- tes les précautions nécefîaircs, que j'aiexpofées d'après mes* manœuvres (g ;. Je n'ai pas verfé les poifons chymiques , j'y ai trempé une plume, ou un brin de bois , & je n'en ai touché abfo'u- ment 9 que la partie dont j'examinois la fenfibilité. J'ai laifle repofer les a- nimaux* & j'ai attendu leur parfaite tranquillité , avant que d'irriter leurs tendons 5 leurs périoftes 5 leur dure mè- re. J'ai toujours comparé la fenfibili- té de ces parties avec celle de la peau. J'ai vérifié avec opiniâtreté les mêmes expériences , je n'ai cru avoir enten* Tom. IV. C du
(gvFicface wfecend àfctr.oire fur les partie* fttfU*.
S O RlPONSE GENERALE àu la voix de la nature , qu'après un nombre inufué de répétitions du même événement.
J'ai dit , ce qui peut faire ajouter foi aux expériences du parti de Pinfenfi- bilité. Je pafle à la créanceT que mé- ritent les faits contraires aux nôtres* & que rapportenc les differens auteurs, qui fe font élevés contre moi.
11 y en a d'anonymes , que je veux bien ne pas reconnoitre à travers le voi- le 9 a la vérité bien mince, qui les couvre. Il y en a d'autre.*, qui fe font nommés. De ces derniers une grande partie n'a jamais fait d'expérience,- & n'en cite même aucune fur Pinfenfibi- lité. Tel eft le cas de M. Whytt, Dblius, Krause, Aragoni, F B' , & de plutieurs autres encore. D'autres & des plus animés, n'ont fait les expériences , qu'ils m'oppofent • que par des mains étrangères. M.Bianchi s'eft iervi d'un garçon d'hôpital ( h )♦ M.Van d elli de M.Mtz z a s a (i\ de M. R a n a & d'autres perlonnes peu
con-
( £ ) Tosetti Un. IV. Voyez Bi a».
C HI Ep. I. p. -i*.
(i)Ep. IL p. 141. &c
atjx Objections. 51
connues: M. Laghi du chirurgien. Vignaferroi& de M. Bokghi. C'eft déjà un préjugé contre ces auteurs. Ils oppofenc aux expériences faites de mes propres mains, des faits, nés fous les fcalpels étrangers aux auteurs , qui '-en font ufage. Dans les expériences fur la fenfibiLté des tendons , de la dure mère &c. tout dépend de l'exadi- tude à ne bleifer, que les parties, dont le fentiment eft en litige, & d'éviter tou- te autre perde, dont la fenfib lité eft reconnue. Les nerfs font prefque par- tout voillns des tendons, un fjalpe un peu plus fortement app'iqué à la dure mère, pique le cerveau , & mes adver- faires ne fauroient garantir une exacti- tude religieufe, qui n'a pas dépenJu d'eux 9 & fans laquelle leurs faits peu* vent prouver Terreur même.
Mais je fuppofi , qu'ils euflent tra- vaillé eux mêmes, qu'ils me pardon- nent, après les vio'entes ( 1^) expref. fions, dont ils fe font fervis contre moi 5 je les reeufe , ils ne font point anatomiftec. Aucun d'eux ne s'eft fait connoitre par aucune découverte , par C 2 aucune
( *) Il faut toujours eu excepter M.Laghi,
S 2 REPONSB GENERALE aucune recherche anatomique un pei fuivfe. M. BiaîsCHI s'eft rendu célèbre par fes erreurs. Je ne lui imputeroirf pas des défauts d'exa&itudc , qui Tau* roient furpris dans une encyclopédie, d'anatomie & de phyfiologie. Dans un païs immenfe le meilleur géographe peut déplacer une colline , & ignorer la fi- tuation d'un bourg. Mais M. Bianchi prétendoit découvrir * il a donné pour 3iou veaux des mufcles de fa façon , il a voulu ajouter aux parues connues du corps humain : & ces mufcles , & ces parties nouvelles ne fe font plus retrou- vées après lui. La critique de fes fau- tes a fait la matière de deux des meil- leurs ouvrages d'anatomie , que nous ayons ( / ).
A coté du peu d'ufage? queme^aiW verfaires ont fait du fcalpel , ils ont né- gligé gén'ralement les précautions les plus néceiTaires , dans la recherche qu'ils avoient à faire MM. Bianchi(w) & Lorry, w< ont verfé l'efprit de nitre fur
les
(/) Les cinq derniers adverfaires anatomi- ques de M ô r g a g n i , & les deux Epi- tres imprimées à Leide en 1729.
(w) p. ci. edit. de M. Vandermonde.
( n ) Partout chez le même.
aux Objections. 53
es playes , ils n'ont pas vou'u fe fou- /enir , qu'un fluide difficile à borner > )ourroit aller ronger des nerfs & des égumens voiînis delà partie infenfihle. p'autres ont applqué le fer chaud '0) lux tendons : une chaleur auffi énor- ne n'a pu qu'être fenfible aux nerfs /oifins des tendons. On les a avertis, l'oter l'envelope des tendons ; des nerfs ;utanés innombrables parcourent le tiflu ;e)lulaire entre les tendons & la peau p ). Les laiffer fur le tendon, c'eft rxpofer à l'action du fcalpel , ou du Doifon, la feule partie véritablement fen- Ible du corps animé, ce font les nerfs. antagoniftes ont traité cette précau- lion de déplacée ( q ) , ils ne l'ont ja- mais prife (g*), ils ne parlent pas même des foins , qu'ils auroient du le donner pour feparer les nerfs d'avec les tendons , ils avoient raifen 1 cette exa&kude ne convenoit pas à leurs in- térêts.
C 3 En
(0) M. L aghi Epift. I.
{}) Heuermann Cbirurg. oper. T. III.
p. $4. T. L p. 49. ( q ) Le même au même endroit. '?*) M. Laghi chez Caldani Ep.
II. p. îf$. chez M. Fontana. p. 167.
5*4 Réponse générale
En effet c'eft en négligeant ces pré-- cautions , qu'ils ont obtenu des évéJ nemens contraires à ceux que j'ai vusJ M Raunitzki attribue aux tenJ dons un fentimcnr* qui dans quelque» unes de fes expériences appartient à lai peau (r), & aux nerfs dans d'autreaj (y) Car la paralyfie, la foibleffe du-l rable , & les accHens furvenus à fes ex J périences ne fauroient être la fuite d'u- ne b eifure du tendon. Les plus fages* de mes adverfaires ne lui ont jamaisr attribue des fuites funeftes. Les con*-i vulfions , qu'on a attribué aux incitons* de l'aponeurofe (/)» du péricrane 00 v de la dure mère ( x ) , font trop oppo- fées non feulement à tout ce que j'ai; vu 5 mais même à ce que mes autres^ antagoniftes ont vu ( y ) , pour: que ces observations puifient être juGI tes , elles ne fauroient être que les ef- fets* (r ) Seft. r. exp. ç. (/) Sedt. r. exp. 7. (/) Vandek B o s de vivis corporis huma*-
ni folidis p. 30. («) Lambekti chf. ii ( .r ) V A N D E l h 1 Ep. I. p. XXX , R a r>-
k 1 t 2 ki exp, y ( y ) On va les citer dans le cours de cette:
reponfe.
AUX Obje CTIO NS. Çf
fets d'une injure faite à des organes plus fenfibles.
Ce n'eft pas fur le raifonnemcnt , que je fonde cette imputation, e'-le tft établie fur les faits. On a verfé en préfence des cbfervateurs attentifs (z) des cnu- itiques* qui fe font répandus, on a a- buié des fers chauds ( a )-, dont la force s'étend bien au delà des parties , dont le fentiment eft en queftion. On a laifle agir le beure d'antimoine (£) , avec une force , qui a pénétré à tra- vers la dure mère , & qui a brûlé la pie mère , & peut être le cerveau. Tou- tes les lois qu'il a paru du fentiment , dans les parties naturellement in fenfi- bles , il s'eft trouvé dans les expérien- ces d'Italie (<:) que le tendon n'étoit pas bien Wcouvert, que le tiflu cellu- laire le recouvroit encore, ou que que!- qu'autre partie a été léfée. M.Lorry a bleffé ( à ) évidemment le mufcle , C 4 en
( % ) Everard. Audrich dans la Lettre III du P. T o b e t t i p. srtf*
(a) Tosetti Letter. IV. p. io.
(b) Tosetti I etter. 11. obf. f.
(c) Tosetti Letter. III p. 20g. Cal-
D A N I p. 2*72. 2-?$. 274- 278-
{ d) Journal de Medec. 175*. Dec. p, 409.
5 6 Réponse générale en croyant blefler le tendon , & 3& Bordenave ( O a remarqué a- vant moi, que les refulcats de ce me-r| decjn , qui font oppofés aux nôtres ,.| ne font venus , que d^ la violence qu'ii-1 faifoit aux parties voifînes. M. T o- ; s E T T i a découvert , qu'après un de; ces événemeus, oppofés aux miens, HesJ fibres charnues , qui rempliiToient Tin- î terval'e des fibres tendineufes du muG- cfre fe font trouvées bleflees. La même chofe eft arrivée apparemment à M8 Bianchi (g) •> l'animal n'ayant ref- fenti de la douleur, que lorfqu'on a pouffé l'inftrument deftrucleur dans le mufcle même.
Les preuves , qu'on a voulu tirer de l'homme même» font encore plus indé- terminées. Ce font à peu jflres- toujours des douleurs vagues, dont il eit impôt fible d'aflîgner le iîege. J'ai fait un exa- men réflechi^des obfervations de MM.
0
(e) Mercure de France 1757* Juin p. 144^ (/) p. 20Î.
( g ) Verfo il corpo del mufcitlo dit M. B 1 a n-- c h 1 p. 3. du recueil. Il eft vrai qu'il ne convient pas, que le mufcle ait été bleffe. Mais il ne fauroit répondre des faits de foi* garçon d'hôpital.
aux obje ction s. j7
Reimarus,Lottieri5 Vax-
DELLI, PeTRIOLI, LaMBER-
t i\ Delius, Whytt, B I a n- ghi, & Krause, & j'ai partout trouvé la même remarque à faire. Voi- là les faits de ces auteurs.
Je mets ceux de M. Reimarus à la tète (h)9 il fe reprend lui même, & convient, que la douleur des liga- mens n'avoit pas été bien forte. 11 au- roit pu ajouter , qu'il n'étoit pas fur r que ce ftiifent les ligamens , où le ma- lade fentoit cette douleur.
M. Lottieri (O attribue gra- tuitement aux ligamens & aux tendons des fymptomes , dont il pouvoir égale- ment aceufer les nerfs. Jamais cet au- teur n'a vu au jufte la partie , dont il prétend établir le fentiment. Le dé- tail en feroit trop long.
M. Vandelli dérive (^) les fymptomes , & la mort de différentes perfonnes des léfions de la dure mè- re, dans le tems qu'il reconnoiflbit dans C 5 ces
(b) 1. c. p. if. 16.
(' ) Dans le recueil dé Fabbr r, p. x%i>
C*) i
58 Réponse gênerai .2
ces malades mêmes , des ulcères cerveau.
M. Pçtrioli met le ficge de douleur furvenue à la fradlure de la rotule dans les tendons (/), fans don- ner de preuve de leur foufifran-ce-, & il produit la ftupeur , qui refulte des . ligatures r en faveur de la fénfihi-lité. des tendons , raisonnement dont il eit im* poffible de faifir la liaiflni.
M. L A M B£ R T 1 donne pour preu- ve de. la fenfibîlité du péricrane- la-di*- xninution des douleurs furvenue à une incifîon de cette envelope ( m ). Des- douleurs nouvelles 9 enfuite de cette in- cifion ? auroient prouvé d'avantage. La même remarque revient par rapport aux îigamens.-
Il eft très incertain, que ce fok le.* faîUa lata 5 qui ait caufé les douleurs 9- dom parle M. Delïus (n ).
M. W H Y T T attribue (0) une douleur viobnte & mortelle à Pincifion
de (/) p. zço. (m) p *iii U2. u?. (») Franktfi.be Aumerkungen T '. ï. p..t6zi
(a) Vbyfio'ogical Ejfxys p. iç?. La mène réaction s'applique à ua partage de c^t, auteur p. Xfc5. 128» MX.
AUX Obj ections. Ï9
: la capfule ligamenteufe , dans le tems que M. "Warner apurement pins chirurgien que lui * recommande cette opération comme le feu! remède efficace contre Phydropifie des articulations (p). M. Krause (#) cire la dou-eur du tibia poufle contre un corps dur & refiftant, mais ce font à vue d'œil les nerfs du crural antérieur , contournés autour du tibia & prefles contre le cran* éhartt de cet os, qui fouffrent darts cet- te occafîon.
J'ai cité de nombreux ténoignagss: en faveur de Pinfenfibiliié de la cornée,. Si d'autres auteurs (r) ont trouvé du fentiment à cette partie de Pœil, c'eft que la conjonctive la recouvre, & qu'il y a entre cetre membtane & la cor- née des branches de nerfs de la cin*- quieme paire, qu'ils ont irrités,
c 6 si;
(p) Pbilor. TrmfaH. Vol- XLIX. P. I.
(j) Von der Ze:zbarheit. Je renvoyé pour M. Bianchi à ion ouvrage même : reimprimé par. M. Vandermonde
p. f9. 6l.
(r) Vandelli^H. pj 2?8 IioT--
TIERI p. 2^9. L A M 3 ERTip. $ly,.
B\M-cai p. ci. x7?>.
4Q R E P 0 N S 2 GENERALE
Si les raifonnemens de ces autfura. font appuyés fur des expériences vagues^! ce n'eft pas un reproche, qu'on puiflTèÉ faire à mes défenfeurs. Une feule ex- périence fur les tendons , comme cella de MM. Far io n (/)> R obbiati (/), Tosetti (k) , Heuer-
M A.N N (*)& AN- DOUILLE (y\
ou celle de MM. Fontana, Z i n n. (z)* Verna 0)> BuzA.Ni.(i),. & Tespa(c) fur la dure mère doit convaincre un homme déprévenu. Ces favans ont mis à nu dans l'homme la.' partie , fur la fenfibilité de laquelle on eft en doute, ils l'ont touchée, ils. l'ont diftinguée des organes voifins , ils ont interrogé les malades , qui font convenus de l'infenfibilité de ces mêmes parties. Mes adverfaires par- lent d'une douleur^ dont la peau, les
nerfs
$f) Second Mémoire &c. Exp. 37».
(O Verna Epift. p. 24.
(«) Lettera 1 V. p. 1*. 17.
lx ) Opérât. T. I. p. 46.
iy ) Brtpp. de M. BoRDENfAv e.
(s) Premier fécond Mémoire fur h: pari.
fenjîbles. Exp. 71. («•) Epitre Gbs. 1. J-. (6 ) Ibid. p. 23. Ce) Tosetti JGrtÊor. IV. r. 1
aux Objection s. Si nerfs du ciflu cellulaire , & ceux des mufcles ont pu ècre le fiege,
C'eft un avantage , plus léger , maïs c'en eft un, que d'avoir de nombreufes expériences à oppofer à un très petit nombre d'obfervations contraires. Il e(t furprenant,que MM. Bianch i, Van. denbos, &Vandelli ayent crû. pouvoir démentir de fî nombreufes ob- servations , avec le petit nombre qu'ils leur ont oppofées > M. Girard a fait fervir le mèiiie chien à cent expérien- ces. Pouvoit-ii efperer * qu'un animal blefle 5u fois feroit fans douleur à la
5 une ?
Un le&eur impartial trouvera des réflexions à faire, que j'aimerois mieux bii abandonner. Prefque tous mes ad- verfàires ont écrit dans l'intention de réfuter : ce deffein anime chaque ligne
6 chaque expreflion de leurs brochu- res. Infenfibles à ce qu'ils avoient vu eux mêmes ( â ) ils ont foutenu des opinions, dont leurs expériences avoient découvert la fauifeté, Une grande par- tie de ces auteurs étoit d'une fede, qui de tout tems s'eft diftinguée par la vé- hémence de fonftile, ils n'aJmectcnt, d'aptes S ï a H l 5 d'auttes mouvtmens
dans
6z Réponse générale dans la maclvne animale que ceux qu'y produit l'aine immatérielle. Ils avoient un intérêt vifibie , que cette irritabilité , attachée à la fibre mulculaire , indépen- dante du fentiment , ne. s'eievat pas. Ge nVtoit donc pas pour s'oppoier à des erreurs <, qu'ils ont combattu > c'étoit pour défendre un flfteme adopte. C'eft le cas ce M. Whytt , de M. DlLIus & de M. Krause. D'autres ont per- mis a leur paflion toutes les petites injuftices, qu'elle infpire* lorique i'e~ quite ne dirige plus les aètions. Il yen s dans les choies , il y en a dans les exprefiions.
M. Krause a réfute des pacages, qui ne font pas de rnoi, il m'a anaque fur les expreffions de M. T I s s o T* M. B i a N c H I ( e ) en a ufe' de ma- irie ^
(O Il gîiak s'arasa îa qttalita à* inventer di quelle nome (l'irritabilité) Lettera II. d. 28. J'en avais nommé l'auteur , c'eft Gus- s o n prem. mem . fur les part. fenjîbl. & irriiubL p. 84. Dans un autre paffage M. B i a n c h .c. fe permet de d;re Dopo que/H ( & entre ces quefti que j'ai fUivis , il met nies propres élevés MM. Oeder & Zimmermann) noffro autore prfume à'ejjer il primo che abbia feoperta l'irritait Bra p. i j,
aux Objections. 6%
aie , l'un & l'autre , & M- Whytt avant eux > m'accule de m'être donné pour inventeur de l'irritabilité , moi > qui ai fait une énumération de ce qua vingt auteurs (f) ont vu avant moi , fur cette force du corps animé, & dont M. TayloR (g) approuve publique- ment le procédé -> en déiendant les droits de G L rs son. Le Médecin de Turin a tourné contre moi les preuves de ma candeur , & les expériences , qui ne m'ont pa? réufli , mais qui n'ont aucune liaifon avec notre difpute ( h ). Un autre auteur , ami ou fecretaire de M Biamchi ( i) i & qui ne fe nom- me (./) Premier mémoire p. 8$. J'y rejette t%r preiTement l'honneur i qu'on a voulu me faire de cette découverte. (g) Oratio anmvers* Harvejan. ann. 17*6". tb) Sed XVIII. XIX M. Biancht a fait un ufage fort adi oit de ces expé- riences, il en a conclu, que je revoquois mes refultats. Pour ofer en faire cet ufige , il a fût fem5lant de n'avoir re- ci, que dans ce moment même, mes ex- périences , p. 47. Un homme , qui vou- loit me réfuter, auroit bien^iu les lire , avant que d'écrire courre moi. 0; p. 1 çç. L'idée eft finguliere. M.H.uie h, dit- il 9 donne ces thefes pour diftraire mention dts tafteurfrj & pour battre la npagoe.
64 Réponse générale me point, a trouve dans l'innocent re cueil de mes thefes de pratique 9 de quoi fonder une critique des plus aine- res , & des plus recherchées , mais dont L'e'quité & la vérité émouffent les traits,
M. L A G H I s'eft prévalu d'un équi- voque Qk)9 qui rend le tifTu cellulaire fenfible , contre mes déclarations les plus, precifes, & maigre Terrata , qui redrefle la faute d'impreffion ( / ).
Quand on n'a pas pu refifter a l'é- vidence > trop déclarée > on a cru me faire de la peine , en citant des auteurs» qui ont vu la même chofe avant moi , on a oublié, qu'on produifoit des témoins irréprochables en ma faveur. M. Van- D E l L I (m ) convenait de rïnfenfibi- lite des ligamens : Mais il a trouve dans Fabrice, dans Rivière y dans G a L I E N même > qu'ils le font : ai- je donc moins dit la vérité, parceque d'autres l'auront dite ? Et cependant ? ces mêmes ligamens , dont je ne devois
pas
(O ExP, m
( / ) Premier Mémoire p. 22. "S L'ërrata p,
400. (w) Ep, I. p. LXV. feqq. M. Bianciïi me f?.it le même reproche Ep. II,. p *>
aux Objections. 65
pas copier Pinfenfibilité , ont du fentiment ( O > & beaucoup (0) même, dans les expériences de plufieurs de mes adver- faircs. M. Radnitzri m'a fait le ir:ême reproche, avec une indécence d'expreflîon ( p ) , qui lui eit particuliè- re , au fujet de la dure mère. On n'a pas craint > de renverfer l'ordre des tems pour m'attaquer du moins , dans ce qu'on croioit faire ma vanité. On a répété vingt fois avec complaifance (q\ que M. LoRRy avoit communiqué deux ans auparavant fes expériences fur l'irritabilité. Ces deux années nous ren- voyent à 1754. & mes expériences ont été lues en avril 1752. devant TAca- demie des fciences de Gottingue. Il y en avoit près de deux cent, il a fallu du tems pour les faire 9 aufli font- elles faites depuis 1748- jufqu'à 175 1.
On a cité avec emphafe la converfion d'un de mes élevés , opérée par une
diffec-
(«) Lamberti p. gi8. ( 0 ) Girard dans fa thete. (p) Citm Hatlerus ne fomniaret quidnm (q) Van-dermonde far la manier s vtJMhnner Ceffect humaine p. jji.
f
66 Réponse générale diiTeâion de M. G I R a R R d ( r ). Cet e'ieve* c'eft M. RamsPECK de Baie, qui a vu effe&ivement des expériences chez moi , mais qui ne m'en a jamais vu faire , ni fur la fenfibilite , ni fur l'ir- ritabilité. Il croit avoir vu effe&ivement un chien marquer du fentiment , quand on lui attaquoit la dure mère : mais il a été bien éloigne pour cela d'adopter les principes de ce jeune médecin , & il m'a marque fon deplaifir fur Tefpece de triomphe , qu'on a voulu fonder fur une decifion , qu'il eft bien éloigne de prendre fur lui
On a accumule (/) des expériences pour prouver contre moi, que le péri- crane eft fenfible , & je n'avois jamais dit le contraire ( t ). Prefles de me ré- futer , la plupart de ces auteurs m'ont attaque , fans m'avoir lu. 11 y en a eu,
qui
(r) Dans le Journal de Médecine. ( s ) IViM. V a n d e l l i Epiji I. p. XVIIL feqq. Epiji.. II. p. 27$. Lamberti r
S A N S E V E R I N I p. 72. &C.
(O Voici mes propres termes. On fera m'' eux dans cette incertitude de ne pm pro- noncer fur le p trier ane 5 & de remettre la decifion à d autres expériences. Second Mi* moire p. 14^
aux Objections. 67
qui n'ont pas attendu même mon (z*) premier mémoire > & je ne fais pas encore 9 fi aucun d'eux a eu la patience d'attendre l'expofe de mes expériences , qui fert de fondement a ce mémoire. Ces faits étoient publies , quand ils ont écrit, mais ils n'ont pas voulu fe don- ner la peine de lire , ce qu'ils avoient à combattre. M. B 1 a n c h 1 eft le feul , qui en parle , mais il ne les a fait qu'ouvrir , & il a écrit fans les li- re. M. Fabbri , qui a donné le recueiL des expériences oppofées aux miennes, a refufé à celles- ci la place indifpenfable, qu'elles dévoient tenir en. tre mes preuves. On a épluche (ans fin mes expreffions > qui ne font rien y & on n'a pas regarde même les expé- riences, qui font tout>
On a tourné contre moi (x) les pré- cautions mêmes , que j'ai exigées , <Sc on les a répétées , comme Ci je les avois négligées.
Je ne toucherai * qu'en paflànt les termes injurieux , que ces Meffieurs fe
font
( u) MM. Bian'c m, le Cat & D e-
L I U S.
C*0 M. Girard dans fa th£&
(S Réponse générale
font permis Ils ont parlé de do&rine empoifonnée (y) j on a imagine de faire intervenir le nom ennemi de Luther , étranger à ma communion , pour affai- blir des raifons appuyées fur l'anatomiei on a attaque mon caraâere (ans mé- nagement, & fans une ombre de pro. vocation de ma part (z). Eft - ce IV mour de la verke' , qui infpire cette chaleur ? Etoit - on avec ces difpofitions dans cet équilibre d'impartialité 5 fans lequel on ne fauroit pefer les raifons , que Pon entreprend de détruire ?
Il y a plus ; la plus grande partie de mes adverfaires eft tombée dans des er- reurs de fait très pofitives , oppofées non pas uniquement a mes expériences, mais à celles, que d'autres auteurs 5 peu
pré-
(y) Opinio venenata Girard p. 357. du recueil.
(#) Vo^ez le rancidwne fupeYfltiamente ad- dotto de M. Fe' p. 12. & le relie de* ïnjuftes expreiîlons de ce Médecin : la lettre violente d'un anonyme 5 imprimée avec le Recueil de Fabbri p. jçi. *ç$i <k toute la II, lettre- de M. Bianchi.
aux Objections 69
prévenus en ma faveur 9 avoient faites (a). MM. Bianchi (b) & PeTRIoli (c) afiurent^ que la dure mère sVleve non pas avec la refpi ration, mais avec le pouls des artères. M. Radnitzki eft allé plus loin , il prétend , contre le témoignage des fens , que le cerveau s'eieve dans Pinfpiration , & qu'il s'afaifle dans Tex- fpiration ( à ) > il cite deux expériences faites dans Phomme , & deux autres qu'il a faites fur les animaux , pour prouver un fait , dont la fauflete eft é- vidente. Comment en croire les auteurs fur des points mis en controverfe , s'ils ont tant d'averfion pour la venté , lors même qu'elle ne leur nuit pas ?
D'autres auteurs m'ont refuté par des erreurs d'anatomie. M. L A G H 1 ( e )
O) M. Lamure. * #
( b) fstter. II. p. 32.
(c) Racolta p. 2^6. pour la dure mère , car il ne absolument , avec un air in- citant , le mouvement du cerveau, p. 26-. 26F.
(d) S<cl. III. obf. I.
(e) Dans fa II. épitre , M. Caldaki nous rapelle utilement •> combien il eft
(é de faire de ces nerfs. Mais il a luivi les troues, dont on les fait fortir 3 &leà
a
7'Q Réponse générale
a fait defïiner pour des nerf* de la dure mère les petites artères du (inus ca- verneux. D'autres ont attribue aux ten- dons les nerfs de la peau , qui ne font places (/ ) , que fur leur far face : on eft aile jufqua donner des nerfs a la pie mère du cervelet (g). M. Lamberii a foutenu contre moi , que la fibre nmf- culaire elt cellulaire ( h ) , il en a parle comme d'un fait généralement reconnu,
M.
a trouve's entiers & fans branche , jufques dans leur paflage par le crâne p. 2^7, 2^8- 25>9- On a fait voir combien M. Laghi a différé de lui même fur les nerfs de la dure mère F o n t a n a p„ 1^4. M* Laghi s ''étant retranché hwlts variétés > on a montré , qu'il étendoit trop cette exeufe , & que la nature ne fe contredifoit jamais Caldani Ep,
C / ) Mr V andhii d?ns fa planche , dans laquelle on a relevé & la groiïeur des nerfs Font an a p. 18*. & fon oppofition» a M. 'Laghi p. 186. Les nerfs de M. Laghi étoient tranfparens Fontanap. 187. Caldani Ep. II. p. 40?. marque évidente que c'étoit un tiffo cellulaire.
(g ) Le même Ep. II. p. 2jç.
(*) P. $47.
aux Objections. 71
M. Bianchi a fait du corps humain un compofé de nerfs (j): dans le tems que perfonne n a prétendu voir de nerf encore fur la dure mère de l'épine du dos , fur l'arachnoïde 5 dans les cartila- ges, dans le placenta, dans les os mê- mes.
On n'a pas dédaigné de déguifer des faits plus palpables, & plus fimples en- core , que des faits danatomie. M. Bianchi s'eft paré du nom de M. Somis (k)-> il s'eft permis de dire, qu'il me réfute fur les inftances de cet aimable Médecin. Et fai devant moi les lettres de M. S o M I s 1 qui refufent M. Bianchi jufqu a l'apparence d'approbation, il en a agi de mène par rapport à h refpcélable Académie de Bologne , & il a prétendu en avoir été confjlté , M. Caldani s'eft cru obLgé de relever cette pré, enfion (^*). Le même profeffeur de Turin a cite une expérience de M VtRNA fur la fenfibilité du périolle (/), dans le tems même5que M.
Ver- Ci) p. i6{. é-7it. de M. Vandermondr, (* ) t.etter. II. p. i±. (^)Caldani UtKra II. p. 388- (O P. 4*.
yi Réponse générale V E R n a a publie en ma faveur cette mê- me expérience. Il a déguifé des faits(w)* que ce chirurgien a mis dans tout leur jour , & s^eil fervi contre moi des ar- mes } que la nature m'avoit fournies. Accoutumés à trouver par tout du fen- timent , ces Meilleurs en ont doué les objets les plus infenfibles , tels que le tiffu cellulaire ( n ) , & Pépiploon ( o ). SM a manqué a mes antagoniftes la connoiflance de l'anatomie 5 l'exaélitude de l'oblervation , le defintéreflement dans la critique? f équité dans les jugemens, & la fidélité dans les faits 5 s'ils ont op- pofé des expériences peu nombreufes,& peu précifes ,. & des obfervations vagues, aux faits les plus clairs , peuvent - ils efperer de détruire les faits prefque fans nombre, de mes amis réunis aux miens?
N'in-
(m) Voyez le nuflbn > dort Vhifloire eft raportée dans la II. Ep. fie M. Eiânchi p. 4*. r cueil de Faeeri * & le détail, que M. Verna donne de la même h iloire Epist. p. VÎ1L feqq.
(») LoTTlERI p. ^A Lamberti p. zi 6, Whytt phJioog. cjj. p. 120. jour l'état d'inflammation. Ici M Lopry fe îémit avec moi, & refuie le feutunént à ce tiffu.
O) BiANûJU p. XU
AUX OjECTIONS. 73
NMnfiftons pas fur des droits , que la fevere véricé ne pourroit me refufer , mais fur lefquels l'humanité me défend de preiTer mes adverfaires. Accordons leur qu'ils ont vu, ce qu'ils difent a- voir vu , que les animaux ont crié , "& qu'i's ont donné des marques de douleur , quand on a irrité leur dure mère , leurs tendons , leurs périodes : il refte à examiner , fi leurs faits eu les miens prouvent mieux, ce qu'ils doivent démontrer. Car j'efyere de mes contemporains la même confiai ce, que j'accorde à mes adverfaires, je mè flat- té, qu'ils ne voudront pas révoquer eu doute des faits , que je dis avoir vus & vérifiés tant de fois, pour lefquels je cite des témoins eftinvbles, & juges de l'art , & que tant d'autres anato- miftes defintérefles ont vu comme moi: je crois avoir donné ?ffez de preuves de ma candeur, & de mon attachement unique au vrai, pour ne pas devoir craindre d'ètie démenti fur des faits te!s qu'ils fent faifis par les fens* & (î Pou vouloit me refufer un droit, commun à tous les humains, il n'y a pas de na- tion en Europe, où je ne puifle don- Tont. IV. D ner
74 Réponse gekëkale
ner d:s garans de ces faits , qui les or vus comme moi.
Pofons donc en fait , que j'ai vu ^ ce que j'affûte avoir vu, & que mes ad- verfaires ont vu , de leur coté , ce qu'ils allèguent contre moi. 11 refte à exa- miner, fî leurs corollaires ou les miens ibnt plus fondés.
On a dit , qu'un animal peut être infeniibie par étonnement , par crainte ( V ) » & Par ftupidité , ou parcequ'une douleur plus forte étouffe une moindre douleur ( q ) : on aiTure , que de cer- tains animaux ont foulFert fans marquer de douleur les Icfions de la peau (r), & Faction de Péguilie , qui la perçoit. L'homme même a-t-on dit, peut avoir des dilfra&ions (/) dans lefquelles il eft infenfible aux injures les plus dou- loureufes. On a ajouté encore , que des parties du corps animal, dont ie fentiment n'étoit qu'obfcur dans l'état
de
Xp) Krause von der rcizbarkeit Compa- ( rez H o u s s e t Epitre I. ( q ) Lo T T i e r i p. 302. (r) Fabbri. T. 1. p. 208. BlANCHI Lettera 1 r. p. 48- LoTTiHi p. 2gf. JO Vandeh.1 p. 2*1.
aux Objections. 7^
fuite pouvoient devenir extrêmement fenfibles ( t ) dans l'état d'inflammation & d'éretifme s que les tendons , que le
iofte & les os mêmes devenoient fufceptibles de douleur, & que les chairs fongueufes ( tt ) , qui renaiflent fur la vies os 9 avoient un fentiment exquis. On eft allé plus loin, comme les expériences des animaux m'étoienc trop favorables , on a voulu établir u- ne différence entr'elles, & entre Phom-
, & on a efperé, que des parties infenfiblcs dans la brute pouroient a- voir du fentiment dans le corps hu- main (x ).'
Je croyois avoir prévenu une partie
de ces objections: j'avois averi, que
les animaux de mes expériences , & de
celles de mes amis > avoient été remis
.D 2 dans
(O Whytt Pbyjîolog. effays p. 120. ix6. 129. Mok a o o au rapport de M. R e i- K r a u s e dans fa dilT. fi* les caufti des marque* du fétus.
(«) Jenty T. 1. Ofteogen, p. xi.
( # ) Bianchi p. 170. edit. ds M. V a h-
9UM0NDI,
76 Réponse générale dans la tranquillité la plus parfaite (y) toutes les fois, que j'ai vou u éprou- ver la fenfibilité de quelques unes de leurs parties , & que j'ai attendu cette tranquillité avant que de toucher leurs tendons ? leur période , leur dure mè- re. Une dou'eur plus vive ne pouvait donc pas être la caufe de l'infen- fibilité , que ces animaux ont fait pa- roitre.
L'étonnement ne doit pas être aile- gué 5 dès que des animaux , dont les tendons paroiiloient infenfibles, ont vi- vement reîTenti les léfions de h peau ( z ) 5 & des parties véritablement fen-
fibles
(y ) Préface du fécond M?m. p. 108. Z i >; nJ Exp. iç. Cas tell Exp. 2. 4. ç. 7. 8.
5>. IO. 14; 2Ç. 47- 49. ÇO. $L $2. ç$ dM
ce recueil, Walsdorf Exp. 1. 2.
Tosetti Letter. i.-Exp. 1. 2. 8 Po^-
zi Lett. Kxp. 1. Paliani Exp. 1. 2. &c. ( z ) Z 1 m n Exp. 1 <; iv6. C a s t e l Exp
3. 4. f. 6. 7. 8. 9 10. *4- M» zo- 2I« 2Z
21. 2*. 25. 2*. 27. 2g- 29, 30 gl. gÇ
$£. 37. $8. 49. 40. 4L 4*. 43- 44- 49 4*. ço. ïi. Si. Ç$. S4- SS- *7. ^8. *9
tfO. "W A L S D O R. F Exp. I. 5.4. 5. To
s e T T 1 Lett. 1. Efp. 1. 2. J. 4- 7- 8
2>tf
aux Objections. 77 fibîes. Il feroit trop injufte de leur at- tribuer de h ftupid.té pour les tendons, d ns le tems qu'ils donnoient des mar- ques Ci vives de leur fenfibilité , quand on attaquoit la peau. •
Pour l'infenfibilité de la peau & des nerfe je ne l'ai jamais vue. Si elle a été obfervée, elle doit avoir écé l'effet d'un extrême affbibUflement, mais ce- la n'ote rien à la force de mes expérien- ces , où la peau étoit fenfible , & où les tendons &c. ne l'étoient point.
Je conviens que des parties fenfibîes le deviennent beaucoup plus , quand él- is font enflammées ; le nerf d'une dent cet état ne peut pasfouffrir l'attou- chement de l'air 5 ni l'œil celui de la lumi- ère. Mais il n'en eft pas de même des par- ties,que la nature n'a pas douées de fenti- D 3 ment,
Lett. H. Exp. 2. 3. 6. 7. 11. 12. iç. Broklesby Exp. 1. 2. $. 4. P0221 Lett. El- 1. f. 6. 11. 19. 23. 24. To- setti Lett. III. p. 210, Pâli A ni Ezp. 2. T o s. III. Graziani Exp. 4. Bianchi Exp. II. Lett. IV. p. 12.
1}. 14 C A L D A N I p. \l$. Ep. 2. p. 2«; v H O U S S E T. Exp. 2. p. }2*. T T S- S O T obs. I. & 2. F O N T A N A p. 17I.
*7*-
7$ Réponse générale menu pour les tendons, je les ai vu plongés ( a ) dans la matière de la fup-> puraton fans devenir fenlîbles. Les. poumons fu apurent tous les jours , ou voit des abfcès dans les reins, & la àa? re mère fouf£'e dans les Weflures du «rane, fans, que cet état contre nature ajoute de la fenfibilire à ces parties. Des obfervations réitérées doivent déci- der fur la conje&ure de M. Whytt, & fur la folidité de ma reponfe. De pe- tits nerfs découverts & irrités peuvent caufer une forte douleur, mais il n'en, fauroit naître là ,-pù les nerfs manquent abfolument.
L'homme s'élève au deiTus de la bête par les prérogatives de fon ame, & fou «orps même en .diffère par la grandeur de fon cerveau , par la perfection de fa main* par la rondeur de prefque tou- tes fes parties oppofées à la longueur,. qu'on découvre dans l'animal 5 & par la mollefle particulière de toutes fesj chairs , & de fes parenchymes 9 compa-* rés avec les parties analogues des a- nimaux de fa grandeur. Mais fes fens^ n'en font pas pour cela fupérieurs kp
ceux
( a ) Second Memoir, Exp je.
aux Objection?. ~9 ceux des bères. On connoit la perfection de leur odorat, de leur goût, de leur ouïe même 5 & de leur vue dans de certai- nes efpeces. Leur peau reçoit un nom- bre prodigieux de nerfs, elle eft r bile, & par confequent irritable, &iui fentiment paroit très vif dans toutes les expériences, je parle des quadru- pèdes. Les nerfs ne paroifTent pas cé- der en fenfibilité à ceux des hommes, à en juger par les cris & les convuU fions de l'animal, dont on lie les neifs. Mais enfin , aucune erreur n'a pu donner du fentiment à des parties* aux-
es la nature L'auroit refufé ? & j'ai
:dé moi même !a vérité du fait aux expériences de mes adverfaires , qui ont vu des marques de fentiment accom- pagner les léfions de la dure mère, du
on &c. Lobfervation feroit jufte, fi on étoit fur de n'avoir blelïe, que les parties , dont la fenfibilité n'a pas paru dan*: mes expériences. Mais on a pu blefler des parties voifines de cel- les , dont il faloit conftater la fenfibilité. J'ai fait voir l'ufage immodéré qu'on a
iescauftiques (b) des fers chauds (*), U 4 des
(b) p. ^ CO ibid.
80 RETONSE GENERALE
des piquures profondes, qui ont bleffe les chairs ( à ). J'ai rendu aux nerfs cutanés 5 dont les tendons font recou* verts , le fentiment dont on douoit le] tendons ( e \ Les nerfs voifins du ten3 don d'achille , des fléchiffeurs de la jambe * des capfules en général, de 1& p'eure , du péricrane , de la parotide n'ont ,pas été feparés par mes adveoj fairfs, quand ils ont cru voir du fen- timent à ses parties. Mais il feroit bien* injufte d'attribuer au tendon le fenti- ment d'un nerf, qui ne fait que pafler à coté de ui ? fans lui donner des bran- ches 9 ou aux parotides celui de la por- tion dui'e , qui pafle par cette glande pour aller aux murcles de la face. Un raifonnement également équitable leur accorderoit la pulfa;ion des artères , qui les percent.
Il y a plus : des nerfs moins connus; rampent fur la furface des artères , & du période. La carotide eft couverte fous le crâne des nerfs mous , qui naif- fciit de l'intercoftal & de la huitième paire. Frefque toutes les grandes arte*
reft
(d) p. ç*;
(O p. ci.
aux Objections. gi font environnées d'un plexus ner- .x. Sans des foins , qu'on ne s'eft pas donnés , on ne fauroic éviter ces nerfs en liant ces artères & en les ir- ritant , & on attribue alors aux arte* res le fentiment des nerfs, leurs voifins, mais qui font étrangers à leur fubftan- II y a fur le période du carpe des nerfs mous , qu'on n'a pas décrits en- core, & qui comme ceux du cœur font prefque fans folidité , il peut y en a- voir ailleurs. Ces nerfs feront fenfî- bles aux injures, qu'ils auront' à fouf- frir, fans que le périofte ait de fenfî- bilité. Ils ne s'y diftribuent pas, i]s vont aux mufcles interoifeux , & le périofte n'eft que leur chemin, comme les os du crâne font ce lui des nerfs, qui les percent , fans s'y diftribuer.
Il y a encore une remarque à faire. Un animal, dont on lie les membres avec rigueur , & dont on a enlevé la peau, eft dans un état violent de fouffrance , il n'eft pas étonnant? qu'il fe plaigne *• quand même on n'ajouteroit pas de nouvelles douleurs à celles, qu'il fent déjà : il peut donc crier, quand on pi- ■ que le tendon * dont on a enlevé !a geau, fans que ce cri prouve la fenlibi- D 5 lité
%z Réponse générale
lité du tendon. Mais fi dans cet et déchiqueté comme il l'eft par plufi* bleffurès (/) , on lui coupe le tendon jufqu'à la moitié de fon épaiffeur, fans que cette nouvelle injure altère fa tran- quillité , il faut que cette bîeifure fafle une impreffion prefque nulle fur fon urne. Sa tranquillité prouve beaucoup alors r & fes cris ne prouvoient rien. Mais une raifon plus forte doit dé- cider fur la confequence des expérien- ces des deux partis. On a cru jufqu'ici, on a cnfeigné prefque fans exception, on Penfeigne encore, que la bleffure des tendons, par exemple, fait nai- tre des convuliions , $ caufe les mala- dies dangereufes , c'eft elle, dit- on, qui manqua de faire périr Charles IX- Si effectivement ces accidens font la fui- te des léfîons du tendon, ils doivent naitre également dans les animaux, dont on bieiïe les parties de ce nom. S'il n'en nait pas dans les animaux , donJt ou pique , on brûle , on perce , on incife les tendons , ces mêmes accidens ne doivent pas provenir dans 1 homme
de
C/) Surtout dans les Expp de MM, Bias-
aux Objections. 83
àt l'injure faite aux tendons , que je nomme tant de fois.
Cette réflexion doit décider. Non feulement deux cent expériences , faites fur les animaux par mes mains , & par celles de mes amis , ont conbrmé l'innocence parfaite des playes des ten- dons : Mais de tant d'ennemis ardens à m'enlever jufqu'à la moindre de mes preuves, il n'y en a qu'un ou deux qui aient vu , ou cru voir une convulfion, qui fut furvenue après la bleflure d'un tendon, de la dure mère, ou des au- tres parties , fur la fenfîbilité desquel- les nous combattons (g). Tous mes autres adverfaires ont avoué Pabfence de ces fuites funeftes par leur filence 9 fi parfaitement oppofé aux intérêts de leur <îaufe.
Il feroit inutile ici de revenir à la différence , qu'on met entre l'homme & la bète. Les animaux ne fentent pas avec moins de vivacité les injures faites aux parties véritablement feniibles. On n'a qu'à comparer les fuites des bleffures des nerfs avec celles des léfîons du tendon. Les animaux les plus doux- D 6 (buffrenE
(g) p. s*
^4 R fi P O N S E GENERALE
fouffrent la douleur la plus infuppor- table, les convuUions les plus affreu— les , & prefque toujours la mort, quand on lie des nerfs un peu confiderables. Ces mètres animaux n'ont pas inter- rompu d'un moment l'ufage des menai, bres ,. dont on a brûlé ou piqué les tendons. Les accidens furvenus aux "bleflures du nerf, & leur abfence après celle des tendons, font la mefure de la fenfibilité de ces deux efpeces d'orga- nes., La nature parle elle même, elle crie aux maitres de l'art , les nerfs font ex- trêmement fenfiblesî craignez leurs lé- fions : les tendons font fant fentiments & leurs b!elfures fans confequence.
D'ai leurs on a fait fur les tendons de l'homme même des expériences pref- que femblubles à celles , auxquelles on a aflujetti les bêtes. On a prefle ( /j).r piquéî brûlé, cautérifé leurs tendons, & ces hommes ont fouffert ces léfions avec la même fureté & avec auffi peu* de fuites que de fentiment.
La dernière objedion n'auroit pas be- foin de reponfe. On me dit tranquil- lement ,
ib) Voyez mes expe'riences , celles de
MM, F A RI ON, TlSSOT, &C.
aux Objections. &>
lefnent 9 fuppofé que Vos expériences foient juftec , elles font également in- utiles, elles ne mènent à rien ni dans la phyfiologie ni dans la pathologie , ni dans la pratique. Je n'aurois pas attendu ce langage populaire , que d'un j homme fans lettres , & non pas d'un : cenfeur agrégé à la compofition d'un des plus anciens & des plus eftimés journaux ( h * ) de littérature. Eh quoi ? on fera fans fin des détails fur quelque petit os des narines , on fera flntté d'avoir trouvé une apophvfe nou- velle à l'os cribleux , ou à celui du pa- lais , on fera loué pour avoir découvert une mouffe, un champignon , une équa- tion , une courbe, éloignée à jamais des ufages des hommes. Mais il fera inuti- le de favoir, fi la moitié du corps hu- main eft fenfible , ou fi elle ne l'eft pas? Il fera indiffèrent en phyfiologie, de connoitre les frontières de la pro- vince fujette à l'ame , & des parties qui n'en reçoivent pas les ordres ? 11 n'y aura aucun avantage à connoitre la force irritable, les organes qu'elle a- ae , & les degrés de fa puiifance.
La
■• ) Feu M. Layirotte,
g5 Réponse générale La pathologie ne s'intéreffera pas au fiege des maladies & des douleurs , & la chirurgie verra d'un œil égal l'erreur & la vérité fur le danger ou fur l'inno- cence des bleffures , fur les léiions qu'elle doit craindre , & fur celles qui ne demandent aucun remède : elle ae gagnera rien à connoitre les. parties qu'il faut ménager & celles qu'on peut ou- vrir ou couper fans crainte. Un peu de réflexion ramènera ces critiques à re* connoitre , qu'on a pu. traiter mes ex* périences d'erronées , mais qu'il eft ab* fblument fans probabilité de les croire inutiles , dès qu'elles font vrayes.
Je termine ce mémoire par les corol- laires qui dérivent de ces expériences mêmes, dont je viens de défendre la réalité. Il faut compter entre les par- ties , dont le fentirrrent eft nul , ou du moins imperceptible dans les expérieru ces , celles que }e vais expofer : les tendons, la face extérieure de la dure mère, fa face intérieure; la pie mère, les. grandes membranes > les ligamens, les capfales des articulations. Je les appel- lerois volontiers infenfibles par elles mê- mes , en reconnoiflant, que quelques u-
AU X O B J E C T I 0 N 5, 87
nés d'entr'clles peuvent emprunter une cfpece de fenfibilité étrangère des neifs. qui marchent ou fur ces parties ou dans leur voifînage , à peu près comme les dents, bien infenfibles par elles mêmes, tirent des nerfs? dont elles font rem- plies, un fentiment , qui agit à travers la croûte éraaillée, & qui devient extrême, quand cette croûte détruite a-mrs le nerf à nu. La moelle des os pourra avoir un fen- timent du même genre , proportionné à la grandeur des net fs , qui s'y rendent, fi. effectivement il s'y en rend, car je n'en ai jamais vu, de très bons auteurs les font extrêmement petits (O* & d'autres conviennent , qu'on ne fauroit les dé- montrer ) k ). Les artères & les veines cellulaires par -elles mêmes , font uni- quement fenfibles à proportion des nerfs, qui fervent à animer des fibres mufculaires extrêmement fines,dont l'ex- iftence eft incertaine pour les veines. Mais des nerfs paffagers, qui accompag- nent
( i ) Bertin ofleolog. T. I. p. 21 f. 217.
218. (k ) Je x t y courfe ofanatonu T. I. p. ci.
8<. pour le 1 « les os,
88 Réponse générale nent leurs paquets pourront être d'un' fentim-ht coniîderable , qu'on ne de-j voit pas attribuer à ces vaifleaux. Lai fubftance des os ne paroit pas avoir'î de (entament : j'ai vu trépaner des perfonnes , dont l'imagination frapéeH d'une douleur violente dans. la tète * éïoic Tunique mal , qui fouhaitoient-, cette opération pour fe délivrer de ce mal , & qui avoient l'efprit parfaite- ment préfent : ces perfonnes ne fenti- rent pas la moindre douleur dans une longue & ennuyeufe perforation. Mais fi effectivement il y a des nerfs dans le paquet médullaire, compagnons de Partere nourricière , ces nerfs con- ferveront apparemment dans le canal,, qui y mené , leur nature fenfible.
S E c T. II. Sur l'irritabilité.
IL n'y a prefque point eu de contef- tation fur les faits , par lcfquels j'ai tâché d'éiabljr les borner; & le fiege de cette puiffance. Si M* Laghi (0
n'a
(/) EP. IL p. xo.
aux Objections. - 89 n'a pas réuffi à tranfporter aux cavités gauches du cœur les prérogatives des cavités du coté droit , c'eft que l'ex- périence eft difficile à faire , & que cet auteur n'a pas vuidé (m) ces derniè- res cavités avec l'exaditude indifpen- fable. 11 a même reconnu la vérité de 9ion expérience (m* ). Si l'on a cru voir de l'irritabilité aux artères , on a pu voir dans le tronc de- l'aorte» frapé de l'étincelle éU étriqué (?/), une con- traction , dont je ne fuis jamais difcon- venu,& dans d'autres artères une contrac- tion forcée par le poifon chymique.quej'ai Souvent obfervée, mais qui n'a rien de commun avec la vie , & qui lubfifté a- p*ès que tout fcntiment & tout mou- vement vital eu éteint ( o ). Si M.
BlCKER
( m ) M. Caldani Fa remarqué.
( m * ) F O N T A N A p. I S2. CalDAN'I
EfJjK II. p, 473.
| n) M. V a n d e n b 0 s de vivis cor for. bum. folici. Ex p. 9.
( o'J M. V a n d e n è o s convient de cet'e vérité E*p. 9. & il avoue , que le t pcl ne produit aucune contraction dans les artère- Ex.\ 10. il a vu* comme moi* que le- artères des grenouilles ne le coû- tent pas Exp. 1 1.
5«> Réponse générale B i CK E R m'oppofe la contraction des deux troncs des veines caves ( p , je l'ai trop fouvent vue, & décrite trop cxa&ernent . dans l'ouvrage même, qu'il combat ( #) , pour que cette obferva- tion, puifle me regarder. Si M. Lorry a vu de la contraétion jufqu'au méfen- tere (r), au médiaftin & auxvifceres ( s ) , c'eft que l'huile de vitriol en don- ne au titra cellulaire même, & aux té- gumens des animaux morts & refroi- dis : cet auteur a confondu même en parlant de la peau ( / ) , & du médiaf- tin OO > Ie retirement élaftique d'une membrane morte, avec une force vi- tale. M. B i A n c H i eft tombé dans ia même erreur en parlant des nerfs ( x ) & des artères (y), dont il cite le ref- ferrement dans les bleffures.
Si quelquefois l'irritabilité du cœur n'a pas paru plus durable ■> que celle
des (p) De naiura corp. bum. p. 46. 47. (#) Dans plufieurs Expp. de la fedt. XVII. O) Journal de Medec. ïjfS. Dec ( s ) Ibid. 1757. Janvier. (t) Ibut. J7<;5". Décembre. («;) *7*7 Janvier. (*) Ep. i. p. 175. édit de M. Vax-
D E P. M O N D E.
(y ) p. 171. . 172-
AUX O B J E'CT 1 O NS. ©I
des mufcles, je n'en fuis pas difconve- , nu (0> c'eft le refulrat de mes pro- r près expériences faites fur les animaux I à f'dng chaud , c'eft dans les animaux j'ai toujours vu le I contraire.
Si Poil lîr l'irrltabi'.
- avec la fer.fibilité , fi l'on a même con- fondu ces deux puiffances ( a ) , on n'a pas fait attention apparemment aux rai- fons fans réplique , qui feparent ces deux forces : l'amour du fiftème a em- porte les auteurs de ces erreurs à des extrémités , qui répugnent aux notions communes du genre humaii>(£). D'un coté le nerf (c) . & la rétine n'eft pas
irrira-
(2) Second Memoir. £?c. p. 386.
( a ) M. L o r r y les confond partout II n'a eu que trop d'imitateurs. ÎV1. H o u s s e t a travaillé dans fa III, Lettre à marquer les bornes de ces deux différentes- qua- lités.
(b j M. W h y t t 5 pour revendiquer k Pâme des forces , que je trouve dans le corp^i attribue tous les mouvement & la gravitation même, à une crafe im~ matérielle. Effays p. 287.
( t ) Mes expériences ont été confirmées M. Caldani p. j}o. iiz. & me- tte
92 Réponse générale
irritable, & des animaux deftitués de tète de cerveau & de nerfs le font in- finiment , la fibre animale peut donc être contradtible fans le fecours des nerfs. Si enfuite les mufcles , même des animaux à fang chaud , demeurent irritables , après avoir été arrachés & feparés du fiege de Pâme, ce n'eft donc pas cette puiflance immatérielle 9 qui produit leur contraction, comme elle les produit dans les plantes. Je le répète , la feniihilits eft en même raifon, que le nombre des nerfs & leur nudité : au lieu que l'irritabilité eft en générai efll raifon ( à ) du nombre des fibres expo- fées à la caufe irritante. Les douleurs; les plus fortes ne caufent pas toujours^ des mouvement (^e ) 5 & les convuliïons;
les;
me par M. Gj r a r~d. Le« expérien* ces ce M. Lorry rapportées dans le Journal de Médecine ne iauroient être op- pofées à celkb de M Caldani, qui a employé le microfeope & Fctincelle: électrique , faus découvrir de contraction» dans le nerf. ( d ) Elle n'eft donc pas comme la fenfi- bilité, loi de M. W h y t t Ejfays nJ
( e ) M ii l l e r Iseben-ftunden p. 1 17. Pby- Icf. Trcmfaâ. 17 îî- p. 244.
aux Objections. 53 .les plus violentes font fans douleur: le fentimenc refte aux parties paralyti- ques, que le mouvement a abandonnées. La fumée du fouffre détruic le fenti- ment, fans détruire l'irritabilité (/)* : les vapeurs eauftiques détruifent l'irri- tabilité du cœur même fins caufer da dou'eur (/*), quoiqu'on aie voulu pofer pour axiome* qu'en enlevant le ientiment on ^fuprimoit cette dernière pûiflànce (g ).
Si Ton m*'a difpute, que le Ciegc de l'irritabilité fut dans le gluten ( h ) de la fibre animale , & fi on a cru pouvoir attribuer avec plus de raifon cette for- ce à la terre même , dont la fibre eft compofée , on paroit ne pas avoir pris garde , que les animaux les plus jeu- nes font les plus irritables ( h * ) i au lieu que la dureté , & par confequent la proporcu n de la terre , eft dans les différentes parties du corps humain? &
dans
(/) BlCKERp 40.
(/*) Caldani Ep. II. p. 169. 570. (g ) W h y t t p. 199.
( b ) W H Y T T p. 184. SCHREIBER
Ahnvgcj}. Mal. p. 90 Gaubius pa- tbolog. p.. 76. 77. And r e M de irrita- bilitate p. $4. (-6*) Andrew de mitab. p. 4. î^.
94 Réponse générale dans les difFerens âges , <5c dans les dit.' ferens animaux , preique toujours en raifon inverle de l'irritabilité (6**).
Si par une hypothefe directement op-- pofee a la précédente on a confond^ ( i ) l'irritabilité avec la puiflance élaftiq on auroit bien dû feparer une puiiïance vitale (^) d'une force , qui refre avee le cadavre , qui s'y augmente même avec le deflechement * car une corde ce mufique eft plus élafîique, que l'inteftin dont elle eft faite. On s'elfc prévalu d'un degré d'elafticité commun à toutes les parties animales , mais qui eft b en éloigné de produire l'irritabilité 5 la mê- me ou elle domine le plus , comme dans le cartilage & dans le tendon (/).
Si on a voulu faire part de la puit fance irritable a la peau , parcequ'elle
fe
(i**) Voyez les raifons qu'offre ici en ma
faveur !YL R o s n e r de laéle n. 6o. (i) M. BianchiîM. Lorry 1755".
Dec. 1757- Janvier. (k) M. Caldani la fepare p. $34. auffi
bien que M. Schreiber Almageïi.
p. 90. (/) M. Lorry convient qu'il n'eft pas
irritable 1756". Dec.
aux Objections. y 5
fc contra&e 5 par le froid ( w) & par de certaines paffims, je répons, que cette expérience ne combat pas l'irrita- bilité , telle que je l'ai définie. J'ai fait entrer l'attouchement violent d'un corps étranger dans ma définition ( H ) , par- ceque mes expériences ne pourroient pas le découvrir fans ces attouchemens , & j'ai regarde par confequent comme dé- pourvue de toute irritabilité une partie, que ni le fer , ni le poifon chymique , ni qnelquautre ftimulus , dont je me fervifle , put faire entrer en contraâion. La peau n'eft pas irritable dans ce fens , & Ton irritabilité trop généralement ré- pandue 5 trop uniforme ( 0 ) , & dépour- vue de fibres > qui puifïent l'exécuter , paroit d'une autre efpece. Le froid con- tracte en effet & les folides , & les flu- ides , & les corps même entièrement
dé- ( m ) Cette objection a été Couvent répétée,
on la trouve chez M. Bi anchi p.
I7J. de l'édit de M. Vandermon- .jd e , chez Rrause I. c. chez K u h k
de nonmillh mufculorum mom?ntis p. 15.
14. chez Vandenbos de viv. corp. un. folidis p. 59. (n) Premier Mémoire p. 7. (0) M. Bicker a bien ienti cette dif- :iue , aufli bien que M. Andréa
96 Réponse générale dépourvus de vie. Si Ton veut abfolu- ment la reunir aux paries irritables in faudra lui trouver des fibres mufculai-2 res, ou lui en attribuer d'invifibles.
Si enfin on a cru pouvoir étendre uifl certain degré d'irritabilité a toutes les parties du corps anime/ (p) . au tiflii. cellulaire ( p * ) & aux nerfs mêmes (q\ on le lùuviendra ? que dans tous mes mémoires je ne difpute point fnr une puiiTance cachet aux fens , que je n'ai parle' que d\,ne contraction 5 qui s'offre aux yeux , & que j'ai du «, par ma définition même , écarter de là clalïe des partaes irritables tout <» ce qui ne fe contracte pas d'une manière vifible après une irritation extérieure. j'abandonne volontiers aux conjt£lures des favans l'empire des êtres invifibles* des vailTeaux, que les yeux ne découvrent pas , & des fibres mufcul iresi que les fens ne^fai- fiirent point : ils peuvent à leur gré
dou-
( p ) L o R r Y des alimens p. 27. Bicker de fiattiY. buman. p. 44. 45 • 4^. 47. van Geuns de vita p. 20.
( P * ) van Geu n s p. 17.
( q ) GaubiusI. c. p. 2^8. van Geuns p. 19.
.aux Objections. douer ces parties des puiflances^ qu'ils trouveront utiles à leurs fîilemes. Mais j'ai parle en anatomifte, en obfervateur* & plus timide , que ces auteurs 5 je me fuis borne' à ce que j'ai vu.
Après tant d'attaques & de reponfes, nie fera-t-il détendu de me feli iter des progrès , que l'irritabilité a faits. Les plus habiles gens (> ) ont reconnu le privilège > que la fuperioiite de cette force donne au cœur ; prefque tous les modernts font regardée comme la fource ( s ) de tous les mouvemens de la machine animée , & comme la nature (t) même,& on l'a reconnue indépendante des nerfs (**). Si j'avois a me plain- dre y ce feroit du trop d'ufage qu'on a voulu en faire. Peut-être trouvera-t-on
M.
(r) G aubi u s p. 74. Cigna p. 74. MM. Winter Orat. inaug. Franéke'
p. 80. W H Y T T p. 525. P E T RI NI
praef. Andr EiB p. 22.
(S) GAUBIUSp. 71. 72. BlKKBR p.
60. Cigna n. 2. p. 18. van Geuns, An d r e b p. 4ç. (t) De M an de Natur. hum. p. 10. Bj
c. p. 47. van Ce u n s p. 33.
Tom IV. E
93 Réponse générale M. le Comte de Roeder (») trop obligeant * quand il a place l'irritabilité entre les découvertes de la Nation Ger- manique.
( u ) Memoir. de J'Acad, de Berlin T. XL
XXXI,
XXX.
R E P 0 N S E
A LA CRITIQUE D E
M. Whytt.
i
/
( ioi )
JE donne ici la reponfe * que f avois préparée aux critiques de M. W H y T t , avant que de préparer une reponfe ge'neraîe II peut y avoir quel- que petite répétition vis à vis de cel- le-ci. Mais le loilir m'a manque pour la refondre.
Je viens de recevoir un mémoire de M. ¥hytt, entièrement oppofe à la première édition de celui , que j'ai publie (;/). Je pouvois m'attendre à voir paroitre cet Auteur entre mes adverfaires. Préoccupe des opinions Siahliennes , il ne pouvoit voir de bon œil un principe de mouvement différent de i5ame,lui,qui n'en veut point reconnoitre dans les animaux de matériels ( o ) fans en excepter la pefanteur. J'avois d'ailleurs (p) donne un extrait de fes ouvrages (q), E 3 acccm-
(») O'firvations on tke fenjibility and irrita-
bility of tbe parts of men and oîber animais
Edimburg. 175s. 8. (0 ) Obferv. p. 187. 188. (p) Relation es de Ubris novis fafc. III. p
is6. cqq. ( q ) Effai on tbe vital and otber involuntary
motions of the animais Edimburg. 175 1. 8.
102 Re?, a la Cri t.
accompagne de quelques remarques ^ pour en limiter kes conclu(ion>. Cet ouvrage m'attaquoit par tout.
M. Whytt tache de faire voir» que je fuis aile trop loin dans mes corollaires, & par rapport a la fenfibi-- lité * & p;r raport à 1 irritabilité'. Ce; ne font pas les expériences , qu'il atta- que (r ) y il n'en a point fait pour in- firmer les miennes ^ il nen veut qu'aux raifonnemens. Dès lors notre paix efl aifee à faire. Je ne puis être fenfible, qu'à l'accufation d'avoir avance des faits il al avéré ; pour tout ce qui peut être opinion , je ne dois pac efperer d'y avoir été a l'abri de i'erreur.
M Whytt paroit avoir écrit avec une efpece de hâte. Il en règne des marques dans fon mémoire. Il répète* il nie 9 il avoue , il reparle de la même imtiere dans des endroits fort éloignés de fon ouvrage. Mon extrait en va être un peu plus difficile a faire, je dois raprocher les raifonnemens de mon adverfaire , & leur donner tout leur jour & l'ordre * qui leur manque.
Voilà
O) Je parlerai ci après de celles? qu'il a faites fur l'effet de l'opium , & qu'il croit oppofees aux miennes.
de M. Whytt. 103
Voila fes cloutes fur i'infenfîbilite des tendons. Une douleur moiis ( s) fn te ejl effacée par une douleur plus vive. L'a- nimal dont on a coupe la peau ne fenc pas la nouvelle douleur , moin- vive , que lui caufent les bleiïiires des tendons, , du périofre Cette obje£tu>n ne peut plus avoir de force aprè- les expériences du P. Pozzi II a eu foin d'ouvrir la peau vingt- quatre heures ( t ) avant que de bleOèr les tendons ^ le pe'riofte ou la dure mère. La douleur de Pinci- fion de la peau avoit eu tout le tems de b'effacer , & ne pouvoit plus empê- cher le (entiment , qui devoit refulter des nouvelles bîeflures faites à rani- mai.
2. L°s tendons ont été des mufcles (w). La chair mufculeufe ejl fenfible , les ten- dons doivent l'être. On voit dans les en- fdns & dans le fétus des portions de r.aifcle , qui font tendineux dans C adulte £5? dans le vieillard.
E 4 Je
(O Obfervat'ons p. 107. & les fuiv.
(t) Dan? les expériences faites à Florence, & publiées dans la lettre à M. Antoine L a g h 1 , qui fait partie de ce recueil. T- IL p t19. feqq.
O ^ p. 118.
104 Rep. a la Cri t.
Je ne crois pas qu'il foit aife de prcu« ver, que les tendons dont il s'agit , celui d'Achille , celui des extenfeurs de la jambe , <3c en général les tendons longs ayent jamais été de la chair. Mais s'ils Tavoient été* ce raifonnement ne con-; cltiroit rien contre l'expérience. Il en i fuivroit uniquement , que la chair du mufcle , en devenant tendon, a change de nature , & qu'elle eft devenue infenfible en devenant teniineufe (u * ). M. Whytt ne fauroit refufer cette explication , putf- que , de l'aveu de tout le monde , 6c du fîen même > le tendon n'eft pas ir- ritable.
3. La dure ntere , la pleure, les os ont des nerfs ( x ).
Je m'en raporte là defïus a la reponfe générale (y%
4. Putjieurs parties du corps humain , la toile cellulaire , les cartilages , les liga- tnens , tes tendons * les membranes &
la
( u * ) Voyez ce que MM. Fontana & Cald ani ont répondu à cette ob- jection , que M. L a g h 1 n'a pas manqué de faire T. III. p. i83. feqq. & 5 78. 379.
(.#) p. 1 19. 120.
00 p. 28: z9. 30. jr.
de M. Whytt. 105 la dure mère même 5 ont feu de fetifibiliti dans leur état naturel 9 mais elles en ac- quièrent par les inflammations ( z ).
Cette propofîtion confient un aveu par rapport aux concluions, que j'ai du tirer dermes expériences : je ne les avois fai- , tes que fur les parties faines > <3c j'en ai bien conclu , de l'aveu de M. Whytt* que la dure mère 1 & les tendons , dont on redoutoit fi fort les blefll ires 1 n'ont aucun fentiment dans l'animal, qui fe p rte bien , feul objet de mes ex- périences.
Pour leur fenfibilite dans l'état malade, JM. WhytT ea auroit du fournir des preuves , & ii n'en a point fourni de precifes. Quelque petite branche de nerf, qui traverle la cellulofite , de la vérita- ble peau ^ dont les couches intérieures plus lâches ont paru appartenir a la toile cellulaire , peuvent devenir fenfibles par l'inflammation. Elles l'ont toujours ete, elles le deViennent d'avantage , comme la choroïde & l'uvee le deviennent dans les ophthalmies.
M. ¥h y t T offre ici des experien- t 5 ces
(*) p. m. & p. 124.
io5 Réf. a la Cri t.
ces vagues des articulations devenues 00 douloureufes dans les rhumatifmes> desblefluies occafionnées par les faigné- es ( h ) y une capfule percée avec dou- leur ( c ). Pour rejetter ires obferva- tiens y il en faut d'également precifes ; il faut oppofer a un tendon , trouve" in- fenfible dans les pondions les plus pro- fondes un tendon qui ait fenti le coup de la lancette : il faut comparer a la dure mère brulee fans douleur ^ une dure mère , qui l'ait été avec des convulfions. Les bleflures faites à l'occafion de la fàignée, Tincifion de la capfule, ont pu hit accompagnées d'une bieflure de nerf, elles ont du Pêtre , puifque la na- ture ne peut être en contradi&ion avec elle même > & que cent & cent expé- riences ont démontre7 qu'on coupe , qu*on déchire les tendons, fans que l'animal s'en relfente.
5. Mais on a vu le tenJon du biceps piqué dans (^) une fa ignée fe trouver gonflé extrêmement > £•? M. v. S w 1 i>
TE N
C*) p. *I2<S. (£) p. 12g.
(O p. iji. (d) p. 125.
D E M, f HIT T. 107
ÏEN rapporte des convulfiom univer-
\ furvenues lor [qu'un chirurgien eut
faifi un des tendons qui pajfent le long du
cakaneum ( e ).
M. f HYTT paroit avoir oublie 9 que les tendons n'ont de fon aveu * que peu ou point de fentiment, vérité qu'il reconnoit plus d'une fois [fa & qui ne fau- roit fubfifter avec les faits, qu'il rapporte ici, qu'en attribuant les douleurs & les convuî- fions à une partie différente du tendon. Il eft trè- poffible , que le chirurgien de M. v. SwiETEN ait tenu dans fa pincette le nerf tibial pofterieur voifin & com- pagnon des tendons. C'eft l'unique moy- en de concilier fa relation avec les ex- périences de M. Farjon ( g ) & les miennes ( h ) * renouvelles depuis peu E 6 dans
(O Comment. Apbor. Boerb. T. I. p. 241.
Cetie expérience eft tirée des leçons ver- bales de BoERHAAVE.
(f) p. 161. 19?.
(g ) Second Mem. fur les fart. fenf & irrit.
fcd. 1. exp. 54. (£) Exp. 30. )i. &c.
o3 Rbp. a l a C r i t.
dam l'hôpital de Berne fur le tendon d'Achille (î).
6 M W h Y T T parcourt encore en détail quelques autres parties du corps humain , auxquelles il con erve le lenti. ment que je leur ai refofe. Telle eft la cornée, elpece d^épiderme ou d'on- gle , dans lequel on n'a jamais vu de nerf , & que j'ai perce fans que f ani- mal s'en fuit plaint.
Mais la cornh fent le doigt qui la tou- che t la fclêrôtiquè mo ns feufible que la corme le feaî <i? fnêhfe ( ^). M. WhyTT n'a jamais touche la cornée ni la fcle- rot -que y il a touche la conjon&ive en- tre laquelle eft la cornée y ou la fclero- tique il y a des nerfs , comme il y a des vaifïeaux. Et M. W H Y T T un moment après avoue , qu'une aiguille caufe une douleur à peine perceptible en perçant cette même cornée ( i ). Devoit • il après cet aveu donner cette membrane pour une preuve ^ que les membranes ne font pas infenfibles ?
La
(i) Expp.de M. Bes,dot a 14. de ce recueil.
(k) p, 11?. 115. (/; p. ii*. •
de Mr. ¥hytt. 109 La moelle de Vos ne(l pas infenfible (m) ajoute M. Whytt en allé- guant une expérience de M.Duve R- ney, J'avois cité cette même expé- rience ( n ) : j'ai dît 1 que je n'en avois pas là deflus ; )\i donné la raifon pour laquelle il eft difficile d'en faire (0).
Il faut faire une playe cruelle pour parvenir à la moelle des os. Il eft dif- ficile alors de juger , fi l'animal crie pour la douleur d'une bletîure énorme , ou s'il fe plaint d'une douleur nouvel- le. Une feule expérience ne fi.ffic pas pour conftater la fenfibilité d'une par- tie, qui eft évidemment cellulaire, & dont les nerfs n'ont pas même été dé- couverts.
Les reins ne hiffent pas que d'avoir de la fenfibilité ( p ) -> quoique moins grande que la peau. Un médecin ta trouvé en fa.fint la néphrotomie.
Je n'ai pas refufé aux vifeeres vn foible fentiment. Il faut l'avoir (bible, pour ne pas fentir le fer plongé dans
leur
Oï- )• TIO. HT.
(« ) Vremier Mémoire p. z6. (0 ) P- M-
GO P- 114. Telle que les tendons dit M. LaghijFohtaka p. 1 9&.,
no Rep. alaCrit.
leur fubftance (r). Les pierres, qu'on a tant de fois trouvé dans les reins des hommes qui n'en avoient pis le moindre foupçon , & qui n'avoient ja- mais refTenti la moindre douleur ( s ) de ces corps étrangers plantés au milieu de la chair des reins ^concourent à prou- ver ce que je viens de dire.
Les artères doivent être fenftbles puif- qrfelles [ont capables d'irritation dans les inflammations ( t )„
Il faudrait avoir démontré 9 que l'ir- ritation des artères caufe l'inflammation, & ce îieft encore qu'une conjedure , qui ne fauroit reav^rfer des faits. J'ai fait une infinité de ligatures 5 fur ies artères, & toujours fans douleur (**) de la part de l'animal ( u ).
Le cœur tfeji pas mjenfible , çf? />*> périence ^Harvey, qui t'a trouvé tel9 ne mené qu'à une conclufion précipitée (x ).
J'ai
( r ) Secft VIII. du fécond Mémoire.
( s ) Heers , S a u m a i s e de ccJcul. p„ ci. Sydenham de mi £t. craent. Hsurnius. Antoninm de Po?.zis & d'autres auteurs cites par Allen in addend. p. $$.
{t ) p. 118.
( t * ) Voyez les expp de M. F o ir t a m ju
( u) Second Mémoire p, 217.
O ) OjîclV, p. 156.
d e Mr. Whytt, iii
J'ai bien expreflement fait le cœur fenftble (y) parcequ'il eft mufculeux3 & quil reçoit des nerfs. J'aî dit ailleurs qu'il cft plus irritable (z ) que fenfible: je n'ai parlé que d'après l'expérience. Il eft,avec lesinteftins, la partie la plus irritable du corps humain ; & puifque, dans un homme vivant ? il a fènti à pei« ne la main qui le preflbit, il eft donc moins fentibîe que l'œil , que la peau dénuée de l'épi 'erme, & que la plus grande partie des parties fenfibles Je ne me ferois pas attendu à voir une ex- périence , que H A R v E Y conte avec ui^fentiment marqué de Ton inr.porran. ce , traitée avec ce mépris par un cicoien de la grande Bretagne.
Je paffe à l'irritabilité : c'efWur cet- te propriété de la £bre mufculaire j que M.W h Y T T s'eft étendu le p us, & c'eft elle , qui apparemment m'a attiré cet ad- verfa re. Il n'a pas cru pouvoir fouffrir, qu'on mit une autre caufe à coté de Pâme, feule fource du mouvement du corps ani- mal félon lui. Les mouvement des végé- taux,
(y ) Premier Mémoire p. 37.
U) p. 46.
112 R E P. A LA CrIT.
taux , analogues à ceux des animaux, leur accroiflement , leur fécrétions , font-ils donc produits par les âmes ?
Il feroit trop diffi:ile ici de donner de l'ordre aux critiques de M. "W hytl Il vaut mieux fuivre celui qu'il leur a donné. Les artères, dit- il, les conduits excrétoires font véritablement irritables. Il tire fa preuve de la néceiTité de leur attribuer cette propriété ( a ). Comment expliquer fans cela l'inflammation , qui fuit l'application des corps acres & fpi- ritueux faite à la peau , ou aux yeux. Les artères fe vuident bien après la mort, & fe dégorgent dans les veines (£). La lalive accourt àl'afpedt d'un aliment agréable ( c ) , l'urete^e paroit irritable^ à ) , quand une pierre le paiïe.
Je ne crois pas avoir donné lieu à tou- tes ces critiques. Renfermé dans les expériences, je me fuis conten é de rap- porter ce qu'elles m'ont appris. Le mi- crofeope mille fois employé ne m'a pas montré de changemens ( e ) dans le dia-
* mètre
(a) P. 138. 1?* (£) p. 140. (O p. 141.
(<*) p. 14?.
( e ) Sï<L\, IV. du Mémoire fur le mouvement
dit
DE MR, WhYTT. 113
mètre des vaifleaux , pas même quand j'y ai fait une fente fine dont le moin- dre changement > & le moindre agran- diflement devoit fe préfenter à la vue. Malgré ces expériences je n'ai pas re- l'irritabilité aux artères (f) > & fi die , que je n'en ai point vu aux u- reteres, aux veines, aux conduits excré- toires (g), je n'ai dit, que ce que mes yeux m'ont enfeigné. Les contrac- tions d'un vaifleau de la grofleur de l'uretère doivent être Lion (bibles , dès qu'on ne peut pas les appercevoirj mal- gré les irritations les plus pu i flan tes (fc), qui cauferoient des convuifions dans le ta oindre des mufees.
* Les rai fou s de M. W hytt ne me perfuadent d'ailleurs pas. Les caufes de l'inflammation f nt trop peu connues en- core , pour qu'on puiïfe en tirer des con- clufions plus fortes , que les phénomè- nes les plus vifihles. L'irritation des peti- tes artères, devroit les vu.der plutôt
que
du lang Exp. r6. 67. £9. 70. 7Ç- 7*« 7f- 81. 84- 8*. 91- i*o. iqq. ioi.&c. Sedt XI. du fet orîd Mem. fur Ph ritabiliti.
(.0 M<moir fur F irritabilité, p, 57. ^3,
( g ) p. ç8. iyî.
(£) Monoir. fur r inhabilité p. 291.
114 Rep. a la Cri t. que de les groflir , fi elles étoient des mufcles creux. Le paflage des pierres par l'uretère eft l'effet des convul fions des mufcles du bas ventre , plutôt que de celles des uretères mêmes,
C'eft à peu près la même reponfe que j'ai à faire à M. W h Y t t fur la contraction de la prunelle. Il croit qu'el - le demande néceflairement un mufcle orbiculaire (0* & qu'il faut en admet- tre , parcequ'on en a befoin (/^)pour expliquer ce phénomène. Cette manière de raifonner eft bien dangereufe. La nature peut avoir mille moyens, qui peu- vent produire un effet: la reftteindre au feul moyen , que nous imaginons , & qui nous paroït pollîble , c'eft raifonner co-mme le nègre fur ksmouvemens d'u- ne montre. Il y a un efprit qui la meut , dit-il , & il eft prêt de l'adorer. Il explique les mouvemens de la mon- tre félon les principes de Stahls il lui afligne une ame, parceque lui même il fe meut , & qu'il a une ame. Pour moi , dès que je ne vois pas un muf- cle , pas même avec le microfcope, pas
même
(O P« 144. 147-
(k) WHYTT objfl p. T4J,
de Mr. Whytt, 115 même dans les plus grands animaux , je ne crois pas être en droit d'en affir- mer l'exiftencc. C'eft encore la même chofe à l'égard de la dilatation de la pru« neile, ou du retrecifîement de l'iris (/). Les expériences font voir,que cette mem- brane n'eft pas irritable dans le fens > que le font les mufcles ; fon retrecifle. ment eft l'ouvrage du repos, de l'opium^ de la mort (i»)i & je ne crois pas dès lors , devoir lui attribuer des fi- bres.
M. Whytt avoit écrit, q# la fi- bre mufculaire agit par des contrarions & des relachemens alternatifs (w). J'ex- cepte de cette loi !a veffie de l'urine , dont la contraction s'achève fans dif. continuer, & fans relâchement, qui s'y
inter-
(O M. Fontana vient de faire une expérience , qui rend à la fenfibilité de la rétine , tout ce qu'on a voulu ac- corder à l'iris. 11 a détermine la lumiè- re par le moyen d'un cône tronque à ne fraper que la prunelle, fins toucher Piris, & la prunelle {s'eft également refferiée quand on a renforcé la lumière Caldahi Epitr. II. p. -$6%.
( m ) Second Mémoire fur r irritabilité fe<ft. X.
OO Ejfcds on vit*! mot. p. 18. 143.
n6 Rep. a l a Cri t.
interpofe (o), M, Whytt lie fau- roic nier le fait* mais pour fe fauver de la confequence, il aime mieux nier, que la veflîe ait des fibres mufculaires ( p ). C'eft s'oppofer à l'œil , & au gen- re humain. Mais les inteftins Te con- traient de la même manière , quand on en coupe une portion* elle fe renver- fe fur elle même, & le bourlet, que forment les fibres longitudinales devient toujours plus gros * fans qu'il y aie d'alternative , dans lequel il diminue (q). 4p4. Whytt refufera-til des fibres mufculaires aux inteftins ?
M. Whytt m'aceufe d'avoir refu- fé à la veine cave fa force contradive (r). Je l'avois bien établie dans ce mémoire même * contre lequel fes obfer- vations font écrites ( s ) , & dons un nombre prefque fuperflu d'expériences (/). D'ailleurs cette veine a dans le
voifi-
( o ) Premier Ment, fur Urrit. p. 64.
( P ) Oh fr valions p 1 ço. 1 $ 1.
( q ) Second Menu jur firrit. exp. 4^. 40c.
£OS. 407- 419 420. 4iz. 42$. (r ) Ofo. p. 14T.
(j) Fremier Mem. fur rirrit. p. ç8. ( £ ) Second Mémoire fur P irritabilité E#p*
47?- 482. S2S. Ç17. Ç}°- 55i. ***. $45'
S48- Ç4* Ï5?. ni- **°< i*7*
DE MR, WhYTT. 117
voifînage du cœur , des fibres charnues très vifibles. Je laifle au lecteur à re- lever cette apreté à me contredire, qui porte M. Whytt à me prêter des erreurs contraires à mes fentimens , pour avoir le plaifir de me les reprocher.
Je pafle touc ce que M. Whytt écrit fur l'irritabilité de la peau , & du dartos ( u ). Eife&ivement ces membra- nes font affectées par le froid , qui les roidit & qui les durcit : foit qu'il vienne de l'air, ou de la fièvre, ou de quel- que violente paflîon. Cette efpece d'ir- ritabilité diifere elfentiellement de celle que j'ai décrite, parcequ'elle ne fuit pas l'irritation mécanique, ni l'a&ion des poifons. Elle n'entroit pas dans le plan de mes expériences i elle ne peut pas être imitée fur les animaux , & elle ne les contredit pas.
Mais je ne paife pas de même la cri- tique que fait M. Whytt bientôt a- près. Il dit que j'ai été très malheureux ( x ) en feparant l'irritabilité de la fen- fibilité, & en niant qu'une de ces pro- priétés
(a) p. iç2. 153. ( * ) p. 154.
H8 Réf. à la Cri t. prietés fut dans la proportion de l'au- tre. Cette expreffion empèchera-t-elle M. Whytt de convenir * que le nerf çft de toutes les parties du corps humain la plus fenfible , & que cepen- dant il elt fans irritabilité (y ). Peut- on après une expérience auffi décifive affirmer encore, que ces deux proprie, tés croiflent & diminuent dans la mê- me proportion.
Après une preuve de cette force je puis me paiTer d'examiner, fi Pcftomac (3) eft plus fenfible que les inteftins. Je l'ai trouvé tel dans les coliques d'ef» tomac que j3ai fouffertes -, je me trou- vois foulage ^ & mes angonfes finies, dès que la douleur avoit pafle dans les inteftins. Mais je ne puis me difpenfer de relever une expreffiou de M. Wi^TT ( a ). Il rn'accufe d'avoir allure , fans en donner la moindre preuve , qu'un mufcle peut être irritable, fans avoir re- çu de nerfs de la nature. Et cepen- dant M. Whytt rapporte lui même
les
(y ) Premier Mtmoire fur ^irritabilité p. 44, 4f Second Mémoire Jttr* firrit. Exp. 20 j. 204. 2cy lq6. 207. £o8- 205.
(z) W r Y t T obferv, p. 15 c.
(a ) p. *S8.
D E MR, WHYT T ÏI9
les' preuves , que j'en ai données ( b ). Un mufcle -> dont le nerf eft lié , perd paifaitement lefentiment, fans que pour cela fa choir cefle d'être irritable* Peut-on après cette expérience , vérifiée plusieurs fois ( c ) , difconvenir > que l'ir- ritabilité n'a pas befoin d'être excitée par des fenfations. Il n'y a qu'un feul parti à prendre pour cela & M. W H Y T T l'a pris (d): il faut affirmer que famé fent, non dans le cerveau , mais dans h partie même; ou bien il faudra dire, que Pâme raifonnable refide à la véri- té dans le cerveau 5 mais qu'un autre principe Tentant à adlif anime toutes les parties du corps , & le met en ac- tion , après que leur communication avec le cerveau e(t interrompue (*). Mais on s'exoofe alors à la plus évidente con- tradiction. Un homme nefencrien, de ce qui arrive dans un bras dont le nerf e(t lié ou coupé , il en fent aufïi peu l'irritation, que fi ce bras n'exiftoit
pas.
(b ) p. IÇ9-
( € ) Secend Mémoire fur timtabiliti Exp.
24-?. 24S- 246 2 7. 248. ( ^ j P 168. 169. i;o. 171. (O p. 170.
izo Réf. a l a Crit. pas. Irritez cependant les mufclcs de ce bras ils fe contracteront , à la fuite ,v à ce que croit M. Whytt & par l'effet, d'une fenfatiou (e*), qui ivex- ifte pas pour Tanxe > à laquelle on l'at- tribue , & qui par confequenc n'exifte point.
Ce raifonnement revient avec plus de force pour les inteitins (/) , les muf- cles (^) d'un animal arrachés & fepa- rés de fon corps , pour le cœur du traître, qui bondit dans le feu dans l'expérience de Bacon, des portions du cœur & d'inteftins , qui rampent , qui fautillent, qui fe contra&ent, à l'oc- cafion des irritations ( h ). Eft>ce en- core i'ame , toute préfente à fon corps qui produit ces mouvemens , très du- rables
( e * ) Les difcîples de, M. Gaubius, partifans de 1 irritabilité générale , aban- donnent ici M. W h y T t> & rejettent la perception, qu'il voudroit rendre nécefTaire à la contraction que produit l'irritation van Geuns p. 4$. 44.
(/) Second Menu fur l'irritabilité Exp. 411. 427. 460. 461 462. 46"$.
(g) Oeder^ irriu p. ?.
(b ) Premier Ment, fur ? irritabilité p. <}o.
DE MR. WHYTT. J2I
rr.bles dans la queue des lézards i com- me je viens de voir dans un de ces gros lézards verds des pais chauds, & dans une vipère. M. Whytt fe retranche ici tantôt dans une divif;bilité de Pâme (/), qui exifte en même tems & dans le corps & dans la partie de ce corps qui en a été retranchée, & dans les parties diviftes de cette partie , opinion dont il fouhaiteroit de revenir ( ^) , & tantôt dans l'ignorance, dans laquelle nous femmes à l'égard des fubftances imma- térielles (l). Mais cette ignorance ne va pas afTez loin pour nous empèihcr do fentir notre aniC) & d'être convaincu?, qu'elle refte en entier après la fepara- tion d'un doigt , fans qu'aucune colo- nie en foit partie pour animer ce doigt, & pour y exciter des mouvemens à Poe- cafion des irritations. L'ame de ce doigt , qui n'eft plus la mienne , & dont je ne fens plus les fenfatîons , fe- roit Purement , dans l'opinion de M. Whytt , une portion d'ame entière- ment feparée de celle qui m'anime. Totn. IV. F Jai
( O Ejfay on vital motion p. lit. (k On. p itfo. igi. ( l ) Qbs. p. 174.
122 Re.p. a la Crit.
j'ai dix 5 & je fais gloire d'apprendre que c'efl le fentiment de M. Albi- nus, que l'irritabilité eft un privilège de la chair animale, qui n'eft pas bor- ne à la clafle des animaux pourvus de nerfs 5 & que par confequent une £bre peut être irritable fans être fenfible. La fibre végétale Peft dans bien des oc- cafions. M. W hytt revient contre ce raifonnemenr. Ces infe&es 9 dit il , dont vous parlez^ ont une efpece de cer- velle, & des nerfs, qui en naiiTent) ou même des nerfs , qui fe forment fans qu'il y ait de cerveau (w). Et puis il fe retranche encore fur notre ignorance de la ftrudture de ces animaux.
M. Whytt pouvoit fe fouvenirf* que cettejgnorance eft abfolument con- tre lui : c'eft lui qui affirme les nerfs de ces infe&es. C'eft à lui de démon- trer des parties, que les fens defa vouent.
Les polypes, une infinité de coquil- lages 9 la yafte claiTe des infe&es mi- crofeopiques font fans tète, fjns nerfs, & fans aucune diftindlion de parties. Et cependant ces animaux font plu* ir- ritables encore , & fouvent plus agi es
que
(#0 Obf. p. 16 4,
DE MR. WHYT T. T2?
que Phomme même. L'expérience dé- montre, que , dans Phomme & dans Pa- nimal, le mouvement mufculaire fe fait fans fenfatioib& que dans les infedes il Te fait fciis nerfs, il peut donc être indé- pendant des fenfarions & des nerfs. Et puifque Pâme de M. Wh y t i habite également toutes les parties du corps qu'elle anime, pourquoi veut- il fi for- tement un moment après, qu'elle ne fauroit habiter que les neifs , & ne itn.ir que par hur moyen?
Les objections que fait M.WHYTT ( o ) contre le fiege de Pirritabi ité pla- cé par préférence dans la partie gluti- neule de la fibre animale ? plutôt que dans fon élément terreftre 9 ne vont pas elfentielleinent contre mon fiftème. Voyant l'animal entier d'autant plus ir- ritable , qu'il reflemble mieux à de la gelée, voyant l'irritabilité parfaite des animaux gélatineux, & voyant l'irrita» bilité diminuer avec Page & avec la par- tie gélatintufe de l'animal^ j'ai cru trou- ver dans cette gelée ^ plu ôt que dans la terre , qui ne s'a'tire point & qui F 2 eft
(w) Oh. p 1*8 Sec.
(o> oh. p. i8* f^q.
\z\ Rep. a la Cri t.
clt parfaitement friable , le (iege de cet- te contra&ibilité , dont la glu morte & fepatée de l'animal conferve comme des rertes , puisqu'elle fe contra&e avec for* ee après avoir été étendue.
Les efforts qu'il fait ( p ) enfuite pour faire voir, que la fenfibilité augmentée ajoute à l'irritabilité des mufcîes fonc fuperflus : la chofe eft inconteftable , & je ne l'ai jamais difputée. J'ai fait de nombreufes expériences pour aflurer la part , qu'ont les nerfs dans le mou- vement des mufcles ( q ).
Il n'en eft pas de même de la pei- ne * qu'il prend peu après (r) pour faire voir * que je n'ai pas découvert cette propriété de la fibre mufculaire. Je croycis lui avoir épargné cette peine, & j'avois (s) fait tous mes efforts pour empêcher* qu'on n'otât à de célèbres au- teurs les pas qu'ils ont faits, vers la découverte de h vérité. J'en avois ci- té bien plus* que M. Whytt n'en cite, & il paroit y avoir, dans Ton af- fréta-
(p ) p. I5>f. &c.
( #) Second Mémoire fedt. IX. art. 2* m (r) p. i»*.
(O Premier Membre p. g}.
be Mr. Thytt, 125
fedlatîon à réitérer cette hifto're de l'ir- ritabilité, un defTein marqué de prévenir le le&eur contre moi, en le laiiTant croire, que j'ai quelque part aux efforts qu'ont fait mes amis pour m'amibuer l'irrita* bilité. 11 eut été de l'équité de M.Whytt de marquer les pas , que j'ai fait de plus. Mais il a craint apparemment d'afFoiblir fa cenfure par cet aveu.
Il m'a fait un crime ( t ) peu après d'avoir nié , que l'opium détruit l'irri* tabilicé du cœur. 'S'il avoit lu les ob- fervatiotis,qu^i faites là deflus M. S proe- GuL Pi en Anatomie à Berlin,
& alors m^n élevé, & que j'ai faices avec lui ? M. Whytt ne nrauroit pas fommé (u) de révoquer un fait, que j'ai vu , beaucoup plus de fois, qu'il ne croit avoir vu le c ntraire. 11 eft tout (impie. L'opium donné à un chien détruit prefque toujours le mouvement périftaltique & l'irritabilité du ventricu- le & des inteftins ( x). Le même o- F 3 pium
( O Obs. p. 206. & fîi' tout dans le 2. Tome des effays £f observations fhyjiccd anà littcrury before a focicty at Edimbztrg. ( u) Obs. p. ni.
O) Exp. 2**. 272. 37?. 444- 44*. 4*1*
4<;2. 4{î. 4^8- Expp. de M. S p h o e «.
If. 21. 22. 22, 24. 2f.
iz5 Rep. a la Cri t.
pium n'a jamais tué de chien (^ ) à que'que dofe qu'on l'ait donné : il n'a donc pas détruic le mouvem.nt du cœur ni fon ir i abilité. Pour la grenouille, dont le cœur, arraché, & plongé dans. une fo;ution d'opium ,a bientôt celle de battre (*), il eft fur, qu'une dofe de dix grains d'opium forcée dans le ven- tricu'e, la fait périr. Mais alors même: le cœur confer voit fon. irritabilité ( a )• Pour le chien dont le pouls a dimi- nué p <r Tinjecftion de l'opium faite dans la cavité du bas ventre «(£), & par le retranchement des cotés; des violen- ces pareilles ne fauroiènt fournir de preuve en faveur de la puiflance de l'opium.. Des blefîures aulîî cruelles dé- truifent la v'e fans le fecours de cette drogue,- & M. Whytt outre vifî- blement les chofes* en aiîîgnant 1^0 (c)- pouls par minute à un chien. Ce nom- bre eft trop grand pour être obfervé,. & il eft furement exceflîf. Le chien
peut: (jy) Sproegel exper. circa venena. exp.
IÇ. 17. 21. 2.4.
-O) p. io<?.
(a) Second Mémoire exp. $28. ^19 ÇU.
( b ) Dans une expérience d'un élevé de
M. WlIYTT obs. p, 210,
c) p. 2ir.
DE MR. WHYTf. 127
peut avoir ico pouls dans cet efpace de te m s.
Comme dans un ouvrage plus nou- veau (/f) M. Whytt. a renou- velle fon accufation , & que je m'ap- pêrcois même, qu'il lui importe plus que je n'avois d'abord cru , de me corn- battre fur l'effet de l'opium, je vais pro. pofer ici Tes objections, & tâcher d'y repondre.
M. WhîTT a fait des expériences fur les grenouilles. L'opium appliqué en différentes manières a diminué le nombre des pou1 s dans un tems donné : au lieu que la deftruâion de la moelle du dos & de la cervelle ne les diminue point. Il a éventré l'animal , & l'a plongé dans la folution de cepoifon: le pouls s'eft affaibli , les pouls ont été moins frequens j & même dans une plus grande raifon, quand on a con- feivé le ilftême nerveux, & dans une moins grande, lorfque ce fifteme a été détruit. Donc l'opium agit fur le cœur par le iîfteme nerveux 5 donc la force F 4 irri-
( à ) Ejjays £<? obfervatiom pbyjïcal ami littt* rary T. II. art. 10. réimprima dans le jour- Bal de médecine.
128 Xep. a l a Cr i t.
irritable du cœur dépend de fa fen* fibi'ité.
M. W H y T T a réûtil , dans ce rai- fonnement, des erreurs de ait, & de raifonnement. Car l'opium diminue. fî peu !e nomb e d?s puTations , qu'il l'augmente, h échauffa , il fait fuer 9 il porte à la tète , & f it l'effet de Pefprit du vin. M. Whytt auroit pu trou- ver ces vérités démontrées par fon com- patriote M. Young-e (f), & elles ont été mi^es dans le plus grand jour dans le nouvel ouvrage de M. Tr al- lés (/).
Mais l'opium diminue furement le fentiment de toutes les parties du corps animé. L'irritabilité du cœur a donc u- ne caufe différente du feo^r^nt. C'eft h conclusion oppofée à celle de M. "Whytt, que je tire de fon expé- rience.
Il eft probable au refte * que l'opium donné à un degré immodéré , & tel
qu'il
x (O A treatife of opium Edimburg. 17$ 3. p. xGi. &c. L'opium, dit-il ^ raiefie le tang & l'echatife, il augmente la fièvre &c. . ( f) Ufns opii fiîubris è? noxius Breslau 17^7 4.. Exp. 1. 194. & P- &9 feqsj. & partout dans cet excellent ouvrage.
B E M R. WHY T T. 129
qu'il le faut pour tuer ranimai , fait ce que font preVque toutes les caufes de la mort , & qu'il diminue effecti- vement les forces de l'animal > car il ne fauroit tuer , fi ces forces n'ont pas été détruites. L'efprit de vin, en cau- fant l'apoplexie, ne tue également, qu'a, près que le pouls eft devenu rare & in- termittent.
Pour l'époque de la mort , ou celle de la diminution mortelle du pouls ar- rivée un peu plutôt ou plus tard , c'eft une expérience trop fine pour avoir de la force > à moins d'un nombre consi- dérable de répétitions, qui conftateroient ce fait. L'opium tue plus vite félon M. Whytî) quand le genre nerveux eft confervé, & moins vite, lorfqu'ileft dé- truit ; propofition paradoxe & qu'il fau- droit démontrer jufqu'au fuperflu, pour la rendre vraifemblable. Les animaux e- ventrés périifent généralement tantôt plu- tôt & tantôt plus tard, fans avoir connu les forums pernicieufes de l'opium: ledefle- chement du cœur expofé à l'air eft la caufe la p-us promte de leur mort, & mille petites caufes peuvent l'accélérer ou la retarder, comme la chaleur, l'ouverture du péiicarde. Peut-être la feule vifeoûté F y de
130 RE P. A L A C R I T.
de l'opium arretoit-el'e le mouvement du cœur mécaniquement, & co.nne toufe forte de vilcoiné le generoit. Ce qui eft plus fimple, c'eft que M. Whytt. a prouvé contre lui même, que le poulss fublifre, & qu'il n'eft màiie aiïoibH que fort peu, par la deftruclion du fîftè.ne nerveux. Le mouvem?nt du cœur ne- dépend donc pas du fen-iment.
D'ailleurs M. Whytt m'attaqua* fur un fait , qui n'eft pas dans mes mé- moires. J'ai dit (g) amplement, que dans mes expériences le mouvement pé- rift*kique avoit été détruit , & que ce- lui du cœur s'étoit confervé. C'étoit !a nuiTeté de ce fait, qu'il filloit démon- trer , & non pas fe répandre en expé- riences , qui n'alf jibliflent pas mon ex- gofé.
L'expérience eft encore une fois ve* nue à mon fec >urs , après que j'eus calqié cette reponfe. M. FoNTANi a trouvé , o\v de nombreufes expérien4- ces, fa::es fur les grenouilles mêmes 9 , dont M Whytt s'eft fervi , que les expé.iences de mon aiverfaire font er-
ronnées
(g) Scqhà Mémoire p. 38*. Exp. $28. 52*» 5Si.
de Mr. ¥hytt. i 3 ï nées par leur fondement. L'cpium appliqué extérieurement , & fa folution appliquée aux nerfs de l'animal * ï\q leur ote rien de la force, par laquelle ils font entrer en contraction les muf- cles (£*)• H détruit fi peu celé du cœur, qu'il n'end mmage pas même celle des mufcîes fournis à la volonté. Ceft L'efprit de vin (g**)9 qui rend les nerfs fourds à l'irritation : il fait é- gaiement cet effet, foit qu'il fuit joinr a la force de l'opium, foit qu'il ngiiîe par lui même. Il feroit véritablement furpre- nant , que M. Whytt eut pu pren- dre le change fur un fait auffifîmp'e, s'il ne s'étoit fervi d'une expérience vicieufe par elle même. Ouvrir le ven- tre d'un animal, lui couper la tète ou la moelle de l'épine , pour connoitre les effets plus ou moins lents d'un poîfon, n'éroitfurement pas le moyen d'appren- dre U vérité.
L'expérience qu'il a faîte fur lui mê- me ^ à travers la peau & 'es mutcles , ( b ) ne de voit pas l'autonfer à critiquer un F 6 honi-
(j[*)FoNTA>u expp. 44. 45. 46 47.
48. 49. $0. 'I. ^2. Ç$. 54, CaLDAM!
re flexion XXXV.
( g * * ) Id^.m ibid.
) Obs. p. 13,
132 Rep. a la Cr i t.
homme , qui a facrifié tant de fujets à la mécanique de la refpiration. 11 eft confiant , que les intervalles des cotes fupérieures , & ceux des cotes inférieu- res , diminuent très eontilerablement d^ns l'expiration ( i ). Pour les cotes moyennes, dont la fermeté eft à peu près égale, leur diftance demeure à peu près la même.
Fir-iflbns par une bagatelle. Je me fuis piaint des termes trop forts de M. Whytt, Cet auteur Te trouve inno- cent * il me croit prêt à révoquer cette plainte (^), dès que ferai de fang froid. Il avoit pourtant, dès le com- mencement de fon ouvrage ( / ) , apel- lé la fe&e , qui dérive le mouvement de la matière , & dont il me met , trop b Jje & t.op abfurde pour être evu br Jfée par d\iutres que pur les plus petits philosophes , exprellion, qui faitallufion à l'éveque Berkley, & qui charge les phyfiologiftes Mécaniciens d'être a- thêes. Il avoit traité ma critique de Po-
pinion
(O Exp. de rei^ir. n. 6t. 6z. 61, 64. 6f*
66. 67. 68* (k) Ohs. p. 22$. C /) Ejfay on vital mrtion p zl
de Mr. Whytt. 133 pînîon de "W 1 l l i s fur la vitalité par- ticulière du cervelet d'extrêmement mal fondée (m). Il fe permet tout contre ceux , qui ne font pas de fa fecfte , & il trouve mauvais, qu'ils s'en apper- çoivent, & qu'ils fe plaignent des in- jures qu'on leur dit. Maligne ferrum accipiunt , c'étoit la plainte de Néron. Il paroit d'ailleurs oublier , qu'il eft l'agrefleur à mon égard. -
11 y a encore quelques autres raifon- nemens dans la critique de M Whytt. Mais je n'ai pas cru 9 qu'ils puiflent tromper un ledleur attentif, & les re- ponfes ont toujours le malheur d'être trop longues.
(w) Effay on vital motion p. $39. Tout le monde convient pourtant de nos jours, que cette théorie eft fans anpai ence de fondement Voye* ks expériences 149. iço. 151, !^2. m}. iÇ4- du fcond Ment, [tir les parties inïtuù.es.
X X X ï.
REPONSE
A L A
LETTRE deMr, Lamure.
y 137 x
JE me fais prefque de la peine d'a- jouter à tant de reponfes une der- nière réplique , qui ne regarde que moi. Je connois affez la jufte indifférence du public fur les petits chagrins petfonnels des auteurs. Ce juge redoutab'e fou- haite de connoitre la vérité : il aime aflez qu'on en découvre de nouvelles ; mais il regarde avec froideur > & en quelque manière avec pitié les auteurs , qui le difputenr la petite g^ire d'avoir vu les premiers ce phénomène même 5 qui l'intérefle. Ne nous plaignons pas du public , il oonnoit allez les reflbrts, qui font agir les favans , & qui leur font communs avec le refte des hom- mes. Quel autre inftind pourroit les paflîonner , jufqu'i oublier la décence & l'équité , fi la vanité & l'amour pro- pre, uniques mobiles de l'homme aban- donné à lui même, ne lesfaifoient agir.
Après ce début on fent bien , que la date de la découverte de ce mou- vement ne fait pas mon ambition. J'ai :ru de bonne foi qu'elle m'apparte-
138 Réponse a la lettre noit ( x ) , & j'ignorois parfaitement la part , que M. Lamurb pouvoit y avoir. J'ai vu dans la fuite, qu'il a* voit obfervé & avant moi , puisque je l'en crois fur fa parole , & en rnèrn^ te vis que moi (y ) , & qu'il avoit publié peu de mois après moi (s) cette me. me pulfdtion des veines , phénomène
afîsz
( x ) Lettre à M. Walsdorf imprimée avec la thefe Experiumiia cire a motiim ce- rebri, cerebeili ? dur* matris Ç$ venarum in vivis anima ibus inftituta Gotting 1 7 5 j. le 29 de Mars.
(y) Il a commencé de meilleure heure fuivant' fes dates, qui commencent en février 17^1. q i finiiTent en Mai 17^2. Il faut remarquer? qu'il n'y a que trois ex- périences du commencement dei 7c i .,& que. toutes les autres font de 1752. pofterieuras aux miennes î qui font d'ailleurs beau-, coup plusnombreufes. Les miennes preu-l uent date du 4 Odl. 1751. fécond memoi re p. 160.
( 2O En Août iy)*ô & moi le 22 Avril cfc la même année. J'ai entre les mains h lettre de M. de R f a u m u h datée di 2 Août 175*. il y aceufe mes expérien ces fur le pouls des veines analogue i la refpiration? que je lui a vois communi quées le 26 de Janvier 17^2. Elles ne f trouvent pourtant que dans le tome cU mémoires de 17c S- ( bijloire p. 13-5.11. S.
de Mr. Lamure. 13.9
confia rable , & que je lui fais bon gré cL m'avoir aidé à étab'ir par fes expé- riences. Ce n'eft donc pas un motif de vanité, qui m'occupe, c'en eft un au- tre, que je crois plus permis. M L A.- M u k t ne fe contente pas de fe défen- dre de m'avoir copié, & en vérité ce foin étoit bien fuperflu, après <mes ef- forts pour le convaincre , que je n'a- vois jamais penfé à lui faire cet outra- ge. Il a quitté une defenfive peu né- ceiîaire, contre foffeiifîve moins néceC- faire. encore ; S^il a tâché , du moins par des infinuatrons & des tours d'et prit , de me faire foupqonner moi mê- me d'un crime, dont je n'aurois jamais cru pouvoir être accufé. Je n'ai que trop cité ; on m'en fait aflez de repro- ches (« •), & tout nouvellement, en don- nant mes expériences fur l'irritabilité, 'j'en avois fait aflez pour convaincre M. •LamurEi de mon averfion contre ce vice des âmes vaines & foibles: j'avois rejette dans la pièce même 9 qui fait
ombrage
(«) Et furtout M. la Met trie dans la préface de les commentaires fur Bo e r- ff a a ve : pieique uniquement copies fur les miens, il ne donnoit pas d.ms le dé- faut 3 dont il m'accule.
140 Réponse a la Lettre ombrage à M. Lamube l'honneur , qu'on avoit voulu me faire de la dé- couverte de Pirritabilité (&)* & j'avois donné un catalogue entier des auteurs, qui m'ont précédé. Rien n'a pu calmer la vivacité de ce favant , & je me vois réduit à me défendre d'une accufation* dont il connoit mieux que perfonne \t peu de fondement. M. Lamure a connu bien conftamment mes expérien- ces fur le pouls veineux (0> avant que d'écrire.
0 t Voilà
( b ) Premier Memoir. fur les part, fenfibl. £#
irritabL p. 8} ieqq. ( c ) Fragment cle ma lettre à M. de S a u- v a g e s, à laquelle la {Vivante a fervi de reponfe. Elle efl: cki 12 Décembre 17 ci. Mes dernières expériences mont mis au fait du mouvement que M. Scbîicbîing a prétendu rendre au cerveau : il appartient au poumon* Trépanez un chien , détacbpz la dure mert du crâne -i obfervez la fefi irai ion , (e cerveau défendra bie?z évidemment dans Vinfpiraiion^\ m. -as dans fexfviration il remontra. Ob*\ fervcz en la caufe , vous verrez la jugzi1 ai- re £c? même la veine cave fe gonfler fout vos yeux dans texfpiration , £cf s"* aplatir dam rhtfiiratfùn. Vouf f entez le refïe : dans Tm fpiraticn le fang fe porte avec facilité au pot* mon, £5? ab a .donne le cerveau. Lettre de M. de Sauvages du 1. â(
Mar
d e M a. La mu r e. 141
Voilà i'hittoire de C3 pro.ès, dont M. Lamure a publié les pièces à fj. manière» M. Schlichting donna en 1750. les expériences fur le mou- vement alternatif du cerveau. Ce mou- vement me parut prefque impofîTble , parceque je favois la dure mère im- mobile, & que je connoiiFois la par- faite plénitude du crâne , qui n'a rien de fingulier, puifque dans la poicrine , & dans le bas ventre, & dans toutes les grandes & petites cavités du corps animal tout eft toujours parfaitement rempli.
Je fis des expériences en 17^1 (<i),
&
Mars 17 {2. Nous observâmes beaucoup le mouvement du certeau très conforme à ce que vous m9 avez fait l'honitur de niée ri- re. Pour afj tirer fi c eji bien le reflux du fan g qui Cuitfe cette élévation pendant fexffiru* n M, Lamure a ouvert plus de dix , enfin nous avons trouvé la jite Vous , \j) nous tous avons gran- légation de cetts découverte. J\l. de Sauvages nie i'atttibuoit alors, cette recouverte , lui qu avoit cte le témoin e périences de M. Lamurf, n les trou la IV. fedfron du
- ' memoir. fur les part, fenfio
i d 0 h * eu à p Lus grande partie.
142 Réponse a la Lettre
& je vis bientôt 9 que M. S C H L 1 c H" T 1 n G avait bien obfervé. Je ne dou- tai pas un moment* que je trouverois la caufe de ces phénomènes dans la plinuude des veines, plus gonflée^ dans l'exfpiration ; je cherchai ce gonfien ent dans les animaux vivans, & je l'y trou- vai. Je vis toutes les grofles veines du corps animal avoir une alternative de plénitude dans l'exfpiration , & d'inani- tion dans Pinfpiration. J'en écrivis a MM. de Reatjmur ( e ) , de S a u. v a g t s ( f ) & K oe n i G de F r A- NEKER, qui m'avertit de me h*ter, paicequ'on travailloit en France à don- ner quelque chofe fur le même fujet. M. de Sauvages m'apprit en effet dans fa teponfe (g).9 que M. La- MURE & lui avoient vu les n ëmes phénomènes. Mais j'étois trop ocupé à Gottingue pour avoir Je choix des tems. Tout ce que je pus faire, ce fut de donner un précis de mes expérien- ces & de mon explication le 22 d'A- vril
Ce) Dans une lettre datée du i6. de Jan- vier. I7$l. (/) Le 12. de Décembre 1 751. (g) je Tai déjà marquée.
D E M. L A MU R E 143
rrîl 1752. [ h ] dans une aflemVce de 'Académie , dont j'ai l'honneur d'ère le ?iéiidenc , & j'abandonnai fe détail des )bfervations à M. W a L s T o R F , q^i e doRua dans fa thefe , défendue le 29 Mars 1753 Ci) avec d'autres expé.iti'i- ;ts , qui étoient uniquement à lui.
Ce ne fut qu'en r754queje vs dans e nouveau tome 1749 des Mémoires de . des S.iences de Paris un expofé des îxpériences faites fur le pou's veineux par \L Lamure, & de fes idées la deflus ,• Mémoire envoyé à f Académie en Août *7f 2, tems auquel M.dbReaumur ivoic déjà reçu mes obfervations [^]. Je 5as averti , que ce ohifre 17^9 an éri:ur i I752,poutroit nvexpo^er à être pti^ pour e copifte de M. L am u r e , par quelque critique piécipité. Je m'en défendis pac in détail des dates, qui ne reflech iiuic >as le moindre foupçon fur M. L A- 4URE. Jefîs voir ( / ) , que 'fd\ ois tra- vaillé
'b ) Comment. Sol 'et. Reg. Scient. Gotting.
T II.
i ) Je l'ai citée.
*) Il les accule clans fa lettre du 9 d'Aoht.
/) M. L a Me mprime cet aveitif-
fement, quin'etl que d'une page. Une dif- convient d'aucun fait? & d"«ucunc date.
144- Réponse a la Lettre vaille en même tems fans avoir aucune connoiffince de fes recherches * que j'a- vois publié avant lui les miennes , & que je ne devois pas être regardé , comme un imitateur , qui auroit profité de fes lumiè- res , fans le nommer.
J'appris bientôt que M. Lamdrb étoit piqué : je tâchai , par un canal fur [ m ] , de prévenir une querelle, tou- jours inutile, & toujours au defavantagj des deux combattans ; je le fis affairer* que je ne Pavois jamais cru ni plagiaire ni copifte , & je promis 5 que je reconnoitrois publiquement la part, qu'il a eu au pculs veineux. Je le fis , je par-ai avec eftime de fes expériences , j'adoptai la jutteflè d'une des eau fes du phénomène , à la- quelle M. La mu RE a donné [ n ] le premier toute fon étendue: il ne pouvoit pas relier une ombre de foupçon contre lui.
Mais je vois par une brochjre [0 ] de
ce
( m ) M. H o u s s e t Médecin de l'hotel-
dieu d'Âuxerre. ( n ) Second Mcm. fur les part, irrit. & fenjjbl.
p. x8ç. Prenu Mtm.fur le mottv. du Jling
p. 7z. ( 0 ) Lettre à M- D a u m o n t dam laquent
il fait voir qu'on j;e p ut pa* le Joup^
d'avoir copié M. h Ai. lie, &C L>'Oï
Î756. 12.
DE M. Lamurb 145
ce Savant 5 que toutes mes avances ont été inutiles. Plus feniîble au plaifir de me déprimer , qu'à toute la convi&ion , qu'il n'a pu qu'avoir de mon innocence, M veut réduire mes travaux à un fimple énoncé [p ] du pouls veineux. La parc même 1 que le diaphragme y peut avoir » a été vue , dit-il * avant moi ( q ) , & 011 a connu le gonflement des jugulaires [r]. En un mot rien n'eft à moi [s]. Ce font les traits d'un portrait , auquel je ne voudrois pas reflembler. Oublions l'é- quivoque injufte de fes dernières li- gnes [ t ]. Il peut y avoir de l'efprit , ma's l'équité y manque , & fans elle , le fabri- que le plus décidé avoue ( u ) , qu'il n'y a
C p) p, 14. 27.
(q) Schwartz p. I?. ( r ) p,; 10. Il l'attribue à M. S e h a g , & bientôt après à S à*T *> Ri ^ 1 p. *o. 21. ( O p. 9. ig.
( t) La république des lettres conçoit affez le fond immenfe de fes\ricbtjfes en découvertes d autrui p. 29..
( u ) Il rieft rien ici bas de beau que F équité Sans elle la valeur Pefvrit £5? la bonté
If e font qu'un faux brillant £? qu'un clinquant de veire.
BoiilAV*
Tome IV. G rien
146 Réponse a la Lettre rien de bon dan« les vertus mêmes. M. La mu RE n'ignore pas, combien de tems & de travaux j'ai fàcrifié aux ex- périences , & il connoifToit de long tems par fon ami , celles que j'avois faites [x ] fur la découverte même, que j'ai emprun- tée 5 s'il en eftcruici.
Rien de plus aifé au refte , que de me laver de ces reproches , la vérité n'a be- foin nid'efprit ni d'ornement, pour con- vaincre elle ne veut qu'être propofée.
Je n'ai fu de M. L a M u R E que les trois lignes , que je répète d'après M. de S A u- vages [>], elles marquent une vé- rification de mes expériences déjà faites > & non pas les travaux d'un auteur , qui m'auroit précédé.
J'avois
( x ) Il en avoue la communication p. 8* * S- 6c dans le Mémoire publié avec ceux de l'A- cadémie.
( y ) M. de S a u t a g e s m'ayart écrit une grande lettre le 12 de Dec. 17*1. ne parle pas un mot des expp. de M.Lamure. Toutes fes lettres ibnt trop belles poi être enviées au public 5 je les donnerai dans lin recueil de celles 5 que de difterens Sa- vans m'ont écrites depuis trente ans. M. L a m u r e femble infifter cependant p. %6. que M. de Sauvages m'en a dit d'avantage. Ceftune offenfe à niacandei dont rinjuftice nie couible.
DE M. Là MU R E I47
pavois fait une cinquantaine ( z ) d'ex- périences fur le pouls veineux , quand j'en parlai à la Société5 Royale des Sciences de Gottingue. Elles ont paru depuis ( a ) , on peut y voir, que j'ai vu dans une bien plus grande étendue touces les différentes cau- fes qui contribuent au gonflement alter- natif des veines , & fur tout la principale , qui dépend de la difficulté que le fang trouve à traverfer le poumon dans Texf- piration , & que Pinfpiratkm enlevé (b ). M. Lamure n'en a connu qu'une , il ne l'a vue que dans un fort petit nombre <ie veines , il a mêlé des faits erronés aux vrais. J'ai afïigné fa part à la refpira- tion (c) 9 j'en ai rendu au diaphragme (d) une part , que M. L a m u r e ne lear a pas accordée , je n'ai point ignoré la part, qnV p:ut avoir fexfpiration ( e ). G 2 j'ai
( 2 ) M. La :,i l r, e en a fait treize.
(a) Cefth TV. Scdlion du fecoml Mem. fur
les part, irrit. &fenf. v (*) p. 31. 32,
( c ) N. II. de la IV, Sed.JV kffmt. hri Cens.
* 1:1. (O E::o. 78. w à l s d o r, F p. 39. lie?
vrai
j48 Réponse a la Lettre J'ai vu ce pouls veineux fur un beaucoup pus grand nombre de veines (/).* que ce favant , qui me permettra de différer de lui non fur des opinions y & des aetiolo* gies , mais fur des faits. Il n'a furemenc pas confuité la nature, quand il a cru voir , que la ligature des jugulaires aflbu- pit (g) : le pouls des imus eft un fait certainement erroné (/?),& je crois pou- voir aflurer , après tant d'expériences , qu'il faut déprimer la dure mère pour voir le gonflement du cerveau (i) & qu'il n'y a aucun efpace entre les deux méninges.
Qu'a.
vrai que M. Lamurï a fait un ufage plus étendu de cette expérience. Mais je Tavois indiquée cette véritable caufe dans ma lettre à M. de S a u v a g e s de Ta- veu deM. Lamurï p. 542.
( f) On n'a qirà comparer fon mémoire avec ' la IV. Sedlion.
(g ) Mem.de PAcad. des Sciences 17^5. p. $43* S 44-
(*) P 547.
( i ) Prem. Menu fur les part, fenjibh & irti* tabïrtp. 50. Saond M cm. p. 17Ï.M.WALS. torf a remarqué auiii bien que moi 5 «qu'il n'a jamais vu le gonflement du cer- veau fans cette précaution p. s^. 4*- 4?« 6$. Une feule condition peut en difpen- fer, c'eft le decouvrement d'une grande étendue de la dure mère p. 148.
de Aï. Lamure 149
Qu'après cela un illuftre Moderne (IQ ait tiré de la théorie une idée du gonfle- ment des jugulaires , fans ravoir apuyce de l'expérience, -qu'un obfervàteur utile ait vu la veine cave être retrecie ( / ) par l'action du diaphragme , ce font de juftes raifons de donner des éloges à ces auteur?, fans qu'on doive me reprocher de les avoir copiés , dès qu'il eft évident, que je n'ai parlé qu'après des expériences plus nombreufes , plus étendues & très diffé- rentes des leurs. Je n'ubjecte peint à M. LamuRe l'expérience de Sleyûgt qui a vu les fi -lever dans la
toux ( ra) , ne pourrois-je pas efperer la même équité. Eiiil poflibie* & furtouc a un homme auffi excédé de travail , que je l'étoîs à Gottingue /d'avoir continuelle, ment devant les yeux tout ce qui a jamais été vu , ce qui n'a même été que conjec- turé ? L'aurois-je difTimulé , fi je l'avois eu dans l'efprit? Ai- je jamais perdu l'oc çafion de rendre aux inventeurs la moin- dre de leurs découvertes? Et n'eft-il pas évident , que le Mémoire, dans lequel j'ai
gubliv
( k ) M S * n a c ou Samtorini. (/) M. Schwartz, ( m ) T>2 dura matre.
G 3
iço Réponse a la Lettre
publié le pouls veineux, eft un e^pofé de Ries propres obfervations dépouillé des ornemens ? que j'aurois pu tirer de la lec- ture ? On n'a qu'à le comparer avec mes commentaires, ou bien avec ma phyjïologie pour fe convaincre , que je n7ai pas eu en vue d'y mêler les opinions des auteurs , & que je n'avois pas confulté mes recueils pour le drefler. Si M.Lamure avoijt eu mr:ins de vivacité , n'auroit-il pas vu dans les dates mêmes de mes expériences, une preuve infaillible delà fîmplicité ,. & û je l'ofe dire , de l'intégrité de mes fenti- mens. J'avois devant moi les dates de M. L A M u r e. Il y en a trois de plus anciennes 9 que celles de mes expériences. Je n'ai pas laifïe de marquer les miennes , en cédant à M. Lamure l'avantage ,ou 3e bonheur, d'avoir fait les premiers pas» Si quelqu'autre motif» que la vérité m'ar voit animé , ne pouvois-je pas omettre ces dates , & ôter à M. Lamure le plus grand avantage dont il puifle fe parer ? Ces dates font plus pour lui aflurément , que tout ce qu'il a dit en faveur de lui mê- me. Sans elles la lettre de M: de S A u-. vages, la connoiflance qu'il a eu de mes expériences , & la poftériorké de fcs. publications, auroient toujours paru de- pofer contre lui»
F I N.
XXXII.
TABLES
GENERALE Sj Pour les IV. Volumes DES
MEMOIRES
Sur les Parties fenfiiles & irritables.
Il 153 ]['
^•»«>n/,»,*V/^',*N/<-»**V/"*,*V /»•'*»• <*•*■, /**'*V S*'*** /^*.^v/^*'?S
TABLE
DES EXPERIENCES
Sur
ï-infcnfibilité de flufîetirs parties.*
I. S rtr les tendons,
Dans l'homme;
'w ai domêfix ( *) en y comprenant celle de AL F A & 1 o N , /ii p/w décijive , gtt c r i)i pui [fe faire ( & ). M. HfcUERMAN HWtf ( C ).
G 6 M.
( a ) Second Mémoire fur les part, fenf Çcf nrif, Exp. 2^. $0. u. g 5. H- La fixieme cft celle d'une peiïonne qui s'etoit nonne de Ton travail, en fe fervant de fon pouce. Je trouvai après la mort une longue épine dans le tendon du fiéchifleur dupoue cnvdopée- de beaucoup de celluloiitc.
( b ) Exp. 34.
(O Exp, >. comparez 15. x*r
i?4 Table
M. Muhlmanm pîufieurs Çd).
M. P o z z i une (e).
M. M o r a n d g M o k a n d i une (/).;.
M. .Berdot une (g\
M, Pi a zz a une [h ].
i/L M i c.ERl une (/).
M. BORDENAVE«w[()..
-M. Verna cinq ■(/).
M. Tïssot 2«a/n? ( w ).
Dnns lés animaux,.
JV# ai fourni vinghuit [n].
M. Z I M M E R M A N N fkliX [ 0 J.
M. Cast-ELL dix neuf ( p ).
(rf) N. 7. io.
(O Exp jo.
(•/) Troifieme lettre du P. T o se * i
Exp. 9.
tg ) N.XIV. de ce recueil.!
i h ) Quatrième lettre du P. Tosïttt Exp. 4,. Cette expériei?ce fe fit en préienee de M L a g k.i } le principal adverfaire de* miennes.
<z) Ibid. Exp. f.
(k) Exp. 2.
(/) Exp.' 2. f. 6, 7; 8.
(#0 dans fa lettre T. III. de ce recueil.
{ ;/ ) Second Ment, fur les part, fenf £sf irriU Seè; r.
( 0 ) Exp. 5. 4;
(j? ) txp. 1. 2. 5.4- S- *• 7. 8.9. 10; ii. 14. !y. 16. 17. 18. i5>. 22. Il y a de ces expé- riences 3 qui nous font communes.
DES EXPER1E NCES. If?
M HEUERMANN plufieurs {q\ Le P. Urbain TosetT i feize [r], M. Broklesby deux ( s ). M. P o z z 1 dix ( t ). M. P a l i a N i quatre & d'avantage [ u ]♦ M. G R A z I A n I une [ *]. M. M O R A N D O M O R A N D I p/#*
Mr; [ y ],
M. A U D R I C H ^«X [ Z ]. M. HOUSSET cinq [a]. M. Pi a z z a fai< [A]. M. Fontana onze [c].
G 6 Mm
(q ) Exp, g. 9. io. ii. n.
(r) Huit dans fa première epitre à M. Vai^ d a mer ï n i Exp. i-8. huit dans la fé- conde Exp. I. 2. 10. II, 12. IÇ.2S. 3$.
( 5 ) Exp, I. 2.
( t ) Exp. *. 7.8. 9- IO. II. 12, 21. 22. 27.
2*. Comparés la relation du P. A u d r 1 c h dans la ttoifieme lettie du P. T o s e t t i exp. 13.
( u ) Lettre troijîeme du P. Tosrtti Exp. i. 2. 3. Lettie IV. Exp. 1?. Il ne trouva pas de nerfs dans le tendon d'Achille >. dans fix expériences Exp. 2.
(#) Ibid. Exp. 4.
(y) Ibid. Exp. 8.
(3) Exp. 1 . . 12.
{a ) Exp. 1. 2. 23. 24. *f.
( b ) Ibid Exp. ?.
( O Lettre à M. Hâlikk Exp. z^îï-
If5 T A 1 IL fc
M. Caloanï ^/re ww£ huit [c]
M. BORDfcNAVE deux ( A ).
.M. M ORêTTI //» £rvw</ nombre ( ^ ),.
IL Sur la dure mère.
Dans l'homme,
. ZlNN e n a une bien vérifiée [ e ]. . M.Heuerman» />/kj rf'«wff [/]. M.Po z z i «w* aa/re [g ]. M. Bordenaye une ( A ). . M Verna /roi/ ( / ). EFonTàna une ( i + ). M.Gesner «w[i *+]
M. MO RETTl«w(l ++* ).
Dans
i c ) Exp. T. 2. 3.4.*. 6. 7. 8. 9. 84 fois véri- fiée <&exp. 25». 30. $1, 1 2. Il yen a qui n'ont pas réuiïi , mais M. C a l d a n i a fort bien afligné la caufe qui les a fait manquer.
{d)fc,xp. 1. J.
Cd*) Exp. i.& 2.
( f ) Exp. 71. rie mon mémoire & 1?. de ce recueil
</)Exp. 2. ç.
<£> Exp. 2Ç.
(*( Exp. 6.
C O Exp 1, 2.4.
(i* ) E, it.ciu III. T. defce Recueil Exp.
(i**) Lettre à M. Halle**
(j*** ) Exp. 4.
C.fc) $Ex£< 58. a 70*
ses Expériences. if7 Dans les animaux.
J'en ai fait treize dans les mémoires impri- més [1^] & trois dans ceux qui paroiffent pour la première fois.
M. Z I N N en a fept[l].
M. Z i M M E R M A n N deux : mais fou- vent vérifiées [ m ].
M.Walsdor f neuf] n ], fans comp- ter neuf autres , qui font les mêmes avec les micnms.
M. H E U E K M A N N plufieurs [ O ].
M. Broklesby une [ p ]. M. P O Z Z I deux [q]. M. V a r i une [ r ]. M.Housset /£/* [ J ].
, M.
f/) Exp. £. ii. 12. 14» iS". 17. de ce recueil.
( m ) Exp. 1. 2.
( «) Exp. 1.1.5.4. Ç .^ 7-8. *.
(0) Exp. 1. J..4. $.
(p ) Exp. v.
(j) Exp. 17. 24. P. Audrigh exp. 14, M. P o 2 2 1 en a de contraires , & <P équi- voques,mais il atoujours trouvé la dure mère infenfible, quand il avoit pris de juftes .autions.
( */ ) Tïo fienie lettre du P. Tosetti1 Exp. 7. tsj Exp. I. 14, ltf- 17.10. z*. 27.
If8 T A B L 2
M.Tosetti neuf [ t ].
M. C À L D A N I dix [ « %
M. Boroenavb une [ se J,«
M. M i E G /roi* (jv ).
M. F 0 N T A N A *//x (jy + ).
II I. Sur la pie mère,
T'en ai cinq fur les animaux [*]■•• M. C A s T E L L quatre [û]. M. W a l s. n o r f plufieurs [ £ ], Le P. To setti twe(c)>
IV. Sur le péricarne.. Dana l'homme.
®eux expériences à mùfÇd%. Une à M. Pozz l [e]. Une à M. G.ra-ZIAN i (/).
( O Huit dans la féconde lettre , une dans la quatrième exp. 13. Ii a démontré , qu'il ne s'y trouve pas de nerfc lettre III. exp. 34* lettre IV. exp. 9. 10 11. 12.
(*) Exp. i2, 15 m4. 1Ç17. 18 Voyez Ta- vis que j'ar ajouté aux refultats T. III. p. i$5<
(*) Exp. f. (y) Exp, 1. 2. &
(> *) Exp. i?.a 22.
Ci) Exp. 12^. 1$;.
( a ) Exp. 57. 60. de ce recneil.-
(& ; Exp. IX. X. (c) Lettre IL exp. $e>*
( " ) Seconi Méritoire Exp. ç-3. 57.
( e ) Exp. 29.
(/) Troiikme lettre du P. Tospxti exp. 5.
DES E XPBRIEKCES. 159
flujieurs i^.MoLlNtLLi ( g ).
Deux h M. V E R N A ( h y
Dans les animaux.
Trois expériences à moi ( i ).
Deux de M. Z I Nn(().
Sf/tf ^ iW.CilSTELL(/].
Une de M. H E u E r m a n n [ m ). Une de M. B r o kl £ SB ¥(«)- Quatre de M. Pozzi[o], Dix de M. HoussET[p].. Deux JwP.Tosseti (q). Dix deM.CkLDA^i ( r ).
Ï7«* àAf.BORDENAVE [ J ].
Trois de M. M i E G [ r ].
Uwe à A/. F o N T A N A [ / + ].
Four lafenfibilitédupéricrane dans l'animal.
Deux de mes expériences Cm),.
Celle
(g) Caldanid, 29,
ib) Exp. 9, 10.
(i ) Second Mémoire Exp. *ç. ci. f2.
( *) Exp. 14. iç,
(/) Exp. ?o. jç.
( #1 ) Exp. 4»
(«) Exp. ç.
( 0 ) Exp. 13. 14. if. 20.
(p ) Exp. 1. 2. 4, ç. 7. 14. 1^. io. t*r. 27.
( 4 ) Exp. |. 7. ^e la féconde lettre.
( r ) Exp. ro. 11..
co txp. 7. : (n Exp. 1. z.^. ■
(** ) Exp. 23, a 42.
i6o Table.
Celle de M. Z I M M E R M A N N qui eft la même ( x ).
V. Sur le période de différentes par-
ties du corps animal.
De mes expériences dix ( y ).
£>* <;*//« ^J/.Castell dfc ( z ).
Flujîeurs de M. Muhlmann(«). U«* AJ/.Housset Ç* )•
17w ^M.BoRDENAVE [c],
Dans l'homme.
M. V b s P A deux ( ^ ). M. Ve rn A une [e\
VI. Sur les capfules & les ïîgamens-:
M. Heuerma n n «* « /«/r unt l'homme (/).
Dans les animaux.
Il y a quinze de mes expériences ( ç ).
Dhs
( x } F.yn. 9.
(y ) Second Mémoire Exp. §g. gp, 40.45. 4.4.
4Ç *£ 47 4f'. $0. (V) Fxn. 17. 4^. (a)n. if. (£) Exp. rfc CO Exp. 10. C à ) Quatrième lettre du P. TosSTTr
Exp V. 7. ( O Exp 8 m **xp. 9. Cg^ Second Mémoire Exp. 18. $9. 41- 4*. 4?.
4ç 46", 47» fî« 5°« J1- p. 5î, î4< ÎS.-
DES EXPERIENCES. l6ï Dix Je iVf.CASTELL[/j]. Deux Ai/JR0KLESBY(/). LT«f^AB0RDENAVE[y.
VIL Sur la pleure.
Dans les animaux.
Cinq de mes expériences ( / ). Une de M. Z i M M E R M A NN ( m )• Six de JVi. C A s T E L L ( H ). Quatre de M. H g u E R M A N N (o). Une de M. Pozzifp). Uf/e A ^/. Va ri(î). Jï«// pf-«r /e WOfffl de M. C A L D A N I CO > ^Fontana(jj.
F/'flg* ^ ,A/. F 0 N T A N A,
Dans l'homme.
Une ohfervation de M. V A R i ( / ).
VIII. Sur
(£) Exp. 20. 21. 22. 2j. 24. 2Ç. 2o. 27 2*. 25>.
(î) Exp. j, 4. (*) Exp. 10. (/) Second Mémoire Exp. i£2-i$6. ( m ) Exp. 6". ( ;/ ) Exp 47. a \ 2. (0) Exp. 4. (/> ) Exp. 22.
( q ) Exp. £. d<? /a troifieme lettre du P. T
S E T TI.
(r) Exp. 22. 2j. n-
(j)Exp. ?6.
1 1 ) Quatrième lettre [du P. T o s e t t i
Exp. S.
l6% T A B L
VIII. Sur le péritoine
Dans les animaux.
Trois des miehnes(u)
Une de i/,ZlMMERMANN(x X
Q&^tre de M. C a s T e l l ( y ).
Ce/ta ^ M. H E U £ R M A N N ne fon$
pas nombrées (z). £>wxdeM.?ozzi («}•
^«^^MJONTAN A (**).-
Dans l'homme;
M.Heuermann Va toujours trou- vé infenfibleQc).
M, C a L D A JU A? toujours trouvé de nié* me ( d ).
I X. Sur le péricarde,
Une de ^.Zimmermann(0»
( #) Second Mémoire Exp. 1^7.1^. O) Exp. 8. (jy Exp. s; *<$. ( 2 ) Exp. 4.
(«) Exp. 2J. 2 5Y
( 6 ) Exp. 5-2. (&» ) Exp. 2g a 42. (c ) Exp. 15. 17, (d) n. 63.
(O Exp. 7>
des Expériences, 163
D'autres de M,Heuermann(/),
X. Sur les artères
Flufîeurs Expériences des miennes.
Trois expériences de M. F O N T A-
KA(/ + ).
X I. Sur la cornée.
Plnfieurs dans l'homme , de M. D a v i e u
rapportées par M.Ho.Usset(^),^ par M. ^Vermale ( h ). feu ai quelques unes faites dans C animai
XII. Sur les os>
Expériences de M. Caldani (h**) Observation de M. T s c H E P ( h ++ ).
(/)Exp. 4.
(/* ) Ep. II. cap. 4?. 4?- P- loi. (g) Lettre I. après Exp. 12. (I))Vandbrmoxde Journal de Mcd
Tom. II. n. 6. (A*) EP. II. p. *75 £i** ) Dans faThefe de amputativnc jn<
cruenta»
I A-
X 1*4 X
TABLE
DES MATIERES
Tome premier.
D£V/é * Jl/. *fc R e a u m u R. Préface de M. le D. Tissot(«).- Uirritibilité eji une des principales qualités de la machine animale. I.
.£?/<? a été peu connue. "V •
Mift dans [on véritable jour par M. de Ha ll e r. XII.
Et mieux déterminée que chez fes éle- vés* XVJ
Table*
(a) La première édition en eft de i7Sv
des Matières i6<;
parties du corpi humain fenfibles fenjibles. XVI.
fies & dépourvues d'irritabilité- - é la découverte de cette dernière
XVII. e de l'animal ne peut être expliquée ir ces fondemens. XX.
litè permet £ expliquer l'aélion de r. XXI.
bilitè du tempérament de certaines tes. XXIII.
litè peut fe joindre a Patc-
XXVI. que le Siège de plu fie ur s malt-
XXIX.
emperamens. XXX.
vemens vitaux. XXXII.
es. XXXIII.
:ment fondée fur les experien*
XXXV.
dite de certaines parties du corps
a été obfervée par quelques praSï-
XXXIX.
tirée des animaux fur lefquels les
nces ont t té faites. XLI.
Confequences impies qifon croyoit
de cette théorie. XL1II.
ond. XLIV.
Pre-
\66 Table
Premier mémoire de M. de H aller.
Expofé analytique des refultats des expérien- ces (b) > traduit du latin par M. le D* T i s s o T. I.
Se&hn I. fur la fenfibilité. Lue dans ïaf- fembiée de la Société Royale de Gottin- gue le 22. d'avril 17^2. 2.1
Expériences nombreuses , faites depuis 1752 qui ont fervi de bafe à ce mémoire. 3. Définitions. De l'irritabilité. 7.
de la fenfibilité. 8*
Manière de déterminer la fenfibilité des parties du corps animal. II.
Vépiderme ejl infenfible. ir^
La
( b ) Editions. I. Commentarii de la Société Royale de Gottingue. T. ïl. Gotting. 4. Ce mémoire y a ételu le zz d'avril & 6 maj i7S* & imprimé au mois d'avril 17c?. II. Traduit en Suédois dans les K.--S-vpenikû Wetenskaps academiens handlingar 17$ }. Tri- meitr. i. &. 1 1. III. En allemand dans le ma- gazin de Hambourg T. XIII. &vmis IV. pal M. RRAusKàLeipfic 17^. 4.V.En Anglois & imprimé à Londres 17 • ç. VL VIL En Ita lienpafM. J.r/wt«/P«TRiirià Rome 17^ 4. & dans le 1. Tome de la Raccolta de tabi à Boulogne 1757. VIII. En françoispar M le D. T 1 s s o t & imprime' à L tufataj 17* *• première eiition 9 & en 175e fccoûde édition.
des Matières 1C7
•auefi fenfible. 12.
fu cellulaire ejl infenfible. 12.
air des mufcles eji fenfible. 1 3 .
endons font infenfibles. 1 3.
vateurs qui ont connu cette vérité. 1 4. 1 a /w'tfj */<? nerfs dans le tendon. 17. s de F erreur. 19.
igamens & les capfules des articula- is font infenfibles. 20. bien que le périojle. 23. £(• fort douteux que Vos ait du fentr M* 2 <;. Are mère ejl infenfib le. 2 5. effwn fur le mouvement du cerveau^ qui ïend de la respiration. 29. "ervaîion de M. SchliCHTING
confirmée. 30.
t du phénomène. 3 r .
ie mère ejl infenfible. 3 4.
péritoine £«? la pleure le font de ême. 3ï.
taijfeaux font peu fenfibles par eux me- ts. 37.
bien que les vifeeres 38,
es glandes. 39.
cornée parcit iuftnfible. 40.
s nefe contrarie , que par l'irritation de
retire. ■■
• *
les
i68 Table
Les nerfs font extrêmement fcnfiblcs. 41. Us le font feuls dans le \ corps animé. 42.
Section IL
Sur les parties irritables lue le 6. de
mai i7fZ„ 43-
+
U irritabilité efl différente de lafenfibilité. 43.
Les nerfs ne font point irritables, 43 .
La peau, & les membranes , qui en naijfent, fie le font point. 4?.
Le cœurejl moins fenfible quï irritable. 46.
Une partie « dont on a coupé ou lié le nerf, rejie irritable. 47.
lors même qu'on l'a détachée du corps. 48-
Divifibilité de Came refutée par l'expé- rience, 49 ■•
Il y a donc dans les mufcles une force , qui ne dépend pas des nerfs. 52.
Le tijfu cellulaire ri efl pas irritable, f 2. , 5 3 .
Les tendons ne le font point. 54.
Ni les ligamens , le périojîe 5 les cap fuie s. —
Les artères ne le font que faiblement. S ïl
JVTow plus que les veines. S 7-
& les conduits excrétoires. 58.
La vejjie iefl beaucoup , 59.
aujfjl bien que la matrice. 6c.
Tous tes mufcUs le font. 6r
Ils ne palijfent pas dans VaBion. 63.
Viris ri efl pas irritable. 64.
U
des Matières 16$
Le diaphragme refit longtems irritable. 6ç.
Vœfophage l'efi confiderablemtnt. 66.
Le ventricule Fefi aujji. 67.
Les intefiins le font fortement. C 8 .
ils conservent fouvent leur meuvent eut plus
longtems , que le cœur même. 69.'
Phénomènes de leurs mouvemens. 70.
,Le cœur efi le plus irritable de tous les orgi-
fies animaux. 7 2.
ftaufes de cette grande irritabilité. 76,
.Efi peut' être dans la nudité des nerfs. 77*
La fibre mufculaire efi feule irritable. 77.
Les parties vitales le font le plus. —
différence de l'irritabilité d'avec Vêla fi
ticité. 78.
Ille paroit refider dans le gluten. 79. 80*
Elle ne dépend pas de l'urne. 8l.
Ce/î une propriété particulière de la fibre
minutie. 82.
Auteurs qui ont connu cette propriété avant
^JeHALLER. 83.
-Abus qu'en a fait AI. DE L A AI E T- TRIE. SO,
Terne IV. H R e-
iyo T A B L B
Réponse à quelques objections ( c ).
Ob'e&ions de M. le C A T. 92.
Ses expériences font trop peu déterminées. 94.
Celle *> qui doit prouver la r fenfibilitè de la dure mère , ne prouve que celle du cer- veau comprimé. 98.
Mémoire IL
Sur les parties fenfibles & irritables (.c* ). «
Expofé Jynthetique des faits envoyé à la Société Royale de Gottingue au mois de Novembre 17 s S ( & )•
Préface apologétique. 10 î.
Conditions néceffaires pour bien voir. 107.
Sec-
( cy Imprimée à Laufanne 17c ç & 17c'* réimprimé par extrait dans la racolt* de M. Fabbri.
(c*) Imprimé à Laufanne en 17*6 traduit eu Anglois & réimprimé à Londres en 17^7. Traduit en Italien & imprimé, à ce qu'on apprend par extrait dans la racolta de M. F a b b r r.
( d ) Les -Commentaires de cette année ne fon t pas encore ^ imprimés.
des Matières i^x Section L
Expériences fur f infenfibilité des ten- dons. 1 1 6.
Ixpp. I — 1%. faites far des animaux.
► Expp. 29 3 4 faites far des hommes. 1 29.
Expérience decitive de M. F A R J O N. 1 3 \. Les b'ejfures des tendons ne font pas dange- reuses. 1 37* Section IL
Sur Tinfenfibilité du période & des capfules des articulations. 138,
<Expp. 35 — ^.faites fur des animaux. Bcp. 5 6. 57. faites fur Fhomme. 14g.
Les blejfures des articulations gueriffent frt ai[ément dans les animaux. 149,
Section III.
Sur Tinfenfibilité de la dure mère. 1 f r,
pcp£ . 58 — 70. /wr iitf animaux.
Exp. 71. /îfr une femme. \^S.
Les praticiens ont vu les même* faits. 157.
H a s b
I7J Table
Section IV.
Expériences qui fervent à la digref- fion fur le mouvement du cer- veau analogue à la refpiration. i ^St,
I. Sur le mouvement du cerveau même.
Expp. 7 3 - — 9 ^ . fur des animaux.
On n'apperçoit pas du mouvement , pen~
dant que la dure mère efi attachée ati
crâne. 171.
Qiiand on Pa féparèe , on voit le caveau
s9 élever dans Fexfpiration. 172.
&fc repomper dans Cinfpiration. — À
Le finus de la faux n'a peint de battém
ment. I7îl
I I. Continuation de la digreiîion.
=
Les veines fe rempliffent £5? fe vuido UAtivement.
Expp. $6. «- na. 174^
III. Caufes de ces changemens par les veines.
La veine cave ejî comprimée dans tinfpira- tion par le dirfhragmç.
Mxpp.
des Matières 173
Expp. 113 — I If. #I$S.
I V. Caufes du gonflement du cer* veau par les veines.
Exp. US. 117- 183.
Le cerveau & les veines font gonjl es dans
Vexfpiration , £5? dégonflées dans fwf-
* piration. 185V
Caufes de ce phénomène.
V. Reflux du fang caufé par la ccntrac- tion de la veine cave. ig6#
Expp. 118 *- 128. 18&
Réflexions fur le mouvement dn cerveau
cciufe par le reflux dujang veineux. 192.
Fin de la digrcjjion. • »
Section V.
Expériences fur l'infenfibilité de la pie mère.
Expp. 129 ... 133. 19?:
Elle ejl infenfible. 196,
H } Sbc*
1^4 Table
Section VI.
Sur le fe timent de la fubftance mé- dullaire du cerveau. 1^7.
1. Sur h cerveau.
Bcpp. 13 4— U8. 198.
Le cerieau eji fenfible. 2,°44
& fes léjïons caufent les convuljions. — ■■■» Le corps calleux n'a aucune prérogative. 20 f.
IL Sur le cervelet. 206.
£xfp. 149 -- 1*4.
Les blejfures du cervelet ne font pas plus mortelles que celles du cerveau. 209.
III. Sur h moelle de l'épine.
15$ — 161. 2:0.
Ses bkffuresnefontpasaufffiihiîeêjiwt morM telles 9 qu'on l'a cru 213.
S E CTION VIL
Sur l'infenfibilité des grandes mei branes.
L Sur la pleure.
dbs Matières 17c
Expp. 162- - i5£. 214,
IL Sur le péritoine. 216.
E<t>p. 16s — 169.
Lune & l'autre ejl infenfibk. 2 I 6. 2 1 7 ,
Section. VIII.
Sur le fentiment des vifcercs. 21J.
Expp. 170—17?. —
Ils font peu fenfibles. 21 5.
Section IX.
Liaifon de la fenfibilité à l'irritabi- lité.'
Phénomènes des nerfs £f? des mufcles. 22 t,
I. Sur le fentiment des nerfs.]
Expp. T74- - T93. W=
Lu nerfs font extrêmement fenfibles. 23 1.
H 4 IL Soi
ï7<$ Table.
I L Sur la force mouvante * que les nerfs envoyeuc aux mufcles.
Expp. T9t - - 2o;. — —
Réjlex'ois fir cette force. 237.
llnkeflp,%sné:efftir$\ pour qifelle agiffe *
que U continuité du nerf avec le cerverau
fbit dans [on entier. ■
Le nerf 'n'efi point irritable. 238»
\ •
III. Expériences furie nerf phréttique en particulier.
Expp. 210- 22 T- 239?
On a trop orné ces expériences. 246.
Il faut une forte comprejjion pour rendre le
nerf inutile. -"
I V. <Expp. fur la force contradlive , qui eft propre aux mufcles.
Expp. 22^ ..-247- 247.
Elle fe confirvç fans Icfecours dts nerfs, 255.
Trois
■
des Mat i er e s 177
Trois forces différentes de \la fbre muftu» 9 foire. 2^6*
Le tendon tfejl pas irritable. 2Î7'
Lemufclefe contracte plus que d'un tiers*—?
Section X.
Du mouvement de l'iris. 2J8*
Expp. 249-\- 254- ^9:
L'iris rfejipas irritable. Z6ç.
Soin mouvement dépend de la rétine. — »
La pruncue eft dilatée après la mort. mmmm
Section XL
I Sur l'irritabilité des vaiffeaux du corps animé. 257.
I. Sur les artères.
Fxpp. t6ï »-»2$S; —
Elles ne fênt prefque pas irritables dans les animaux à fang chaud. 273.
&ne le font en aucune manière dans ceux dont lefang ejl froid. 1
H( IL Sur
lys T a r l i
IL Sur les veines.
xExpp. 2&6 — 292. . 2*4:
Elles ne font pas irritables. 2J6.
III. Sur les vaifleaux ladiés & lym- phatiques.
Bcpp. 293 — 298. 277.
Ils paroijfent fe ccntra&er ajjez puijfam*
ment. 279.
Section XII. Sur la vefîcule du fiel.
"Expp. 299—314. 280.284-
Me tïeji prefque point irritable. 28
Section XIII.
Sur la veffie & l'uretère. I. Sur la veflîe.
*xpp. 3iï-*l32. 2gf.
Elle fe contracte avec vivacité. 290.
Ç^ fans alternative. —- ■
IL Sur
des Matières. 179 1 1. Sur l'uretère.
mh 3 33 - 336. api.
irritabilité eji foibje.
Ssction XI V-
Sur l'utérus,
Èxpp. 337 -342. 293,
// eji des plus irritables. 294,
Section XV.
Sur l'eftomac & l'oefophage, s$6",
I. Sur l'eftomac.
Expp. ? 53 -379-. 298.
Il y a un mouvement lïaplatijfement. 309.
& un mouvement de conjhi&ion. — ~
La force de ces mouvemens ri eji pas bien
grande. 3 10,
ne ïl>
tg<3 TABLE
IL Sur Pœfophage.
Expp- 380- 388- 3iol Uœjbphxge ejl irritable. 3*£«| // <?/? comprimé par le diaphragme. §
Section XV L
Sur les inteftins. 313. ^
jFrjf^. 389 — 4^8-
Le> gr< s intcnins ont un mouvement pêrif tahique. 338,
Z?s infejtins fe refferrent extrêmement. *— Le tndîivirnmt a<itipértjl<iltique exijle. — — | X.ei vit) ojufupi.ons font innocentes. 339, Les p>)>f>ns augmentent le mouvement péri* ; Jiafttq'ie. " ■ ■■ I
Z? rcStnm fe décharge fans Paide des muf-
des. Jjts in'ejîins détachés conferveni leur irrita- bilité. 340. £^ el.'e dure prefque autant que celle du
Sec-
de s Mat ieres Section X VIL
Sur le mouvement du coeur.
p. 469 - f 57- 342.
Le mouvement du cmir fnbjijle plus long' iems , que celui du rejle du corps > dans les anim.i ux à fang froid. >■
II dure moins dans les animaux à fang chaud. 586.
Il ejï produit par le fang veineux^ 3 g g.
& fi confiance ejl dans la raïfon de la durée de ce fiimulus. 389.
Le Mouvement du cwiy fe fait fans l'in- fluence des nerfs. 39^
Antres phénomènes appartenans au mou- vement du cœur. 391,
Section X V î 1 1.
Expériences,qui n'ont pas reufli.
Expp. fî8 — ffy.-
Il ejl pref^e impojjlble de produite la toux par artifice. 3 $6*
Section XIX. Expériences qui ne prouvent rien. 3 9 7-
I$2 T A B L I
Expp. (6$ -* 567. 39*-
Lespoijons chymiqttts produisent des con» traBions , qui ne partent pas de l'ir- ritabilité. 399.
T o m e Second.
Expériences de differens Savans communiquées à M. de Haller.
I.
Expériences de M. Zinn(^). i.
Expp. 1— 17. '* 3-
La dure mère efl infenfibU. 19- Il naît des douleurs & des convulfions de la
léfion de la tnotlk de F épine. — -■*
Les blejftiïcs du corps calleux ni ont rien de
particulier. 2o.
Celles di cervelet ne tuent pas fur /<?
champ . —tu!
nicelksdela moelle de ï épine. ~-~*
Le
(O Unepart'e eft tirée de fa fhefe Exp. cire a cor put cat.'ofim , c rebellwn , &*>-«w mpwgemwvivh animalibutmftituta Gotting. 1749- réimprimée dans le recueil de tbefes onatomiques de Gottinguc, dais le &£- tieme touig , ijuïa paru eu 175*.
des Matières 183
Le péricrane ne par oit pas infenfible. — IL
Expp. de M. ZlMMLRMANN (/). 21.
Expp. 1-75. 23.
La dure mère efi infenfible, fi.
& les tendons.
La pleure* • —
le péricarde. —
& le péritoine. — —
L# bleffures de la moelle de ïèp:ne ne tuent
pas fur le champ. Ç2.
Les irritations des nerfs d'un mufclc >
chê du corps le font agir. — — Le cœur d'un animal bat fans le Jecours du
cerveau ot* des nerfs.
Et thêaie hors du coips de f animal.
11
(/) Tirée? de fa thcCtdttrrit Got*
ting. 17Ç1. réimprimée dans le n du P. Pftriki & dans celui à
f AB B RI T. 1,
184. Table
]l bat p'ns lonetems 9 que les intejlins > à moins que la graijfe ne Je fijc *
III.
Expériences de M. Oeder (g).
Èxp. 1-17. 57-
La chaleur paroit confervsr le mouvement
du cœur ou des intejlins. 64.
ha dure mère eft infenjïble. — —
IV.
Expp. de M. Castel ( 7j ) 6$.
Sur les tendons. 68.
Exp. 1 ~ 19, —
Les tendons font inrenfîb[e*. 102.